Le dé­li­cat pro­blème des mi­neurs iso­lés

Fa­ci­li­ter l’in­ser­tion des ré­fu­giés, su­jet d’une jour­née d’études

La Montagne (Vichy) - - Région - (*) Ins­ti­tut du tra­vail so­cial de la ré­gion Au­vergne.

Au terme d’in­té­gra­tion, Jacques Ba­rou pré­fère ce­lui d’in­ser­tion. Cet uni­ver­si­taire spé­cia­liste de l’im­mi­gra­tion a dé­mon­tré toute la complexité d’une tra­gé­die pla­né­taire, hier à l’ITSRA Au­vergne (*) à Cler­mont­Fer­rand.

S’y te­nait une jour­née d’in­for­ma­tions et de réflexions créée par la Cor­ra (Co­or­di­na­tion ré­fu­giés Rhône­Alpes­Au­vergne) et mise sur pied par l’as­so­cia­tion d’aide so­ciale CeC­ler.

Était pré­sente une cen­taine d’ac­teurs voués à l’ac­cueil des ré­fu­giés sur la ré­gion Au­vergne­Rhô­neAlpes. Ils par­ti­ci­paient à un état des lieux col­lec­tif ré­su­mé par une in­ter­ro­ga­tion : « Com­ment fa­ci­li­ter l’in­ser­tion des bé­né­fi­ciaires de la pro­tec­tion in­ter­na­tio­nale ». Jacques Ba­rou a cla­ri­fié la ques­tion en la si­tuant dans son contexte his­to­rique. « Dix-sept ans dans des camps »

L’an­thro­po­logue et so­cio­logue, en­sei­gnant à Gre­noble et à Lyon, a fait ob­ser­ver que les vagues mi­gra­toires étaient ré­ci­di­vantes de­puis la Ré­vo­lu­tion. Il a sou­te­nu qu’en dé­pit de la hausse ac­tuelle de l’im­mi­gra­tion (85.000 de­man­deurs d’asile en 2016 en France), Au­vergne­Rhône­Alpes (7.611 ré­fu­giés en 2015) avait du ré­pon­dant compte te­nu de la mul­ti­pli­ci­té de ses centres d’ac­cueil. Après l’Ile­de­France qui concentre 20.000 ré­fu­giés, la ré­gion se­rait la deuxième terre d’hospitalité pour les der­niers ar­ri­vants : Sy­ riens, Ira­kiens et Sou­da­nais.

« Nous avons af­faire à des per­sonnes qui ont vé­cu en moyenne dix­sept ans dans des camps. En si­tua­tion de dé­pen­dance, ils connaissent des dif­fi­cul­tés de co­ha­bi­ta­tion dans les centres d’ac­cueil ». Jacques Ba­rou pointe l’in­adap­ta­tion de cer­tains de ces centres où on par­tage toi­lettes et cui­sines entre groupes eth­ni­ ques. « Des ap­par­te­ments se­raient mieux adap­tés ».

Mais le pro­blème le plus pres­sant est ce­lui des mi­neurs iso­lés, 8.400 re­cen­sés en France âgés de 16 à 18 ans, dont 20 % souffrent de stress post­traumatique. Faute de médecins spé­cia­listes, beau­coup dé­ve­loppent des « conduites agres­sives et de re­fus ».

PHO­TO FLO­RIAN SA­LESSE

SÉ­QUELLES. On a re­cen­sé 8.400 mi­neurs iso­lés ré­fu­giés en France. 20 % souffrent de stress post-traumatique après ce qu’ils ont vé­cu et en­du­ré.

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