Pré­ser­vez la pru­nelle de vos yeux

La Montagne (Vichy) - - Magazine -

Pour Marie-Jo, 77 ans, tout a com­men­cé par des « pe­tits pa­pillons » de­vant les yeux, avant qu’ap­pa­raisse une tache noire au centre de sa vi­sion. Comme 1,5 à 2 mil­lions de Fran­çais, elle est at­teinte de DMLA, pre­mière cause de mal­voyance chez les plus de 50 ans.

Cette ma­la­die est au coeur des Jour­nées na­tio­nales de la ma­cu­la (de lun­di à au­jourd’hui). Leur but : in­for­mer et en­cou­ra­ger le dé­pis­tage, non seule­ment de la DMLA mais aus­si de la ma­cu­lo­pa­thie dia­bé­tique (400.000 cas) et de l’oc­clu­sion vei­neuse ré­ti­nienne.

Le point com­mun de ces ma­la­dies ? Elles touchent la ma­cu­la, mi­nus­cule zone de la ré­tine es­sen­tielle à la vi­sion des dé­tails. Les dé­pis­ter tôt per­met de frei­ner leur évo­lu­tion.

La DMLA (Dé­gé­né­res­cence ma­cu­laire liée à l’âge) est l’af­fec­tion la plus ré­pan­due. « Elle concerne 8 % des plus de 65 ans et 30 % des plus de 75 ans : c’est la pre­mière cause de cé­ci­té dans les pays in­dus­tria­li­sés », ex­plique le pro­fes­seur Éric Souied.

Chef du ser­vice oph­tal­mo­lo­gie à l’hô­pi­tal in­ter­com­mu­nal de Cré­teil et pré­sident de la Fé­dé­ra­tion France ma­cu­la, il sou­ligne que le nombre de pa­tients est ap­pe­lé à aug­men­ter à cause du vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion. In­jec­tions

Les ma­lades at­teints de DMLA ne sont jamais com­plè­te­ment aveugles, ils ne sont pas plon­gés dans un noir to­tal. Mais une tache sombre s’ins­tal­ le au centre de la vi­sion et peut les han­di­ca­per dans les actions du quo­ti­dien : lire, écrire, voir les vi­sages ou re­con­naître les dé­tails.

Marie­Jo Simon, une re­trai­tée isé­roise, s’est aper­çue à l’au­tomne 2015 qu’elle voyait « des pe­tites choses pa­pillon­ner » quand elle condui­sait.

« J’ai d’abord pen­sé à la ca­ta­racte. Un ou deux mois après, une tache noire est ap­pa­rue. J’ai en­core at­ten­du. Fi­na­le­ment, je suis al­lée consul­ter en mars sui­vant : c’était la DMLA », ra­conte­t­elle.

C’est son oeil droit qui est at­teint : « On m’a dit qu’on n’était pas sûr de le sau­ver car j’étais ve­nue tar­di­ve­ment ».

De­puis, elle su­bit dans l’oeil tou­ché des in­jec­tions men­suelles d’un mé­di­ca­ment des­ti­né à ju­gu­ler l’évo­lu­tion de la ma­la­die.

Outre la fa­meuse tache sombre, la vi­sion dé­for­mée des lignes droites est un autre symp­tôme de la DMLA. Sau­mon-épi­nards

Les trai­te­ments par in­jec­tion, comme ce­lui que suit Marie­Jo, ne conviennent qu’à l’une des deux formes de la ma­la­die : la DMLA dite hu­mide. Ils per­mettent de la sta­bi­li­ser dans 95 % des cas, se­lon le pro­fes­seur Souied. L’autre forme, dite « sèche », est en­core in­cu­rable.

Une ali­men­ta­tion riche en omé­ga 3 et en lu­téine peut ai­der à pré­ve­nir l’apparition de ces ma­la­dies. « Le me­nu­type, c’est sau­mon­épi­nards ou bro­co­lis, deux fois par se­maine », conseille Eric Souied.

© LE PO­PU­LAIRE DU CENTRE

DÉ­PIS­TAGE. Pour frei­ner l’évo­lu­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.