Ac­cu­sé d’avoir égor­gé sa fille

Ab­del­lah Leh­kim, ac­cu­sé d’avoir égor­gé sa fille de 2 ans et de­mi, en sep­tembre 2014, à Cler­montFer­rand, est ju­gé en ap­pel par la cour d’as­sises de la Haute-Loire.

La Montagne (Vichy) - - REGION/FAITS DRIVERS - Cédric De­dieu ce­dric.de­dieu@cen­tre­france.com

Vingt­cinq ans de ré­clu­sion. Telle est la peine pro­non­cée en pre­mière ins­tance à l’en­contre de ce père re­con­nu cou­pable d’avoir tué sa fille de 2 ans et de­mi. L’avo­cat gé­né­ral, Éric Maillaud, avait re­quis vingt ans de pri­son, en jan­vier der­nier. Ab­del­lah Leh­kim est as­sis­té de Me Mo­ha­med Kha­ni­far pen­dant les trois jour­nées d’au­dience pré­vue de­vant les as­sises de la Hau­teLoire, au Puy­en­Ve­lay. Ma­ryem Leh­kim, la mère, prise dans un ma­riage ar­ran­gé qui a très mal tour­né, est re­pré­sen­tée par Me Re­naud Por­te­joie.

Les faits re­montent au soir du 15 sep­tembre 2014. Ab­del­lah Leh­kim est ac­cu­sé d’avoir tran­ché la gorge de son en­fant avec un cou­teau de cui­sine. La fillette avait été re­trou­vée dans son lit à bar­reaux, in­ani­mée, un drap cou­vrant son vi­sage.

Sa mère avait dé­cou­vert l’ef­froyable scène en sor­tant de la salle de bain où elle ve­nait de prendre une douche. Son ma­ri était présent dans l’ap­par­te­ment quelques mi­nutes au­pa­ra­vant. Il avait re­con­nu sa res­pon­sa­bi­li­té, même s’il se montre, au­jourd’hui, un peu moins af­fir­ma­tif : « Êtes vous l’au­teur des faits ? », l’in­ter­roge le pré­sident de la cour d’ap­pel. « On va dire oui et non, parce que je ne m’en sou­viens pas ».

La prin­ci­pale ques­tion que doivent se po­ser la cour et les ju­rés consiste à dé­ter­mi­ner si Ab­del­lah Leh­kim, at­teint d’un trouble psy­chique la­tent à l’époque, a pu agir sans le contrôle to­tal de ses actes.

« Il a man­gé quelque chose au Ma­roc qui l’a ren­du malade »

Car pour sa mère, « Ab­del­lah est malade. Il a man­gé quelque chose au Ma­roc qui l’a ren­du malade ». Son père tient le même dis­cours : « Il est malade de­puis 2008, il est ha­bi­té par les djinns

(les dé­mons de la ma­gie en arabe, NDLR)

». Son frère en­fin, éga­le­ment ap­pe­lé à té­moi­gner lun­di, est af­fir­ma­tif : « Bou­thai­na se­rait en­core vi­vante s’il n’y avait pas cette ma­la­die. Il doit être sui­vi. On ne peut pas le lais­ser comme ça et sur­tout pas en pri­son ».

L’ar­rêt de la cour est at­ten­du pour mer­cre­di soir.

Le pro­cès au Puy doit du­rer jus­qu’à mer­cre­di soir. JUS­TICE.

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