Ar­chive ouvre le fes­ti­val Eu­ro­pa­vox ce soir !

La Montagne (Vichy) - - Le Fait Du Jour - Simon An­tho­ny

C’est par­ti Après les ma­gni­fiques Last Sha­dow Pup­pets l’an pas­sé, c’est Ar­chive qui ouvre Eu­ro­pa­vox ce jeu­di soir. Ga­ran­tie, sans doute au­cun, d’une soi­rée sous le signe de la classe. Et qui de­vrait ins­tal­ler le fes­ti­val, dont tous les concerts payants af­fichent com­plet, sur de très bons rails.

Ar­chive cé­lèbre ce soir l’ou­ver­ture du fes­ti­val Eu­ro­pa­vox à la Co­opé­ra­tive de Mai à Cler­mont. Le col­lec­tif bri­tan­nique, fin mai, in­co­gni­to ou presque, a pré­pa­ré cette date et plus glo­ba­le­ment la tour­née qui le mè­ne­ra jus­qu’à la fin de l’été avant de re­prendre à l’au­tomne. Le duo his­to­rique, David Pen­ney et Da­rius Kee­ler, a pris le temps de ré­pondre à deux ou trois ques­tions lors de cette stu­dieuse ses­sion de tra­vail (*). ■ Vous avez dé­mar­ré il y a plus de vingt ans… Da­rius Kel­ler. Vingt­trois ans exac­te­ment. Merde. Ça passe vite. David Pen­ney. Comme on es­saie tou­jours d’in­no­ver, on ne se sent pas comme des di­no­saures.

■ Quelle dif­fé­rence entre une tour­née il y a vingt ans et au­jourd’hui ? D.K. L’in­ten­si­té que tu mets. Tu ne peux plus mettre la même au­jourd’hui qu’à 20 ans. D.P. Ig­gy Pop y ar­rive lui (rires). Nos textes étaient un peu in­no­cents au dé­but. Mais on met­tait une telle éner­gie. Au­jourd’hui, on est plus pro­fond… L’équi­libre est dif­fé­rent.

D.K. On ver­ra à 70 ans. Moi, je veux fi­nir comme Neil Young.

D.P. Je viens d’avoir un bé­bé. Et j’ai un fils de 4 ans. Les tour­nées ne sont pas les mêmes. C’est dur d’être loin. Mais je suis aus­si plus concen­tré sur la mu­sique. C’est moins drogue et rock’n’roll. Ce ma­tin, je suis al­lé cou­rir dans la na­ture ici. Tu vois, ce n’est pas rock.

D.K. Moins rock ? Mais si tu passes une soi­rée avec David, il fau­dra t’ac­cro­cher. Là, il sait être rock jus­qu’au pe­tit ma­tin.

D.P. Oui, ben c’est pour ça que je cours. ■ Le concept d’Eu­ro­pa­vox vous plaît ? D.K. C’est gé­nial. On est fier d’être Bri­tan­nique. ■ Et donc, bien­tôt en de­hors de l’Eu­rope. D.K. At­tends, on a en­core une chance de se dé­bar­ras­ser des To­ries (par­ti con­ser­va­teur bri­tan­nique, NDLR). ■ Vous au­rez le temps de res­ter un peu au fes­ti­val ? D.P. Je crois que le len­de­main du con­cert, on est off. J’ai vu la pro­gram­ma­tion, c’est sûr qu’on va al­ler voir quelques groupes. ■ Cer­tains que vous vous re­croi­se­rez sû­re­ment dans d’autres fes­ti­vals sur votre tour­née. D.P. Oui, on fi­nit par lier des ami­tiés. Sur un été, on fi­nit tou­jours par se re­croi­ser. D.K. : Sur­tout dans les fes­ti­vals en France. D.P. : Oui, il y a tou­jours Wood­kids (rires).

■ Com­ment se sont pas­sées les ré­pé­ti­tions ici à Cler­mont ?

D.K. C’est dur. Men­ta­le­ment, c’est très fa­ti­gant. On tra­vaille huit à dix heures par jour pen­dant une se­maine. ■ Ce n’est pas très rock !

D.K. Une fois, on ré­pé­tait au même en­droit que Noël Gal­la­gher (co­fon­da­teur du groupe

Oa­sis) à Londres. Il lui a fal­lu un mois pour ré­pé­ter dix ou douze chan­sons. Nous, on l’a fait en quatre ou cinq jours. Je ne sais pas ce qu’il fai­sait…

David Pen­ney et Da­rius Kee­ler, le duo his­to­rique du col­lec­tif bri­tan­nique ici lors de la ses­sion de tra­vail à Cler­mont il y a quelques se­maines

D.P. Il de­vait dé­pen­ser ses royal­ties…

■ À quel mo­ment sait-on qu’on a fi­ni les ré­pé­ti­tions ? Qu’on est prêt pour la tour­née ? D.K. C’est comme un peintre qui sait quand son ta­bleau est ter­mi­né. Il faut qu’on ait construit un cadre très strict pour être le plus libre pos­sible à l’in­té­rieur. ■ À quoi faut-il s’at­tendre sur scène? D.K. On es­saie de faire quel­ que chose de va­rié. Pour que les gens ne se lassent pas. Dif­fé­rent des autres tour­nées. Et dif­fé­rent tout au long du show. Avec des chan­sons du der­nier al­bum et des titres de nos dé­buts.

D.P. Il y a tou­jours des nou­veaux membres qui in­tègrent le

groupe. On ne s’en­dort pas. On es­saie d’in­no­ver tout le temps. On est plus un col­lec­tif qu’un groupe fi­na­le­ment.

(*) Cette interview a été réa­li­sée avant l’at­ten­tat de Man­ches­ter et avant les lé­gis­la­tives an­ti­ci­pées or­ga­ni­sées le 8 juin der­nier au Royaume­Uni.

PHO­TO­GRA­PHIE DAVID LE­VINE

COL­LEC­TIF. « Il y a tou­jours des nou­veaux membres qui in­tègrent le groupe. On ne s’en­dort pas. On es­saie d’in­no­ver tout le temps ».

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