L’ul­tra­run­ner Di­dier Pé­treau re­naît dans le dé­sert de Go­bi

La Montagne (Vichy) - - Sports Auvergne - Fran­cis La­porte

Le 10 juin der­nier, en Mon­go­lie, l’an­cien chef de cui­sine cler­mon­tois Di­dier Pé­treau a re­pris son en­ivrante ronde de dé­serts. Ce­lui de Go­bi lui a of­fert cette tranche de plai­sir. Une re­nais­sance.

Du sable, des dunes, des cailloux, en somme. Faux, tous les dé­serts ne se res­semblent pas. Di­dier Pé­treau, en Toua­reg de la course à pied, le sait et son pé­riple mon­gol, ses pre­miers pas hors d’Afrique et d’Asie oc­ci­den­tale, lui ont en­core ap­por­té quelques sur­prises.

« Les dunes de Go­bi, je pen­sais que c’était plus im­por­tant. Mais elles ne s’étendent pas à perte de vue comme dans le Té­né­ré ou la grande mer de sable en Égypte. C’est un peu comme une dune du Pi­lat qui s’éti­re­rait sur plus de 150 km. »

« Li­ber­té sau­vage »

De re­tour au pays, lun­di, le Cler­mon­tois est re­ve­nu avec d’autres per­sis­tances ré­ti­niennes. Les fleurs au pied des dunes, les herbes des steppes, les yeux des che­vaux en li­ber­té dans les lu­nettes de vi­sion noc­turne… Et puis, un sen­ti­ment nou­veau et en­thou­siaste. « Dans la steppe à PÉ­TREAU. L’ar­ri­vée du cré­pus­cule sur la steppe in­fi­nie : la ga­ran­tie de la fraî­cheur.

perte de vue, il y a énor­mé­ment d’ani­maux, des cha­meaux, des che­vaux, vaches, mou­tons, lièvres de Si­bé­rie et pas un bar­be­lé, pas même un pi­quet. Par­fois une yourte qui fait un point blanc à 20 km. Ce­la donne une im­pres­sion de li­ber­té sau­vage. »

Le dé­sert de Go­bi a aus­si sa trans­pi­ra­tion. « On a frô­lé les 50 °C ; c’est la pre­mière fois que je cours par cette tem­pé­ra­ture. » Son cou et ses lèvres ont d’ailleurs payé un tri­but à la cha­leur et au des­sé­che­ment. La nuit, en re­vanche, l’ul­tra­run­ner a vite re­

mi­sé le vê­te­ment chaud sup­plé­men­taire. « 15°, de quoi se mettre en tee­shirt. » Des nuits sans som­meil. Car l’an­cien chef de cui­sine a ap­pli­qué la re­cette de la course très longue dis­tance en nons­top : les mi­cro­siestes. « Cinq à dix mi­nutes à chaque CP », les 16 check­point mon­gols don­nant un bien faible to­tal de 2 heures et 40 mi­nutes les yeux fer­més…

Pour quelque 80 km quo­ti­diens. « Avec beau­coup de marche, pré­cise l’Au­ver­gnat de 60 ans qui goû­tait à nou­veau au dé­sert après plus de trois an­nées de cou­pure, des bles­sures et peu de pré­pa­ra­tion. « Quand on est par­ti en cou­rant sur les 25 pre­miers ki­lo­mètres, je me suis dit “est­ce que ça va te­nir ?”. Pour moi, al­ler au bout, c’était le chal­lenge. »

« Je peux en­core cou­rir après 310 km »

Sans am­bi­tion de place, le sage Di­dier Pé­treau est ain­si res­té avec ses deux co­pains d’épreuve… jus­qu’à 20 km de l’ar­ri­vée. Et puis, là, l’en­vie de cou­rir : « Je me suis fait plai­sir. J’ai ra­mas­sé pas mal de mecs et vu alors que j’étais en­core ca­pable de par­tir à la course ». Au bout : la 22 place, sur 38, en 4 jours 7 heures et 45 mi­nutes. Et pas le moindre pe­tit grain de re­gret. « Fi­na­le­ment, j’au­rais pu al­ler plus vite, mais le seul bon­heur c’est d’avoir ter­mi­né, de sa­voir que la ma­chine tient et que je peux en­core cou­rir après 310 km. » Car la 333 de Go­bi a re­trem­pé le troi­sième des 704 km ma­ro­cains de 2013 dans un bain de jou­vence. « Je suis re­ve­nu avec deux am­poules par pied seule­ment et en forme. »

Bi­lan eu­pho­rique qui dé­roule dé­sor­mais les grandes steppes vertes des pers­pec­tives. « Main­te­nant, je passe à la 1.000 km, di­rect. » En 2018. Comme par­ti­ci­pant et… co­or­ga­ni­sa­teur, avec Alain Ges­tin, le fon­da­teur et ami d’Ex­treme­Run­ner. « Mon plan, c’est l’Ar­gen­tine. On par­ti­rait sur 12 cou­reurs maxi­mum, pas de CP mais un 4x4 avec ac­com­pa­gna­teur. » Les idées trottent dé­jà, le Cler­mon­tois sou­rit. « Tou­jours aus­si bar­jot me disent les co­pains. » ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.