Les mé­ca­nismes d’un couple

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités La Bourse - DR

De quoi se nour­rit l’amour ? Quelle est la fron­tière entre l’at­ta­che­ment et la dé­pen­dance ? Dans Ana, mon amour, le réa­li­sa­teur Ca­lin Pe­ter Net­zer, lau­réat de l’Ours d’or à Ber­lin en 2013, dé­laisse les maux de la Rou­ma­nie post-com­mu­niste pour faire l’au­top­sie très psy­cha­na­ly­tique d’un couple.

Le film – pré­sen­té lors de la 67e Ber­li­nale en fé­vrier – conte la ren­contre puis les amours d’Ana et To­ma, deux étu­diants en lettres, beaux, jeunes et pleins d’idéaux, in­ter­pré­tés par un duo au charme ma­gné­tique, Diana Ca­val­lio­ti et Mir­cea Pos­tel­ni­cu.

La fra­gi­li­té psy­cho­lo­gique d’Ana, vic­time de crises d’an­goisse et au pas­sé fa­mi­lial com­pli­qué, va pous­ser To­ma à la pro­té­ger et à s’op­po­ser à ses pa­rents, ré­tifs à leur union. L’his­toire d’amour se trans­forme dou­ce­ment en dé­pen­dance.

Un en­fant plus tard et une car­rière sur les rails, Ana re­prend le des­sus, au grand dam de To­ma qui vit mal cette gué­ri­son. La frus­tra­tion et la ja­lou­sie s’in­vitent.

Quatre ans après Mère et fils, AMOU­REUX. Mir­cea Pos­tel­ni­cu et Diana Ca­val­lio­ti.

oeuvre sans conces­sion sur la Rou­ma­nie post­Ceau­ces­cu, Ca­lin Pe­ter Net­zer, fi­gure de la Nou­velle vague rou­maine, a vou­lu fil­mer « une his­toire d’amour ba­sée sur une dé­pen­dance ».

S’il re­ven­dique l’in­fluence d’Ing­mar Berg­man et de ses Scènes de la vie conju­gale (1973), il s’at­tache plus aux mé­ca­nismes qui s’ins­tallent dans ce couple qu’à son dé­li­te­ment. ■

➔ Ana, mon amour. Drame de Ca­lin Pe­ter Net­zer. Rou­ma­nie (2h05).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.