Leur en­fant han­di­ca­pé à vie

Pri­son ferme pour les deux pa­rents toxi­co­manes et vio­lents

La Montagne (Vichy) - - Vichy Vivre Sa Ville - Ni­co­las Jac­quet

Un couple de Vi­chys­sois a été re­con­nu cou­pable de mal­trai­tances sur ses deux en­fants. En jan­vier 2015, le plus jeune, à peine un an, avait été conduit aux ur­gences en état de mort ap­pa­rente.

Lau­rence et Da­vid se sont ren­con­trés en 2010. Lui, père d’un en­fant is­su d’une pré­cé­dente union, est âgé de 28 ans. Elle, 18 ans, sort d’une re­la­tion com­pli­quée avec un toxi­co­mane qui a suc­com­bé à une over­dose.

En­semble, ils construisent une his­toire pas­sion­nelle et des­truc­trice sur fond d’al­cool, de can­na­bis, de co­caïne et d’hé­roïne. De leur union naît un en­fant, en juin 2012, après un dé­ni de gros­sesse. Le couple n’était pas prêt.

Lau­rence et Da­vid sont au chô­mage et ha­bitent Vi­chy. Ils per­çoivent le RSA mais consacrent entre 200 et 300 € par mois pour leur consom­ma­tion de stu­pé­fiants.

Un deuxième en­fant ar­rive en dé­cembre 2013. Com­mence alors une longue des­cente aux en­fers.

Le nou­veau né et son frère, 18 mois, sont li­vrés à eux­mêmes. Les re­pas ne sont pas ré­gu­liers et le bain est don­né une à deux fois par… mois. Le sui­vi mé­di­cal n’est plus as­su­ré, les car­nets de san­té re­trou­vés par la po­lice n’étaient plus rem­plis de­puis un bon mo­ment.

« Pour ne pas qu’on ne soit pas em­bê­tés », concède la ma­man après les ques­tions de la pré­si­dente du tri­bu­nal.

Le 12 jan­vier 2015, Lau­rence ap­pelle les pom­piers : le pe­tit der­nier se­rait tom­bé du ca­na­pé. « Dès sa prise en charge, avec une tem­pé­ra­ture cor­po­relle de 32 °C, le pe­tit gar­çon est dé­cla­ré en état de mort ap­pa­rente. Mais, mal­gré ses 6 kg pour 12 mois, il s’en sort. Il est au­jourd’hui ti­ré d’af­faire mais ne mar­che­ra ja­mais nor­ma­le­ment et gar­de­ra des lé­sions à vie », ex­plique l’avo­cate de la par­tie ci­vile.

L’en­quête ne met pas long­temps à ré­vé­ler ce qu’il s’est réel­le­ment pro­duit : les en­fants su­bissent des vio­lences ré­cur­rentes.

À la barre, les pa­rents, sé­pa­rés de­puis, re­con­naissent les faits. « Oui je l’ai frap­pé, de­puis ses 6 mois, convient le père. Je ne sup­por­tais pas qu’il pleure. »

Des traces de sang

La drogue a­t­elle eu une in­fluence ? « Oui clai­re­ment, ré­pond­il à la pré­si­dente. Je re­grette ce que j’ai fait à mes en­fants. »

Les traces de sang re­trou­vées par les en­quê­teurs sur des draps et les bords du lit de l’en­fant té­moignent de la vio­lence des coups.

Da­vid a été condam­né à 5 ans de pri­son dont 24 mois de sur­sis avec mise à l’épreuve. Lau­rence à 42 mois dont 18 mois de sur­sis avec mise à l’épreuve. Leur au­to­ri­té pa­ren­tale a été re­ti­rée pour les deux en­fants. Ils doivent aus­si ver­ser 15.000 € à chaque en­fant pour le pré­ju­dice.

« Je ne sup­por­tais pas qu’il pleure »

IL­LUS­TRA­TION DO­MI­NIQUE PARAT

TRI­BU­NAL. Le ver­dict est tom­bé après 45 mi­nutes de dé­li­bé­ra­tion.

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