La ligne du Cé­ve­nol, un mu­sée à ciel ou­vert

La Montagne (Vichy) - - Estivités -

L’Al­lier ne ser­pente pas seule dans les gorges. Do­mi­nant la ri­vière et suf­fi­sam­ment « per­chée » pour an­ti­ci­per ses éven­tuelles co­lères, la ligne de che­min de fer, dite du Cé­ve­nol ou des Cé­vennes, suit le cours d’eau, par­fois sur plu­sieurs di­zaines de ki­lo­mètres sans route à proxi­mi­té, comme, par exemple, entre Mo­nis­trol-d’Al­lier et Prades. La construc­tion de la voie fer­rée au XIXe siècle mo­bi­lise plu­sieurs mil­liers d’ou­vriers, entre 6.000 et 7.000 en fonc­tion des sai­son­niers re­cru­tés au gré des be­soins (*). Ils ef­fec­tuent un vé­ri­table tra­vail de for­çat, dans des condi­tions ex­trêmes. Entre Lan­geac et Ville­fort, ils creusent 71 tun­nels qui, avec 5 ga­le­ries cou­vertes, re­pré­sentent plus de 17 km du par­cours en sous-sol. Le plus spec­ta­cu­laire ré­side dans les 24 via­ducs d’au moins 50 mètres de lon­gueur. Sur ce par­cours, les ou­vrages, sauf un en treillis mé­tal­liques sur piles en ma­çon­ne­rie (le via­duc de la Ma­de­leine de 151 mètres de long), sont construits en ma­çon­ne­rie, bâ­tis sur­tout avec des moel­lons de ba­salte. Ce qui im­pres­sionne éga­le­ment, ce sont les murs de sou­tè­ne­ment qui ja­lonnent la ligne. Dé­si­gnés sous le terme de per­rés, ils prennent sou­vent la forme de murs à ar­cades.

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