Valls acte sa rup­ture avec le PS

La Montagne (Vichy) - - France & Monde -

L’an­cien Pre­mier mi­nistre Ma­nuel Valls a ac­té hier son di­vorce avec le PS, un par­ti où il mi­li­tait de­puis 37 ans, et re­joint les rangs de la ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle à l’As­sem­blée na­tio­nale. « Une par­tie de ma vie po­li­tique s’achève. Je quitte le Par­ti so­cia­liste ou le Par­ti so­cia­liste me quitte », il en­tend sié­ger « dans la ma­jo­ri­té » d’Em­ma­nuel Ma­cron.

Se­lon une source par­le­men­taire, Ma­nuel Valls re­joint comme dé­pu­té ap­pa­ren­té le groupe La Ré­pu­blique en Marche. Son in­té­gra­tion a été ap­prou­vée par un vote à main le­vée des dé­pu­tés LREM hier ma­tin. L’an­nonce de Ma­nuel Valls conclut de fa­çon lo­gique une tra­jec­toire en­ta­mée de longue date et sanc­tionne aus­si son échec à mettre sur pied un groupe de centre­gauche en ap­pui de la ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle. Il y a quelques an­nées, il avait dé­jà plai­dé pour un chan­ge­ment de nom du PS.

Bat­tu en jan­vier à la pri­maire de la « Belle Al­liance po­pu­laire », Ma­nuel Valls avait sou­te­nu Em­ma­nuel Ma­cron avant le pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, aux dé­pens du vain­queur de la pri­maire Be­noît Ha­mon. Une « tra­hi­son » vi­ve­ment condam­née par ses ca­ma­rades et qui lui avait va­lu d’être dé­fé­ré de­vant la com­mis­sion des conflits du par­ti dé­but avril.

In­ter­ro­gé le 8 juin sur une éven­tuelle ex­clu­sion de l’an­cien Pre­mier mi­nistre so­cia­liste, le pre­mier se­cré­taire du PS JeanCh­ris­tophe Cam­ba­dé­lis avait an­non­cé par avance le dé­part de Ma­nuel Valls : « Je crois qu’il a dé­ci­dé de ne plus être au PS, donc la ques­tion ne se po­se­ra plus dans quelques se­maines », avait­il confié à Buzz­feed. Une « voix ré­pu­bli­caine à gauche »

L’an­cien Pre­mier mi­nistre, après avoir bri­gué en vain l’in­ves­ti­ture de LREM, s’était pré­sen­té en « homme libre » aux lé­gis­la­tives, qu’il a rem­por­tées d’un che­veu face à la can­di­date LFI Fa­ri­da Am­ra­ni. Celle­ci a an­non­cé qu’elle dé­po­se­rait un re­cours de­vant le Conseil consti­tu­tion­nel au­jourd’hui.

Le dé­pu­té de l’Es­sonne, qui avait an­non­cé qu’il sié­ge­rait sur « les bancs de la gauche », et qui a ca­res­sé pen­dant plu­sieurs mois le pro­jet de consti­tuer avec ses proches un groupe de dé­pu­tés « so­ciaux­dé­mo­crates » fai­sant le pen­dant du MoDem au cô­té de LREM, n’est fi­na­le­ment pas par­ve­nu à ses fins.

La Ré­pu­blique en Marche ne lui a pas fa­ci­li­té la tâche, pré­sen­tant des can­di­dats face à la qua­si­to­ta­li­té de ses proches : Ma­lek Bou­tih, Ju­liette Méa­del, An­dré Vio­la, Phi­lippe Dou­cet, Da­vid Habib, Oli­vier Dus­sopt. Seuls ces deux der­niers ont été élus, mais ils n’étaient pas pour au­tant prêts à quit­ter le groupe PS.

Quel rôle joue­ra Ma­nuel Valls dans la fu­ture ma­jo­ri­té ? « Je sais qu’il n’au­ra pas un rôle émi­nent, il ne l’a pas sou­hai­té et au­jourd’hui la nou­velle gé­né­ra­tion de La Ré­pu­blique en Marche ne l’ac­cueille­rait pas en ce­la », a ré­pon­du le porte­pa­role du gou­ver­ne­ment Ch­ris­tophe Cas­ta­ner. Sur RTL, Ma­nuel Valls a dit son sou­hait d’être le porte­voix d’une gauche « ré­pu­bli­caine ».

PHO­TO AFP

NE LE QUALIFIEZ PLUS DE SO­CIA­LISTE. « Une par­tie de ma vie po­li­tique s’achève. »

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