Vers une nou­velle ré­forme du vieux Bac

La Montagne (Vichy) - - Magazine - Medias - Michel Fillière michel.filliere@cen­tre­france.com

Alors que les as­pi­rants ba­che­liers suaient sur leurs co­pies dans l’es­poir de dé­cro­cher le sé­same le 5 juillet, le mi­nistre de l’Éducation a in­di­qué vou­loir « mus­cler » le Bac en in­tro­dui­sant du contrôle conti­nu. Qu’en pensent nos lec­teurs ?

Sur tous les fronts, Jean­Michel Blan­quer, mi­nistre de l’Éducation na­tio­nale veut main­te­nant « mo­der­ni­ser » le plus em­blé­ma­tique des exa­mens, et le rendre « plus utile ». Notre ba­chot na­tio­nal ne ser­vi­rait donc à pas grand­chose ? En fait, c’est le pré­sident Ma­cron qui n’en veut plus dans sa forme ac­tuelle. S’il tient sa pro­messe, au lieu de 10 à 15 épreuves, les élèves ne pas­se­raient plus que quatre ma­tières obli­ga­toires à l’exa­men de fin d’an­née, les autres étant éva­luées sous forme de contrôle conti­nu.

« Ar­rê­tons de glo­ser sur le Bac qui se­rait don­né parce que le taux de réus­site était de 88,5 % en 2016 ». Si huit can­di­dats sur dix (79,6 %) ont eu le Bac du pre­mier coup, ce n’est pas parce qu’il était fa­cile, mais parce que le ni­veau des can­di­dats est plus éle­vé. Dire qu’au­jourd’hui le Bac ne vaut rien, c’est juste mé­pri­sant pour les jeunes qui passent des heures à ré­vi­ser dans la ca­ni­cule » s’en­flamme

Étienne « confiant en son fu­tur ré­sul­tat. »

Est­ce pour cette rai­son que pour Alexis , « le Bac a tou­jours été un di­plôme sé­lec­tif, et s’il l’est peu­têtre moins qu’avant, à qui la faute ? Réus­sir cet exa­men est va­lo­ri­sant. Dans sa nou­velle forme, il se­ra peut­être plus dif­fi­cile avec cette his­toire de contrôle conti­nu qui va obli­ger les en­sei­gnants à plus de vi­gi­lance, et les élèves à être constants dans le tra­vail, ce qui me pa­raît éga­le­ment très in­té­res­sant même si ce­la ne sup­pri­me­ra pas le stress du ba­cho­tage. »

Qu’en disent les pa­rents ? « Moi, écrit Louis, j’ai pas­sé le Bac dans les an­nées 70, je l’ai ra­té. Ce­la ne m’a pas em­pê­ché de trou­ver du tra­vail. Au­jourd’hui, je pense que si mes en­fants n’ont pas ce di­plôme, leur insertion pro­fes­sion­nelle n’est pas ga­ran­tie. » Et dire qu’en 1964, à peine la moi­tié des pos­tu­lants ont eu ce di­plôme… Pro­fes­seur à la re­traite,

Georges est ca­té­go­rique. « Bien sûr qu’il faut avoir le Bac. Mais je ne suis pas sûr que la va­leur du fu­tur exa­men res­te­ra la même dans tous les ly­cées. Je sais que la sé­lec­tion dans les BTS et les classes pré­pas se fait dé­jà sur la base du dos­sier sco­laire et non du ré­sul­tat au Bac ». La pre­mière ques­tion est de sa­voir si les élèves sont suf­fi­sam­ment pré­pa­rés à en­trer dans l’en­sei­gne­ment se­con­daire. La se­conde mé­rite une ré­flexion plus grande : pour­quoi ls élèves sont re­cru­tés sur APB (*) avant même d’avoir le Bac ? » Des mi­nistres qui croyaient voir trou­vé la « pierre phi­lo­so­phale » pour in­tro­duire une sé­lec­tion à l’en­trée des en­sei­gne­ments su­pé­rieurs ont tous re­cu­lé de­vant les grandes ma­nifs des ly­céens. Sans doute parce qu’en France, l’adage veut que ces jeunes, « c’est comme le den­ti­frice : quand ils sont sor­tis du tube, on ne peut plus les faire ren­trer ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.