Em­prun­ter après 60 ans

La Montagne (Vichy) - - Magazine Tendances Bourse - San­dra Ma­tho­rel

L’âge n’est plus un frein pour sous­crire un cré­dit im­mo­bi­lier. Les banques ac­cordent au­jourd’hui as­sez fa­ci­le­ment des prêts aux plus de 60 ans, ce qui leur per­met de pro­fi­ter des ni­veaux tou­jours très bas des taux d’in­té­rêt pour fi­nan­cer des pro­jets.

Les se­niors sol­li­citent de plus en plus les banques pour em­prun­ter. « Ré­no­va­tion, ex­ten­sion, chan­ge­ment de ré­si­dence prin­ci­pale, achat d’un pied­à­terre ou d’un bien lo­ca­tif, les se­niors em­pruntent de plus en plus », constate Ré­nald Lair, di­rec­teur com­mer­cial exé­cu­tif de l’as­su­reur MetLife. Contrai­re­ment aux idées re­çues, l’âge n’est pas un frein à l’em­prunt im­mo­bi­lier.

Clien­tèle ras­su­rante

« Les se­niors sont très bien ac­cueillis et n’ont pas vrai­ment de dif­fi­cul­té à ob­te­nir un cré­dit », re­marque Maël Ber­nier, por­te­pa­role du cour­tier en cré­dits Meilleur­taux.com. C’est da­van­tage l’as­su­rance­em­prun­teur qui peut po­ser pro­blème. « L’âge n’a pas, non plus, d’in­fluence sur le taux du prêt, hors as­su­rance, pour­suit Maël Ber­nier. Les se­niors peuvent même ob­te­nir un taux d’in­té­rêt plus in­té­res­sant que des em­prun­teurs plus jeunes. »

Car ils ont, bien sou­vent, dé­jà cons­ti­tué un pa­tri­moine. Ils re­pré­sentent une clien­tèle sol­vable et ras­su­rante, sur­tout s’ils

n’ont plus d’en­fant à charge. Plu­tôt que d’uti­li­ser son épargne, il est donc conseillé d’em­prun­ter. Le cour­tier Meilleur­Taux vient de dé­cro­cher un prêt de 110.000 € sur dix ans à 1 % (hors as­su­rance) pour une dame cé­li­ba­taire de 69 ans. Ou en­core, 170.000 € sur quinze ans à 1,5 % pour un couple ayant cha­cun 66 ans.

Signe des temps, la li­mite d’âge s’al­longe. « Nous dé­po­sons en banque des di­zaines de dos­siers par mois, dé­clare Pas­cal Fun­ten, pré­sident de Se­nio­ri­tis.fr. La plu­part em­pruntent entre 100.000 et 150.000 €. Notre plus jeune client a 50 ans et le

plus âgé… 87 ans ! » Ce der­nier cas vaut sur­tout pour un em­prunt de très courte du­rée, cinq ans au maxi­mum. « Une seule banque sur le mar­ché ac­corde, de­puis dé­but 2017, des prêts se ter­mi­nant à 95 ans », ajoute Pas­cal Fun­ten.

Un couple de 63 ans et 65 ans a ain­si ob­te­nu un prêt de 100.000 € sur quinze ans pour faire construire sa nou­velle ré­si­dence prin­ci­pale, plus proche des com­merces et mieux agen­cée. Il rem­bour­se­ra 621 € par mois, as­su­rances in­cluses. Leur prêt pren­dra fin en 2032, à 80 ans pour le plus âgé.

Sans sur­prise, il faut jus­

ti­fier d’un ap­port cou­vrant a mi­ni­ma les droits de mu­ta­tion (frais de no­taire), les frais de dos­siers et de ga­ran­tie (en­vi­ron 10 % du prêt de­man­dé). En cas de sou­ci de san­té ou d’âge avan­cé, il faut aus­si être prêt à faire une croix sur l’as­su­rance­em­prun­teur qui n’est pas obli­ga­toire… « Les clients doivent alors ap­por­ter au mi­ni­mum 20 % du mon­tant du prix d’achat, frais de no­taire in­clus, dé­taille Pas­cal Fun­ten. Le taux d’in­té­rêt pro­po­sé est aus­si plus éle­vé. »

En outre, la banque exi­ge­ra une autre ga­ran­tie, telle que l’hy­po­thèque sur un bien im­mo­bi­lier ou le nan­tis­se­ment d’une as­su­rance­vie. ■

PH. AFP

IM­MO­BI­LIER. Signe des temps, la li­mite d’âge s’al­longe pour l’ob­ten­tion des prêts ban­caires.

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