« J’ai eu peur, j’ai cru qu’il l’avait égor­gé »

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Pierre Gé­rau­die

Le pro­cès de Pascal Mou­lin, 49 ans, ac­cu­sé de ten­ta­tive d’ho­mi­cide vo­lon­taire à Cus­set, en août 2014, s’est pour­sui­vi hier au pa­lais de jus­tice de Mou­lins.

En cette deuxième jour­née d’au­dience, les voi­sins de l’ac­cu­sé, do­mi­ci­lié à l’époque des faits dans la ci­té HLM de Presles, à Cus­set, étaient ap­pe­lés à la barre.

Au pied de leur im­meuble, ils avaient vu, la nuit du 19 août 2014, une vio­lente ba­garre écla­ter entre Pascal Mou­lin et un quin­qua­gé­naire. Les deux hommes vou­laient « s’ex­pli­quer » sur fond d’al­cool et de ri­va­li­té amou­reuse.

Bain de sang au pied de l’im­meuble

Mais la dis­cus­sion vire à la ba­garre, d’abord dans le hall de l’im­meuble, puis sous la fe­nêtre de l’ap­par­te­ment de Pascal Mou­lin, si­tué au rez­de­chaus­sée. La vic­time ter­mine au sol, en­san­glan­té. Deux ans après, les voi­sins n’ont rien ou­blié.

« Je me sou­viens que Pascal Mou­lin te­nait un bâ­ton à la main et don­nait des coups à un homme à

terre », se re­mé­more l’an­cienne voi­sine de pa­lier de l’ac­cu­sé, qui se rap­pelle éga­le­ment avoir vu « un cou­teau » dans la ba­garre. Un té­moi­gnage ap­puyé par ce­lui de la voi­sine du des­sus.

Ce soir­là, celle­ci dit avoir eu « très peur ». « J’ai vu mon voi­sin don­ner des coups de bâ­ton à un autre homme. Il y avait du

sang ». Et lorsque Pascal Mou­lin a je­té le casque de scoo­ter de sa vic­time de l’autre cô­té de la route : « J’ai cru qu’il s’agis­sait de la tête, qu’il l’avait égor­gé ».

Dans le box des ac­cu­sés, Pascal Mou­lin a de nou­veau mi­ni­mi­sé les faits. Si sa vic­time a été sé­vè­re­ment bles­sée (les photos des pro­fondes bles­sures à la tête et au cou ont été mon­trées), « c’est uni­que­ment parce que celle­ci s’est dé­bat­tue avec son propre cou­teau en main ».

« Des bles­sures dues à des coups di­rects »

Pour­tant, in­ter­ro­gé via vi­déo­con­fé­rence, le mé­de­cin lé­giste en charge du dos­sier s’est mon­tré for­mel : les plaies que pré­sente la vic­time « sont des plaies de pro­tec­tion, dues à des coups di­rects por­tés avec un ob­jet cou­pant ». De quoi mettre à mal l’hy­po­thèse de bles­sures que se se­rait au­to­in­fli­gées la vic­time, ain­si que l’énonce Pascal Mou­lin. Un ac­cu­sé dont l’ex­pert­psy­cho­logue ap­pe­lée à la barre en fin de jour­née à en outre sou­li­gné « qu’il n’avait à au­cun mo­ment ex­pri­mé des re­grets » au re­gard de la gra­vi­té des bles­sures in­fli­gées à sa vic­time, « ni ne s’était in­quié­té de son état de san­té ».

Ce ven­dre­di, après le té­moi­gnage d’un ex­pert­psy­chiatre, les avo­cats pren­dront la pa­role pour leurs plai­doi­ries. Le verdict est at­ten­du en fin de jour­née. ■

TÉ­MOINS. Les ex-voi­sins de Pascal Mou­lin, ac­cu­sé de ten­ta­tive de meurtre de­vant son do­mi­cile de Cus­set, étaient à la barre.

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