Les rythmes sco­laires me­na­cés dans l’Allier ?

La Montagne (Vichy) - - La Une - Cé­cile Ber­gou­gnoux ce­cile.ber­gou­gnoux@cen­tre­france.com

ÉDU­CA­TION. Le mi­nistre a confir­mé la pos­si­bi­li­té de re­ve­nir à la se­maine de quatre jours d’école dans le pri­maire dès la pro­chaine ren­trée sco­laire. Les mu­ni­ci­pa­li­tés at­tendent le dé­cret.

ALLIER. Dans la plu­part des com­munes bour­bon­naises, les élus n’en­vi­sagent pas de stop­per bru­ta­le­ment la se­maine de quatre jours et de­mi.

Les maires, conseils dé­par­te­men­taux, di­rec­tions aca­dé­miques, re­pré­sen­tants de pa­rents d’élèves et en­sei­gnants de l’aca­dé­mie de Cler­montFer­rand sont dans les star­ting-blocks, les yeux bra­qués sur le Jour­nal Of­fi­ciel (JO) et la pu­bli­ca­tion du dé­cret per­met­tant le re­tour à la se­maine de quatre jours dans le pri­maire.

Trois mois avant la ren­trée, c’est chaud­chaud ! Pour faire suite à une pro­messe de cam­pagne du Pré­sident, le mi­nistre de l’Édu­ca­tion na­tio­nale a confir­mé la pos­si­bi­li­té de re­ve­nir à la se­maine de quatre jours d’école dans le pri­maire dès la ren­trée 2017. Les conseils d’école ont com­men­cé la se­maine der­nière dans l’aca­dé­mie. Entre l’or­ga­ni­sa­tion de la fête de l’école et des tra­vaux dans les classes cet été, le re­tour, ou pas, à la se­maine de quatre jours, s’in­vite dans l’ordre du jour.

1 De quoi parle-t-on ? D’as­sou­plir l’une des ré­formes les plus contes­tées du quin­quen­nat Hol­lande. De­puis 2013 ou 2014, se­lon les com­munes, les en­fants vont à l’école quatre jours et de­mi avec, dans le temps sco­laire, trois heures d’ate­liers pé­ri­sco­laires, or­ga­ni­sées par chaque mu­ni­ci­pa­li­té avec une aide fi­nan­cière de l’État. Le temps sco­laire est har­mo­ni­sé. Pour les ate­liers pé­ri­sco­laires, c’est une autre his­toire. Dans le Puy­deDôme, on trouve par exemple une cen­taine d’or­ga­ni­sa­tions dif­fé­rentes pour les quelque 500 écoles et 300 com­munes.

2 Que pro­pose le pro­jet de dé­cret ? La pos­si­bi­li­té de re­ve­nir à la se­maine de quatre jours « avec des se­maines in­fé­rieures à 24 heures et un rat­tra­page sur les temps de va­cances ». Mal­gré un avis (consul­ta­tif) né­ga­tif du Conseil su­pé­rieur de l’édu­ca­tion et un rap­port du Sé­nat dé­fa­vo­rable. Le dé­cret de­vrait être pu­blié au JO d’ici quelques jours. De l’avis gé­né­ral, il ne se­ra pas mo­di­fié sur le fond.

3 Pour­quoi ce­la va swin­guer dans les conseils d’école ? Parce que les di­rec­teurs aca­dé­miques, qui vont va­li­der, ou non, le pas­sage à la se­maine de quatre jours, n’ac­cueille­ront fa­vo­ra­ble­ment la re­quête des maires que s’il y a un consen­sus dans la com­mune. Par sou­cis de co­hé­rence édu­ca­tive, ils vont vé­ri­fier que le maire a bien l’ac­cord des conseils d’école où siègent en­sei­gnants et pa­rents. Les­quels sont di­vi­sés sur la ques­tion. Pour la ren­trée, les com­munes ont jus­qu’à fin juin pour faire re­mon­ter leurs de­mandes à la di­rec­tion aca­dé­mique.

4 Pour­quoi les Dé­par­te­ments sont concer­nés ? Ils le sont dans le cadre de l’or­ga­ni­sa­tion des trans­ports sco­laires. Ce­lui du Puy­de­Dôme a adres­sé un cour­rier aux maires, via l’As­so­cia­tion des maires de France.

Tout en « sou­hai­tant ac­com­pa­gner les mai­ries qui au­raient la vo­lon­té de mo­di­fier leurs ho­raires à la ren­trée pro­chaine », il in­siste sur les dif­fi­cul­tés de ré­or­ga­ni­sa­tion en si peu de temps et un sur­coût fi­nan­cier « qui n’est pas en­vi­sa­geable dans le contexte fi­nan­cier ac­tuel du Dé­par­te­ment.

5 Que vont faire les com­munes ? La pro­po­si­tion ré­pond à l’ap­pel de maires po­li­ti­que­ment op­po­sés à la ré­forme de 2013. Ceux­là, à Nice ou Mar­ seille par exemple, vont sai­sir la perche. La pro­po­si­tion ré­pond aus­si aux pré­oc­cu­pa­tions de maires, no­tam­ment de com­munes ru­rales, qui ont de grandes dif­fi­cul­tés à mettre en oeuvre (re­cru­te­ment d’ani­ma­teurs ou mo­bi­li­sa­tion d’as­so­cia­tions lo­cales) à fi­nan­cer ces fa­meux temps pé­ri­sco­laires ou TAP. Ceux­là de­vraient aus­si sau­ter sur l’oc­ca­sion (lire ci­contre). Et les autres ? Deux cas : les maires qui adhèrent au prin­cipe de la ré­forme et ne sou­haitent pas re­

ve­nir en ar­rière, C’est le cas de Cler­mont­Fer­rand ou de Cour­non­d’Auvergne. Et les maires qui ne sont pas convain­cues mais qui ont dé­jà re­cru­té leurs ani­ma­teurs pour la ren­trée ou ne se voient pas re­mettre un centre de loi­sirs en place d’ici sep­tembre pour le mer­cre­di ma­rin. Tous in­diquent que la dé­ci­ sion fi­nale se­ra de toute fa­çon dis­cu­té en com­mis­sion des af­faires sco­laires.

6 Quelle est la prin­ci­pale in­quié­tude des maires ? À part pour des com­munes qui ont les reins fi­nan­ciers so­lides, toutes les autres s’in­ter­rogent sur la pé­ren­ni­té de l’aide de l’État. Le fonds de sou­tien aux ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires a été pé­ren­ni­sé jus­qu’en 2018. Mais en­suite ? Tout sup­pri­mer ou faire payer les fa­milles ?

PHO­TO FRANCK BOILEAU

PHO­TO FRANCK BOILEAU

CULTURE ET SPORT. La mise en place des temps d’ac­ti­vi­tés pé­ri­sco­laires (TAP) associés à la ré­forme des rythmes sco­laires n’a pas été fa­cile et ne l’est tou­jours pas pour cer­taines com­munes. Une rai­son de plus de re­ve­nir à la se­maine de quatre jours d’école ?

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