Ap­pel à la mo­bi­li­sa­tion pour re­cons­ti­tuer les stocks At­ten­tion à l’as­pi­rine chez les per­sonnes âgées

La Montagne (Vichy) - - Santé - © LA MON­TAGNE LE PO­PU­LAIRE DU CENTRE

Les ré­serves de pro­duits san­guins sont en baisse, les Fran­çais sont in­vi­tés à se mo­bi­li­ser pour les re­cons­ti­tuer à l’ap­proche de l’été.

C’est le mes­sage que dé­livre ac­tuel­le­ment l’Éta­bliss­se­ment fran­çais du Sang (EFS).

L’EFS constate une ten­dance bais­sière de ses ré­serves de­puis quelques se­maines.

Mal­gré une bonne mo­bi­li­sa­tion des don­neurs de sang en avril, le mois de mai et ses mul­tiples jours fé­riés ont conduit à une baisse de fré­quen­ta­tion des sites de pré­lè­ve­ments.

100.000 poches en ré­verve

Pour la sé­cu­ri­té des pa­tients, l’ob­jec­tif est d’avoir 100.000 poches de sang en ré­serve, or « il n’y a que 75.000 pro­duits en stock », soit « 11 jours ».

D’où la né­ces­si­té de ren­for­cer ces ré­serves à l’ap­proche de la pé­riode es­ti­vale du­rant la­quelle les lieux de col­lecte sont RÉ­SERVES. avant l’été. À re­cons­ti­tuer

moins fré­quen­tés, pré­cise l’EFS. L’éta­blis­se­ment rap­pelle que les dons de sang doivent être ré­gu­liers et constants car la du­rée de vie des pro­duits san­guins est li­mi­tée (5 jours pour les pla­quettes, 42 jours pour les glo­bules rouges). 10.000 dons de sang sont né­ces­saires chaque jour pour ré­pondre aux be­soins des ma­lades.

➔ En sa­voir plus.

don­de­sang.efs.sante.fr Les plus de 75 ans qui prennent de l’as­pi­rine tous les jours pour pré­ve­nir les crises car­diaques et les AVC courent un risque ac­cru d’hé­mor­ra­gies di­ges­tives po­ten­tiel­le­ment fa­tales.

Pu­bliée dans la re­vue bri­tan­nique The Lan­cet, l’étude qui a mis ce risque en évi­dence conseille aux pa­tients qui suivent ce trai­te­ment de prendre pa­ral­lè­le­ment des mé­di­ca­ments qui ré­duisent l’aci­di­té gas­trique (ap­pe­lés les in­hi­bi­teurs de la pompe à pro­tons, IPP).

Entre 40 et 60 % des plus de 75 ans aux États­Unis et en Eu­rope prennent quo­ti­dien­ne­ment de l’as­pi­rine ou d’autres mé­di­ca­ments des­ti­nés à flui­di­fier le sang. Ce trai­te­ment à vie et à faible dose est re­com­man­dé aux pa­tients qui ont dé­jà su­bi une at­taque car­diaque ou un ac­ci­dent vas­cu­laire cé­ré­bral.

Risque pro­por­tion­nel

Les au­teurs de l’étude sou­lignent que les tests dont sont is­sues ces re­com­man­da­tions ont es­sen­tiel­le­ment été faits sur des pa­tients âgés de AS­SO­CIA­TION. As­so­cier la prise d’as­pi­rine à des mé­di­ca­ments ré­dui­sant l’acide gas­trique pour évi­ter l’hé­mor­ra­gie en cas de prise quo­ti­dienne chez les sujets âgés.

moins de 75 ans qui pre­naient de l’as­pi­rine de­puis quelques an­nées seule­ment. D’où une dif­fi­cul­té à éva­luer l’aug­men­ta­tion des risques d’hé­mor­ra­gie (prin­ci­pa­le­ment de l’es­to­mac et des in­tes­tins) avec l’âge.

Une équipe de l’Uni­ver­si­té d’Ox­ford a sui­vi plus de 3.000 pa­tients vic­times d’une at­taque ou un AVC et qui pre­naient de l’as­pi­rine (ou équi­valent) de­

puis plu­sieurs an­nées. La moi­tié de ces pa­tients avaient 75 ans ou plus au dé­but de cette étude. Sur les 10 an­nées sui­vantes, 314 d’entre eux ont été hos­pi­ta­li­sés pour une hé­mor­ra­gie.

Or, ce risque aug­mente avec l’âge. Pour les moins de 65 ans, le taux an­nuel d’hos­pi­ta­li­sa­tion pour une hé­mor­ra­gie est de 1,5 %. Il monte à 3,5 % pour les 7584 ans et à 5 % pour les plus de 85 ans. Le risque que ces hé­mor­ra­gies soient han­di­ca­pantes voire fa­tales aug­mente de la même ma­nière.

« Nous sa­vions dé­jà que l’as­pi­rine aug­mente le risque d’hé­mor­ra­gie chez les pa­tients âgés. Mais notre étude per­met de mieux éva­luer les pro­por­tions de cette aug­men­ta­tion et la gra­vi­té des consé­quences », ex­plique le res­pon­sable de l’étude, Pe­ter Ro­th­well.

Les cher­cheurs ajoutent que la prise d’IPP par ces pa­tients pour­rait ré­duire jus­qu’à 90 % le risque d’hé­mor­ra­gies.

« L’usage d’IPP sur le long terme peut com­por­ter quelques pe­tits risques […] mais ces nou­velles don­nées montrent que le bé­né­fice dé­passe le risque chez les per­sonnes les plus âgées », as­sure le pro­fes­seur Ro­th­well.

Se­lon les au­teurs de l’étude, le trai­te­ment quo­ti­dien com­bi­nant as­pi­rine (ou équi­valent) et IPP chez ces pa­tients de­vrait être sur­veillé et ré­éva­lué tous les 3 à 5 ans. ■

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