L’arbre qui cache l’ar­tiste

La Montagne (Vichy) - - Agglomération Vivre Son Pays -

Elle peint les arbres. Pas ceux d’ici, mais plu­tôt des pins ma­ri­times, tor­tu­rés. Se lais­sant hap­pées par la flui­di­té de l’encre et du geste. À voir cet été dans l’écrin des Jar­dins des Thé­ve­nets.

Du pas­tel sec à l’hy­per­réa­lisme, de l’encre de chine au bronze, Ma­rion Fran­çois che­mine, au­jourd’hui, son art à l’ombre des arbres. Des arbres en voie de dis­pa­ri­tion qu’elle pré­sente aux Jar­dins des Thé­ve­nets, à Espinasse­Vozelle, jus­qu’à fin août (1). En com­pa­gnie de Pa­trick, sa moi­tié, mais aus­si de Ma­rie Ma­ri­nier et Oli­vier Chau­lieu, elle donne à voir cet art qu’elle cultive, fa­çonne et amende de­puis qua­rante ans.

« Don­ner à voir »

Ses ra­cines ont beau être bour­bon­naises, ses arbres n’ont rien de com­mun avec les chênes, pla­tanes et autres arbres que l’on croise par ici. Les siens, ce sont plu­tôt des pins ma­ri­times, tor­tu­rés, en voie de dis­pa­ri­tion. « Après les Beaux­Arts à Cler­montFer­rand et avoir pris la route de la Pro­vence, je dé­cli­nais mes oeuvres hy­ per­réa­listes au pas­tel sec. De­puis, je me suis es­sayée à la cal­li­gra­phie à l’encre de chine et ai trou­vé, en cette ma­tière, plus de li­ ber­té dans le geste. Je charge le pin­ceau et l’ins­pi­ra­tion fait le reste, dit­elle. On est tou­jours cons­cient de ce que l’on veut faire mais on se laisse hap­per par cette flui­di­té de l’encre et du geste. »

Un geste, de prime abord fi­gu­ra­tif, de­ve­nu, au­jourd’hui, plus abs­trait. N’en dé­plaise à ses bronzes spon­ta­nés fruits de son don d’ob­ser­va­tion. « Être ar­tiste, c’est être un peu bri­co­leur, touche­à­tout. Aus­si, mes bronzes sont à la base conçus en cire à mo­de­ler que je confie à un fon­deur qui me la res­ti­tue en brut de fonte. Je re­tra­vaille l’en­semble, de la pa­tine au so­clage, de sorte que ces élé­ments re­prennent vie. L’idée étant en somme, que ce­la soit pour mes encres ou mes bronzes, qu’ils sus­citent émo­tion, plai­sir. C’est im­por­tant de don­ner à voir, de par­ta­ger le plai­sir que l’on a de créer et de dé­ce­ler l’émo­tion chez l’autre. » ■

(*) Ex­po­si­tion Ar­ta­touille vi­sible uni­que­ment sur ren­dez­vous au 04.70.56.57.04 ou 06.81.14.39.11.

EXI­GEANT. Pour Ma­rion Fran­çois, être ar­tiste, c’est un mé­tier de ren­contres, mais c’est aus­si créer, sa­voir se vendre, sa­voir com­mu­ni­quer et al­ler à la ren­contre du pu­blic.

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