Un to­tem à « re­mus­cler »

Quel avenir pour le bac dont les der­nières épreuves écrites pour la ses­sion 2017 se dé­rou­laient hier ?

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités La Bourse - Dow Jones Nasdaq

Le mi­nistre de l’Édu­ca­tion veut le « re­mus­cler », les chefs d’éta­blis­se­ment jugent qu’il « ne sert à rien » mais pro­fes­seurs et cher­cheurs rap­pellent les points forts du bac­ca­lau­réat.

La der­nière ten­ta­tive de ré­forme de cet exa­men bicentenaire date de 2004 et a vite tour­né court. Mais chaque an­née, le bac est la cible de cri­tiques de plus en plus vives.

Un trem­plin

« Trop coû­teux » : son coût an­nuel est es­ti­mé entre 56 mil­lions d’eu­ros – si l’on ne prend en compte que les frais de lo­gis­tique – et 1,5 mil­liard se­lon le pre­mier syn­di­cat des chefs d’éta­blis­se­ment. Ce mon­tant en­globe no­tam­ment les cours sup­pri­més en rai­son de la mo­bi­li­sa­tion des pro­fes­seurs pour la sur­veillance et la cor­rec­tion des exa­mens.

Il est in­utile puisque le taux de réus­site ap­proche les 90 %, mais nombre de ba­che­liers échouent en­suite à l’uni­ver­si­té, dé­plo­

rent ses contemp­teurs. Et pour les fi­lières sé­lec­tives (classes pré­pa­ra­toires, BTS, li­cences sé­lec­tives etc.), le choix des éta­blis­se­ments se base sur le dos­sier de l’élève, bien avant l’exa­men de juin.

Jean­Mi­chel Blan­quer, mi­nistre de l’Édu­ca­tion, a dit dé­but juin vou­loir « re­mus­cler » le bac pour le rendre « plus utile » aux élèves. Il veut en faire « un trem­plin pour la suite de leur par­cours », da­van­tage qu’une « éva­lua­tion fi­nale » à l’is­sue du ly­cée.

Le prin­ci­pal syn­di­cat des chefs d’éta­blis­se­ment, le SNPDEN, cri­tique ver­te­ment l’exa­men sous sa forme ac­tuelle. « Il ne sert à rien », fus­tige son se­cré­taire gé­né­ral, Phi­lippe Tour­nier. Le syn­di­cat prône « une cer­ti­fi­ca­tion de fin d’études se­con­daires », ce qu’est en fait de­ve­nu le bac au­jourd’hui.

« De moins en moins li­sible »

« Il est donc nor­mal d’avoir de tels taux de réus­site », se­lon lui. À ce­la + 0,14 % s’ajou­te­rait une éva­lua­tion des com­pé­tences né­ces­saires à la réus­site en études su­pé­rieures.

Si le contrôle conti­nu prend le pas sur les épreuves de fin de Ter­mi­nale, « nous ris­quons de voir se creu­ser les in­éga­li­tés entre les éta­blis­se­ments ». « Un bac dé­cro­ché en Sei­neSaint­De­nis n’au­ra pas la même va­leur que ce­lui ob­te­nu dans un ly­cée au coeur de Pa­ris », ré­torque Fran­çois Mar­tin, pro­fes­seur de lettres clas­siques et ar­dent dé­fen­seur des op­tions la­tin et grec.

La plu­part des ac­teurs du monde édu­ca­tif sont tou­te­fois en fa­veur d’une évo­lu­tion de cet exa­men, y com­pris les pro­fes­seurs. « Le bac est de moins en moins li­sible et ne per­met plus de sa­voir quels sont les ac­quis des ba­che­liers », es­time Claire Gue­ville, se­cré­taire na­tio­nale au SNES­FSU, char­gée des lycées.

La ré­flexion va dé­mar­rer « cet au­tomne », a in­di­qué le mi­nis­tère, qui ne pré­voit pas de « bou­le­ver­se­ment » pour la ses­sion 2018. Et cette ré­flexion pren­dra en compte l’en­semble du cycle du ly­cée ■ + 0,05 %

PHOTO AFP

FIN DE CYCLE. Un su­jet qui de­mande ré­flexion.

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