Taxe de sé­jour aus­si pour Airbnb

Comme les hô­te­liers, les usa­gers d’Airbnb, Le Bon coin ou Abri­tel doivent être en règle

La Montagne (Vichy) - - La Une - Mat­thieu Per­ri­naud mat­thieu.per­ri­naud@cen­tre­france.com

Vi­chy compte en­vi­ron 300 lo­ca­tions tou­ris­tiques pro­po­sées par des pro­prié­taires pri­vés, sur In­ter­net. Et la Ville compte bien leur rap­pe­ler l’obli­ga­tion de s’ac­quit­ter de la taxe de sé­jour.

Le Bon coin. Abri­tel. Et le plus cé­lèbre d’entre eux, Airbnb. Trois so­cié­tés avec pi­gnon sur toile, et sur­tout le vent en poupe. Dif­fi­cile de se pas­ser de leurs ser­vices, pour les par­ti­cu­liers dé­si­reux de louer leur(s) lo­ge­ment(s) à des tou­ristes. Et ils sont de plus en plus nom­breux à le faire. Sans charges. Et sou­vent sans taxe de sé­jour (*).

Concur­rence dé­loyale pure et simple pour les hô­te­liers, las­sés de voir la clien­tèle leur pré­fé­rer des lo­ca­tions pri­vées. Et Pierre Der­vieux, di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices de la Ville, leur donne rai­son : « Au dé­but, les lo­ca­tions via In­ter­net étaient anec­do­tiques, mais elles se sont dé­ve­lop­pées de fa­çon ex­po­nen­tielle. Ce n’est pas nor­mal que la concur­rence n’ait au­cune obli­ga­tion dans ce do­maine ».

« Les au­to­ri­tés ne sont pas bêtes »

Pour fa­ci­li­ter les dé­marches, la mu­ni­ci­pa­li­té a donc op­té pour un sys­tème de dé­cla­ra­tion et de paie­ment en ligne (**), mis en place de­puis quelques mois. Sur la base de la bonne foi des loueurs. Mais sans se leur­rer.

Alors elle a aus­si dé­ci­dé de par­tir à la chasse aux mau­vais payeurs. Avec ce leit­mo­tiv : la taxe de sé­jour pour tous. « C’est une obli­ga­tion par­tout », in­siste Pierre Der­vieux.

Jacques Tar­rit, pro­prié­taire « d’une mai­son clas­sée trois étoiles et de deux stu­dios non clas­sés » à Vi­chy, le sait. Il a d’ailleurs dé­ci­dé de jouer le jeu dès le dé­but. Dès la mise en lo­ca­tion de ses biens, sur Abri­tel, il les a dé­cla­rés à la mai­rie. Et il donne aux tou­ristes, par­mi un flo­ri­lège de bons plans lo­caux, la ré­gle­men­ta­tion en la ma­tière. « Les au­to­ri­tés ne sont pas bêtes, elles peuvent vé­ri­fier », sou­rit le Vi­chys­sois. Il a rai­son.

Si­mu­la­tion

« Ça vient pe­tit à pe­tit. Nous avons 90 pro­prié­taires ins­crits, sur les quelque 300 que compte la ville, pour­suit Pierre Der­vieux. Alors nous pro­cé­dons à des contrôles par son­dages, et à d’autres plus ci­blés. Nous pre­nons des hé­ber­geurs au ha­sard, nous si­mu­lons une ré­ser­va­tion, et on vé­ri­fie si on doit payer la taxe de sé­jour ou pas. » Pro­cé­ dure né­ces­saire, d’au­tant « qu’on sol­li­cite Airbnb pour qu’il nous donne la liste des loueurs à Vi­chy, mais il re­fuse. »

« Au­jourd’hui ré­sume Pierre Der­vieux, il n’y a plus d’ex­cuse pour ne pas le faire. Et je rap­pelle que c’est une obli­ga­tion. Au bout, il peut y avoir sanc­tion, avec une amende, et le rap­pel des sommes dues. Ça fait no­tam­ment par­tie des ré­ponses ap­por­tées à l’hô­tel­le­rie. »

De son cô­té Jacques Tar­rit ne com­prend par les loueurs ré­frac­taires. « Si on est en règle, il y a 70 % d’abat­te­ment sur les im­pôts. Et puis les gens ne veulent pas payer une taxe à une col­lec­ti­vi­té, mais ils ac­ceptent de le faire pour des frais et un gros pour­cen­tage du coût de la lo­ca­tion à des sites in­ter­net pri­vés. » Pour contrer la stra­té­gie des poids lourds de la lo­ca­tion tou­ris­tique, lui a donc dé­ci­dé de créer son propre site. Prêt à payer, mais pas à n’im­porte quel prix…

PHO­TO VIC­TO­RIA PULIDO

CONSCIENCIEUX. Jacques Tar­rit in­clut tou­jours la taxe de sé­jour dans le prix de la lo­ca­tion de ses biens, et laisse le do­cu­ment ad­mi­nis­tra­tif à dis­po­si­tion pour les usa­gers.

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