Pro­fi­tez des fes­ti­vals au­ver­gnats en sé­cu­ri­té

Or­ga­ni­sa­tion concer­tée

La Montagne (Vichy) - - La Une - Émi­lie Zaugg Pierre-Oli­vier Feb­vret

VIGIPIRATE. Des dis­po­si­tifs ren­for­cés lors des ma­ni­fes­ta­tions es­ti­vales.

De­puis les at­ten­tats per­pé­trés sur le sol fran­çais en 2015 et 2016, les consignes en ma­tière de sé­cu­ri­té se sont consi­dé­ra­ble­ment ac­crues lors des évé­ne­ments qui vont se mul­ti­plier pen­dant la pé­riode es­ti­vale. Cet im­mense mal a fait du bien dans les re­la­tions entre les or­ga­ni­sa­teurs, les col­lec­ti­vi­tés et les ser­vices de la pré­fec­ture qui tra­vaillent main dans la main pour tendre à une sé­cu­ri­té et un confort op­ti­mum du pu­blic.

En pé­riode es­ti­vale, des ma­ni­fes­ta­tions cultu­relles, fes­tives ou sportives sont or­ga­ni­sées à pe­tite ou à grande échelle. Quelles que soient les am­bi­tions, la sé­cu­ri­té doit être maxi­male ! Le ni­veau « sé­cu­ri­té ren­for­cée » du plan Vigipirate ap­pli­cable ici comme ailleurs en France l’im­pose. Le bon sens aus­si.

Le mi­nis­tère de l’In­té­rieur a pour ce­la édi­té un guide in­ti­tu­lé Vi­gi­lance at­ten­tats, les bons ré

flexes, des­ti­né no­tam­ment aux maires et aux pré­si­dents d’in­ter­com­mu­na­li­tés. Un guide qui leur per­met, en lien avec les or­ga­ni­sa­teurs de ma­ni­fes­ta­tion, de mettre en oeuvre et d’éva­luer leur plan de sû­re­té.

Les ser­vices de l’État rap­pellent qu’il est « pri­mor­dial que les or­ga­ni­sa­teurs de ras­sem­ble­ments se co­or­donnent avec la mu­ni­ci­pa­li­té ain­si qu’avec les forces de po­lice, de gen­dar­me­rie, de po­lice mu­ni­ci­pale et d’in­cen­die et de se­cours ».

Peu im­porte la porte d’en­trée (y com­pris In­ter­net), « l’im­por­tant reste que les or­ga­ni­sa­teurs et col­lec­ti­vi­tés tra­vaillent avec nous », es­time Ni­co­las Du­faud, di­rec­teur de ca­bi­net à la pré­fec­ture du Puy­de­Dôme qui in­ter­vient di­rec­te­ment sur une cin­quan­taine de ces ma­ni­fes­ta­tions… et qui constate une réelle ef­fi­cience : « C’est un sys­tème au­jourd’hui bien ro­dé. Une seule réunion suf­fit sou­vent avec les ser­vices com­pé­tents pour se ca­ler ». À no­ter que dans le Puyde­Dôme comme dans les autres dé­par­te­ments au­ver­gnats, la pré­fec­ture s’ap­puie lar­ge­ment sur les sous­pré­fec­tures et les forces de gen­dar­me­rie et de po­lice pour tra­vailler au plus près des lieux des ma­ni­fes­ta­tions.

« On est vrai­ment dans le sur-me­sure »

Il existe plu­sieurs grandes règles. La pre­mière étant de « pri­vi­lé­gier l’or­ga­ni­sa­tion de ma­ni­fes­ta­tions dans un es­pace clos, dont les ac­cès sont en nombre li­mi­té, ai­sé­ment contrô­lables et ra­pi­de­ment uti­li­sables en cas d’éva­cua­tion ».

Il est éga­le­ment pré­co­ni­sé de « mettre en place un sys­tème de contrôle des ac­cès pré­voyant no­tam­ment une vé­ri­fi­ca­tion de l’iden­ti­té des per­sonnes en cas d’in­vi­ta­tions no­mi­na­tives, et a mi­ni­ma un dis­po­si­tif per­met­tant un contrôle visuel des man­teaux, sacs et ba­gages éven­tuels ». Sans ou­blier de « faire preuve d’une vi­gi­lance ren­for­cée et si­gna­ler tout com­por­te­ment sus­pect en ap­pe­lant le 17. » Là en­core, une fiche ré­flexe ré­ca­pi­tu­lant les re­com­man­da­tions pour la sé­cu­ri­sa­tion des lieux de ras­sem­ble­ment ou­verts au pu­blic a été créée.

Il y a donc ce cadre gé­né­ral, mais Ni­co­las Du­faud aime dire qu’« on est vrai­ment dans le sur­me­sure. Chaque ma­ni­fes­ta­tion, chaque lieu est étu­dié. Il n’y a pas d’ex­cès de confiance. Mais on connaît les points faibles et on agit en consé­quence en met­tant les moyens ou en fai­sant des blo­cages. On ne va pas faire du contrôle de sacs sur l’es­pace pu­blic, on va ci­bler les es­paces clos. Là en­core, tout dé­pend de l’af­fluence pour sa­voir s’il faut prendre des pro­fes­sion­nels pour as­su­rer le contrôle ou s’ap­puyer sur des bé­né­voles iden­ti­fiés. À un mo­ment c’est vrai qu’il faut de réelles com­pé­tences pour as­su­rer la qua­li­té de ce contrôle es­sen­tiel et la flui­di­té. »

Une sé­ré­ni­té af­fi­chée d’au­tant que « tout le monde a bien com­pris au­jourd’hui l’en­jeu de la sé­cu­ri­té et pas seule­ment au re­gard du risque ter­ro­riste. La ques­tion de l’heure de la fer­me­ture de la bu­vette se pose aus­si lors de nos réunions pour évi­ter les dé­bor­de­ments. Avant, on hé­si­tait par­fois à se dé­cla­rer ou ve­nir à la pré­fec­ture, de peur de voir son évé­ne­ment an­nu­lé ou sor­tir le ché­quier pour se mettre à ni­veau. Au­jourd’hui, on vient cher­cher du con­seil. »

CONTRÔLE VISUEL DES SACS. Ef­fec­tué par des agents d’en­tre­prises pri­vés ou des bé­né­voles iden­ti­fiés c’est au­jourd’hui une ha­bi­tude com­prise et ac­cep­tée.

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