An­que­til a en­du­ré la « pou­pou­la­ri­té »

Tour de France 1964. La ri­va­li­té entre Jacques An­que­til, dé­jà quatre fois vain­queur à Pa­ris et Ray­mond Pou­li­dor, est à son pa­roxysme. La France est cou­pée en deux, mais son coeur bat da­van­tage pour le cham­pion li­mou­sin.

La Montagne (Vichy) - - SPORT - Ra­phaël Ro­chette

Une large par­tie du pu­blic n’ai­mait pas le Nor­mand, dont la re­te­nue tran­chait avec la sym­pa­thie na­tu­relle de son prin­ci­pal ri­val. « Il y avait la France si­len­cieuse qui ad­mi­rait An­que­til et les Pou­li­do­ristes qui fai­saient plus de bruit », rap­pelle Ra­phaël Ge­mi­nia­ni, qui a conduit son pro­té­gé à un cin­quième suc­cès à la tête de l’équipe Saint­Ra­phaël.

An­que­til souf­frait­il d’être moins po­pu­lai­ re que « Pou­pou » ? « Ça l’em­bê­tait un peu ; ça l’aga­çait, mais il ne s’en plai­gnait pas, ré­pond Ge­mi­nia­ni. Il ne se dé­fen­dait pas, à cause de sa ti­mi­di­té. Je l’ai vu en­du­rer des trucs lors de contre­la­montre, c’était l’hor­reur. On lui cra­chait des­sus, on lui fai­sait des bras d’hon­neur. Dans les cols, c’était pa­ reil. Mais lui res­tait stoïque. »

Cette « pou­pou­la­ri­té », le Nor­mand l’a en­du­rée, sans peut­être même la com­prendre. « Il ne fai­sait pas voir que ce­la l’af­fec­tait. Les gens di­saient : “Al­lez Pou­pou”. Ils ne di­saient pas :”Al­lez Jac­quot”. C’était : “Vas­y An­que­til”. »

La ma­jo­ri­té du pu­blic se ran­geait der­rière le cou­reur de la Mer­cier, mais « dans le pe­lo­ton, c’était An­que­til qui di­ri­geait Pou­pou », rap­pelle « Gem ». Ce n’est qu’en fin de car­rière que la po­pu­la­ri­té du Nor­mand ex­plo­se­ra, après ses vic­toires dans le même week­end au Dau­phi­né et à Bor­deauxPa­ris, en 65. Un ex­ploit qui l’a fait en­trer dans la lé­gende du cy­clisme.

RI­VA­LI­TÉ. Jacques An­que­til a souf­fert d’être moins po­pu­laire que Ray­mond Pou­li­dor, sans ja­mais s’en ou­vrir pu­bli­que­ment.

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