Pré­ve­nir les risques psy­cho­so­ciaux

La Montagne (Vichy) - - Santé - LE PO­PU­LAIRE DU CENTRE

À l’heure où les re­struc­tu­ra­tions d’en­tre­prises se mul­ti­plient, la pro­tec­tion des sa­la­riés face aux risques psy­cho­so­ciaux (RPS) est au centre des dé­bats du sa­lon Pre­ven­ti­ca qui ras­semble jus­qu’à de­main les pro­fes­sion­nels du sec­teur.

La san­té au tra­vail et la pré­ven­tion des risques psy­cho­so­ciaux (stress, dé­pres­sion, vio­lences, sui­cide…) doivent être un « en­jeu na­tio­nal », es­time François Co­chet, pré­sident de la fé­dé­ra­tion des pro­fes­sion­nels du sec­teur. ■ Que re­couvrent les risques psy­cho­so­ciaux (RPS) ? Il y a plus de 20 ans, une par­tie des pro­blé­ma­tiques exis­taient, mais on n’em­ployait pas ce vo­ca­bu­laire. Le sui­cide au tra­vail était ta­bou. Les choses ont été cla­ri­fiées par un rap­port de 2011 (qui les dé­fi­nit comme « les risques pour la san­té men­tale, phy­sique et so­ciale » en­gen­drés no­tam­ment « par les condi­tions d’em­ploi », ndlr). Ce sont toutes les tensions liées au tra­vail avec dif­fé­rents ni­veaux de gra­vi­té ou de fré­quence. Il y a ce qui re­lève de la souf­france au tra­vail, qui ren­voie au OB­JEC­TIF. Faire en sorte que la san­té au tra­vail soit un en­jeu na­tio­nal.

manque d’au­to­no­mie et de re­con­nais­sance, et des troubles plus graves qui se ma­ni­festent par le burn out ou les ten­ta­tives de sui­cide au tra­vail. Le su­jet est en­tré dans le dé­bat avec les sui­cides chez Re­

nault et France Té­lé­com. ■ Quelle est l’am­pleur du phé­no­mène ? La si­tua­tion s’est ag­gra­vée car les évo­lu­tions des or­ga­ni­sa­tions du tra­vail ont conduit à une in­di­vi­dua­li­sa­tion très

forte de la fa­çon de tra­vailler. Le col­lec­tif et l’entraide ont été mis de cô­té. Face aux dif­fi­cul­tés on a ten­dance à aug­men­ter ses ef­forts par­fois de fa­çon dé­me­su­rée, sans en avoir la re­con­nais­sance pour au­tant, et à ti­rer de plus en plus sur sa san­té jus­qu’à dé­pas­ser ses li­mites. Dans beau­coup d’en­droits, les charges de tra­vail se sont ac­crues, sont de­ve­nues plus com­pli­quées, avec des modes d’éva­lua­tion qui en­tre­tiennent un cer­tain flou. Dans les en­tre­prises, on voit deux ten­dances : un ren­for­ce­ment des ef­forts de pré­ven­tion, d’ana­lyse, où les équipes RH es­saient de s’em­pa­rer du su­jet, et des ten­dances de fond qui es­saient de pous­ser dans un sens qui ac­cen­tue les RPS. ■ Comment pré­ve­nir les RPS ? Il y a beau­coup de choses dans les en­tre­prises qui ga­gne­raient à être mises en co­hé­rence. La pré­ven­tion des RPS ne doit pas seule­ment être trai­tée par les DRH mais prise en compte par l’en­semble de l’en­tre­prise pour évi­ter de re­cu­ler d’un cô­té quand on es­saie d’avan­cer de l’autre. Il faut sur­tout créer les condi­tions pour bien tra­vailler. En par­tant par exemple du droit à la dé­con­nexion, on tire une pe­lote et on ar­rive à des sujets de fond comme le ma­na­ge­ment, les re­la­tions pro­fes­sion­nelles… Mais pro­po­ser d’abord de la so­phro­lo­gie, ce n’est pas la bonne ap­proche. Ne pas contrô­ler les RPS dans les en­tre­prises coûte vite très cher. À la Firps (Fé­dé­ra­tion des in­ter­ve­nants en risques psy­cho­so­ciaux), nous sou­hai­tons que la san­té au tra­vail soit un en­jeu na­tio­nal. ■

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