Deux centres dans le nord du pays

Le gou­ver­ne­ment contraint de faire bais­ser la pres­sion à Ca­lais et d’amé­lio­rer leur si­tua­tion

La Montagne (Vichy) - - France & Monde -

Le gou­ver­ne­ment, contraint par l’en­ga­ge­ment pré­si­den­tiel de ne plus avoir de migrants « dans les rues », va ou­vrir deux centres dans les Hauts-de-France pour faire bais­ser la pres­sion mi­gra­toire à Ca­lais où les can­di­dats à l’exil sont confron­tés à des « trai­te­ments in­hu­mains ».

«Nous ne vou­lons pas re­com­men­cer les mau­vaises ex­pé­riences du pas­sé et nous ou­vri­rons deux centres as­su­rant l’hé­ber­ge­ment et l’examen des si­tua­tions de ces per­sonnes », a an­non­cé le mi­nistre de l’In­té­rieur, Gé­rard Col­lomb, hier, lors d’une confé­rence de presse, ré­agis­sant à la condam­na­tion de la si­tua­tion des migrants dans le nord du pays par le Conseil d’État (voir ci­contre).

Les deux centres se­ront si­tués à Trois­vaux (Pas­de­Ca­lais) où se trouvent ac­tuel­le­ment une ving­taine de ré­fu­giés se­lon le maire, et Bailleul (Nord). Ils dis­po­se­ront à eux deux de 300 places et de­vraient ou­vrir « dans les dix jours qui viennent ».

« Ab­cès de fixa­tion »

Mais, alors que le pré­sident Em­ma­nuel Ma­cron a pro­mis jeu­di à Or­léans qu’il n’y au­rait « d’ici la fin de l’an­née […] plus per­sonne dans les rues, dans les bois », ces deux centres d’ac­cueil per­met­tront­ils de ré­gler le sort des cen­taines de migrants qui de nou­veau viennent er­rer dans le Ca­lai­sis, avec l’es­poir de ga­gner l’An­gle­terre, huit mois après le dé­man­tè­le­ment de la « Jungle » ?

« On va es­sayer de les per­sua­der qu’ils ne peuvent y ar­ri­ver et que la meilleure so­lu­tion est de pas­ser par ces deux centres », a ex­pli­qué Gé­rard Col­lomb. Le mi­nistre ne veut pas re­voir à Ca­lais ce qu’il avait qua­li­fié en juin d’« ab­cès de fixa­tion », sem­blable à la « Jungle », cet im­mense bi­don­ville qui avait comp­té des mil­liers de migrants jus­qu’à son dé­man­tè­le­ment fin oc­tobre 2016.

Au­jourd’hui, à Ca­lais, il y a « en­vi­ron 350 à 400 migrants », le mi­nistre. Mais une es­ti­ma­tion du rap­por­teur pu­blic du Conseil d’Etat fai­sait état d’un chiffre com­pris entre 400 et 700 per­sonnes, dont une cen­taine de mi­neurs. Un sys­tème d’in­for­ma­tion et de ma­raude se­ra mis en oeuvre par la pré­fec­ture du Pasde­Ca­lais pour ame­ner ces migrants vers les deux nou­veaux centres.

La maire ré­tive

Une fois sur place, les migrants hé­ber­gés se­ront, se­lon les cas, orien­tés vers des centres d’ac­cueil pour de­man­deurs d’asile, fe­ront l’ob­jet d’une pro­cé­dure pré­vue par le rè­gle­ment dit de Du­blin, se ver­ront pro­po­ser une aide au re­tour ou se­ront ex­pul­sés, a dé­taillé Gé­rard Col­lomb.

« Le pré­fet met­tra en place ra­pi­de­ment le dis­po­si­tif le plus adap­té afin d’as­su­rer un meilleur ac­cès à l’eau » pour les migrants, a­t­il pro­mis.

Si les as­so­cia­tions d’aide aux migrants ont ex­pri­mé leur sa­tis­fac­tion, la maire de Ca­lais, Na­ta­cha Bou­chart (LR), a dé­non­cé une « in­jus­tice » et in­di­qué qu’elle ne se plie­rait pas « aux in­jonc­tions ».

Con­fron­té à de graves ac­cu­sa­tions de vio­lences po­li­cières à l’égard des migrants re­cueillies par l’ONG Hu­man Rights Watch, Gé­rard Col­lomb a en outre an­non­cé avoir de­man­dé un rap­port à ses ser­vices sur les condi­tions d’in­ter­ven­tion des forces de l’ordre à Ca­lais, « afin de dis­po­ser d’une vi­sion im­par­tiale de la si­tua­tion ».

PHOTO AFP

PRES­SION. Un sec­teur où la pres­sion mi­gra­toire se res­sent même sur des routes en ap­pa­rence tran­quilles et peu fré­quen­tées.

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