Le der­nier adieu poi­gnant à Jean Roche

Des mil­liers de per­sonnes ont as­sis­té à ses ob­sèques, hier

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Mat­thieu Per­ri­naud mat­thieu.per­ri­naud@cen­tre­france.com

Ça ne pou­vait être que là. Au centre de Gan­nat, point né­vral­gique du fes­ti­val Les cultures du monde, qu’il avait créé dans les an­nées 70. Là, place du Champ-de-Foire, Jean Roche at­ten­dait ses amis, les yeux dé­fi­ni­ti­ve­ment clos de­puis cette nuit du 29 au 30 juillet, quand de battre son coeur s’est ar­rê­té. À 71 ans.

De­puis, ce­lui de ses amis pleure. Et ils étaient des mil­liers, hier, mas­sés sous un im­mense cha­pi­teau, à se re­cueillir le temps d’un der­nier adieu poi­gnant à ce trou­ba­dour exi­geant et fé­dé­ra­teur, porte­pa­role des folk­lores d’ici et d’ailleurs, chantre de la to­lé­rance et de l’heu­reux mé­lange des genres.

Toi l’Au­ver­gnat…

Ses en­fants, Her­vé, Luc, Jean­Ma­rie, Sla­vek, ont d’abord pris le mi­cro pour conter ce père sin­gu­lier et com­plexe, par­fois ab­sent pour eux quand il était pré­sent pour d’autres, mais tou­jours ins­pi­rant. « C’était mon pa­pa mais son amour al­lait au­de­là. »

Avec sur son dos la ri­chesse de ses ren­contres pla­né­taires et des va­leurs ja­mais bra­dées sur l’au­tel de la fa­ci­li­té. Ce père « comme un chêne, fort, ma­jes­tueux. » Et, noyé dans le cha­grin : « On ne te l’a peut­être ja­mais dit, pa­pa, mais on t’aime, on est fiers de toi. » Avec ce mes­sage, una­nime : « On va conti­nuer l’aven­ture, pa­pa, t’in­quiète pas. »

Place à quelques notes. Une chan­son, évi­dente. L’Au­ver­gnat, de Bras­sens. Avec un sens nou­veau, au mo­ment de tran­cher le si­lence pe­sant se­coué de san­glots re­te­nus.

Et puis au tour de sa der­nière com­pagne et ses deux filles de s’ex­pri­mer, l’émo­tion à fleur de mi­cro. « Il est mort dans nos bras. » En­fin, Jean Pa­chot, pré­sident du co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion du fes­ti­val, a conclu les hom­mages, avant que d’autres notes, celles que Jean Roche af­fec­tion­nait tant, prennent le re­lais. Avec des Bré­si­liens, des Réu­nion­nais, et des lo­caux, évi­dem­ment, dont la Bour­rée Gan­na­toise qu’il avait éga­le­ment fon­dée, en 1965. Au to­tal, une qua­ran­taine de mu­si­ciens pour que la mu­sique dise tout haut ce que les coeurs pensent tout bas.

Jean Roche a en­suite été in­hu­mé dans l’in­ti­mi­té fa­mi­liale.

PHO­TO ÉME­RIC ENAUD

HOM­MAGE. Une foule im­po­sante a as­sis­té aux ob­sèques de Jean Roche, hier.

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