Deux ver­sions pour une ex­pli­ca­tion

Des coups de feu avaient été ti­rés à Saint­Yorre le 31 dé­cembre

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Jean-Bap­tiste Le­dys

En plein jour et en pleine rue, une fu­sillade avait écla­té à Saint-Yorre, le 31 dé­cembre der­nier.

Le mo­bile est clai­re­ment un dif­fé­rend fa­mi­lial au sein de la com­mu­nau­té des gens du voyage. Mais l’homme qui était alors la cible des tirs n’est pas une vic­time comme les autres : dé­te­nu en ca­vale, Ja­son L., dit « Cham­pion », al­lait faire par­ler de lui en en­le­vant son fils Vi­cente à Cler­mont­Fer­rand trois mois plus tard.

Un père et ses trois fils ont été mis en examen pour « ten­ta­tive d’as­sas­si­nat ». Deux des ti­reurs pré­su­més, tou­jours en dé­ten­tion pro­vi­soire, ont de­man­dé leur re­mise en li­ber­té, hier, de­vant la chambre de l’ins­truc­tion de la cour d’ap­pel de Riom. Mais Pa­co et Ja­son L. (un ho­mo­nyme de la vic­time) n’ont pas ob­te­nu gain de cause.

Le père re­con­naît avoir agi, mais seul

Lors de l’au­dience, les ma­gis­trats ont évo­qué les deux ver­sions des faits pré­sen­tées par les dif­fé­rents pro­ta­go­nistes. Ces deux ré­cits sont ra­di­ca­le­ment op­po­sés se­lon que le nar­ra­teur se trouve d’un cô­té ou de l’autre du fu­sil.

Alors qu’il le niait dans un pre­mier temps, Jo­seph L., père des trois autres mis en cause, au­rait re­con­nu être l’au­teur des coups de feu. Mais il as­sure avoir agi seul et avoir fait feu sur une voi­ture vide de tout oc­cu­pant. Ses fils, dit­il, ne l’ont re­joint que dans un se­cond temps.

« Le contexte était très par­ti­cu­lier. Il im­prègne et ex­plique le dé­rou­le­ment de cette af­faire », re­lève Me Mo­ha­med Kha­ni­far, avo­cat des mis en cause. Se­lon le conseil, cette fa­mille de voya­geurs fait de­puis long­temps l’ob­jet de me­naces et surveillance de la part de « Cham­pion ». Et ce jour­là, ce der­nier au­rait pré­ci­sé­ment fait part de son in­ten­tion de pas­ser à l’ac­tion. Alors, pour­suit l’avo­cat, quand l’une des filles de la fa­mille a com­pris qu’elle était sui­vie, pré­ci­sé­ment par ce­lui qu’ils re­doutent tous, le père et les frères se­raient in­ter­ve­nus.

Aux yeux des en­quê­teurs, ce­pen­dant, cette ver­sion pré­sen­tée par les mis en cause est su­jette à cau­tion : en ef­fet, les douilles re­trou­vées sur place pro­viennent de deux armes dif­fé­rentes. Et la vic­time elle­même évoque plu­sieurs ti­reurs.

Un guet-apens se­lon la vic­time

Car « Cham­pion », âgé de 28 ans, a été in­ter­pel­lé le 5 mai der­nier. Il a donc eu l’oc­ca­sion de s’ex­pli­quer sur les tirs dont il dit avoir été la cible et pour les­quels il est au­jourd’hui par­tie ci­vile.

Sa ver­sion des faits dif­fère dans les grandes lar­geurs de celle des mis en cause. Se­lon ce qu’il a pu dé­cla­rer, il se­rait tom­bé dans un guet­apens ten­du par sa belle­fa­mille ce 31 dé­cembre. Il as­sure qu’il se ren­dait alors à un ren­dez­vous fixé par son ex­com­pagne – fille et soeur des ti­reurs pré­su­més – pour lui per­mettre de re­voir ses en­fants.

Mais là en­core, les en­quê­teurs ont du mal à adhé­rer à cette ver­sion.

PHOTO DOMINIQUE PARAT

DÉ­TEN­TION PRO­VI­SOIRE. Deux des quatre mis en examen pour les tirs du 31 dé­cembre ont de­man­dé leur mise en li­ber­té hier. Mais ils n’ont pas été exau­cés.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.