« J’au­rais été dé­çu de ne pas être là »

Jean Ale­si se­ra le par­rain de la pre­mière édi­tion du Grand Prix de France his­to­rique, sous l’égide de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de sport au­to­mo­bile et dont HVM Ra­cing est le pro­mo­teur. L’ex­pi­lote de F1 se­ra pré­sent le sa­me­di 1er juillet.

La Montagne (Vichy) - - Magdimanche - De­nis Chau­me­reuil

C

e pre­mier Grand Prix de France his­to­rique, évé­ne­ment in­ter­na­tio­nal et com­pé­ti­tion of­fi­cielle, mar­que­ra le cir­cuit de Ne­vers­Ma­gny­Cours, dont l’his­toire est liée à la For­mule 1. Jean Ale­si, ex­pi­lote Fran­çais de F1, en se­ra le pres­ti­gieux par­rain.

■ Quels souvenirs de pi­lo­tage gar­dez-vous de Ne­vers-Ma­gny-Cours ? C’est un cir­cuit très tech­nique, exi­geant, avec des cu­vettes, des vi­rages en aveugle. Il im­pose un rythme de tous les ins­tants. On ne s’y en­nuie ja­mais et il y a tou­jours une dif­fi­cul­té dans chaque vi­rage.

■ Vous al­lez à nou­veau rou­ler sur ce tra­cé avec la Tyr­rell 018 au vo­lant de la­quelle vous vous êtes li­vré à un sa­cré duel avec Ayr­ton Sen­na lors du Grand Prix des États-Unis en

1990. Cette voi­ture, je l’ai à nou­veau conduite il y a deux ans au Ja­pon. En prendre le vo­lant est tou­jours très émou­vant car c’est la For­mule 1 de mes dé­buts, celle avec la­quelle j’ai ob­te­nu mes pre­miers ré­sul­tats.

■ Vous sui­vez de près la F1 d’au­jourd’hui et vous la com­men­tez pour la té­lé­vi­sion. Que

vous ins­pire-t-elle ? La For­mule 1 et ses pi­lotes ont tou­jours été adap­tés à leur époque. Je suis com­plé­te­ment per­du mais c’est la même chose pour les pi­lotes d’au­jourd’hui vis­à­vis de notre époque. Les pi­lotes de main­te­nant ne gran­dissent pas comme nous nous avons gran­di. Par exemple, nous n’avions pas de si­mu­la­teurs. Et les F1 ac­tuelles dis­posent d’une tech­no­lo­gie ex­cep­tion­nelle.

■ Le pas­sion­né que vous êtes doit être heu­reux du re­tour du Grand Prix de France de F1 au cham­pion­nat du monde

dès l’an­née pro­chaine ? C’est fa­bu­leux. Ce se­ra une vraie carte de vi­site pour la France. Chez nous, le sport au­to­mo­bile a été mal­trai­té, mon­tré du doigt et pas tou­jours consi­dé­ré comme po­li­ti­que­ment cor­rect. Ce se­ra une vraie fête et je suis confiant sur le pro­duit car le cham­pion­nat ac­tuel est très in­té­res­sant, avec deux ou trois écu­ries qui sont à très haut ni­veau de com­pé­ti­ti­vi­té. De plus, ce pro­chain Grand Prix de France se dé­rou­le­ra sur le cir­cuit Paul­Ri­card, au Cas­tel­let, cir­cuit que j’ap­pré­cie.

■ Com­ment per­ce­vez-vous ce Grand Prix his­to­rique à Ma­gny-Cours ? C’est une très bonne nou­velle pour notre mi­lieu du sport au­to­mo­bile.

Les Grands Prix his­to­riques ont quelque chose de ma­gique pour les fans, quel que soit leur âge. Ma­gny­Cours fait par­tie de l’his­toire de la For­mule 1 mo­derne et c’est bien que les F1 soient de re­tour sur ce cir­cuit. J’y ai fait mes classes, en coupe Re­nault 5, et j’ai dis­pu­té, avec Fer­ra­ri, le pre­mier Grand Prix de France qui y était or­ga­ni­sé, en 1991. Je me sou­viens d’un ac­cueil fan­tas­tique, no­tam­ment lors de la pa­rade des pi­lotes, de­vant des tri­bunes noires de monde.

■ En être par­rain était donc

évident ? Au­jourd’hui, je tra­vaille sur­tout pour mon fils Giu­lia­no qui fait par­tie de la Fer­ra­ri dri­vers aca­de­my. J’ai re­gar­dé son ca­len­drier et il n’avait pas de course ce jour­là. J’au­rais été dé­çu de ne pas être pré­sent pour cette grande pre­mière.

■ Vous étiez aux 24 h du Mans les 17 et 18 juin. Une épreuve my­thique avec, no­tam­ment, de très jeunes pi­lotes. Oui et dans un coin de ma tête, j’ai un pro­jet, par­ti­ci­per à cette grande course avec mon fils Giu­lia­no. Ac­tuel­le­ment, il a 17 ans. ■

➔ Car­rière en F1. Jean Ale­si re­trou­ve­ra, lors de ce Grand Prix de France his­to­rique, cinq F1 qu’il a pi­lo­tées : deux Fer­ra­ri (celle de 1991 et 1992 ain­si que celle de la sai­son 1993), une Tyr­rell, une Prost et une Jor­dan. Le pi­lote fran­çais, qui a dé­bu­té sa car­rière en For­mule 1 en 1989, a dis­pu­té 201 Grands Prix, réa­li­sé deux pôles po­si­tions, est mon­té 32 fois sur le po­dium, a rem­por­té une vic­toire, celle du Grand Prix du Ca­na­da en 1995, et to­ta­lise 241 points en cham­pion­nat du monde. Il a ar­rê­té sa car­rière en F1 à l’is­sue de la sai­son 2001. Il pi­lo­tait alors pour l’écu­rie Jor­dan.

Jean Ale­si au vo­lant de sa Fer­ra­ri lors du pre­mier Grand Prix de France de For­mule 1 cou­ru sur le cir­cuit de Ne­vers-Ma­gny-Cours, le 7 juuillet 1991. Il se clas­se­ra qua­trième.

PHO­TO ARCHIVES HVM RA­CING

Tou­jours aus­si pas­sion­né.

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