Re­mue­mé­nage dans l’hé­mi­cycle

Des coups, des couacs et des codes bous­cu­lés : une pre­mière ses­sion pour le moins agi­tée

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

« Il y en a des bons, ils vont mon­ter en puis­sance » Da­mien Adam (REM)

Des nou­velles têtes, un Con­grès, des couacs, des coups d’éclat et des pro­jets phares dé­jà adop­tés : la pre­mière ses­sion à l’As­sem­blée de l’ère Ma­cron, qui s’achè­ve­ra for­mel­le­ment mer­cre­di, au­ra été ani­mée.

Fin juin, plus de 420 pri­mo­dé­pu­tés (sur 577) entrent au Pa­lais­Bour­bon. Ils pro­voquent un peu de confu­sion, jus­qu’à la bu­vette où un « pauvre huis­sier » fait en­trer tout le monde, « in­ca­pable de faire le tri entre dé­pu­tés et col­la­bo­ra­teurs » du même âge.

Entre sel­fies dans l’hé­mi­cycle et vo­ca­bu­laire (« trol­ler » chez les In­sou­mis ou « im­plé­men­ta­tion » cô­té REM), les codes sont bous­cu­lés. Idem pour les te­nues : la­val­lière de Cé­dric Villa­ni (REM), cos­tume po­ly­né­sien la­va­la­va de Moe­tai Bro­ther­son, et sur­tout, ab­sence de cra­vates des In­sou­mis, en­suite of­fi­ciel­le­ment au­to­ri­sée.

Pas le temps de s’ins­tal­ler pour les sept groupes, nombre re­cord : la cam­pagne pour les postes clés dé­marre. L’élec­tion au poste stra­té­gique de ques­teur du Construc­tif Thier­ry So­lère, avec des voix REM, dé­clenche une pre­mière crise. In­di­gna­tion des LR (pre­mier groupe d’op­po­si­tion en nombre), au­quel le poste de­vait re­ve­nir.

Fran­çois de Ru­gy, ex­éco­lo­giste pas­sé à REM, dé­croche le pres­ti­gieux « per­choir » face à deux « mar­cheuses » ex­PS, prô­nant une As­sem­blée plus « mo­derne ».

« Go­dillots » sans ca­pi­taine ? Fort de 314 membres, le groupe REM – al­lié à un MoDem qui a fait en­tendre sa mu­sique – agace l’op­po­si­tion, qui dé­nonce « go­dillots » ou « ro­bots » prompts à tout vo­ter. « Il fau­drait hur­ler dans l’hé­mi­cycle ? Re­pro­duire tous les com­por­te­ments que nous dé­non­cions hier ? », se dé­fend Au­rore Ber­gé, dé­pu­tée REM des Yve­lines. L’op­po­si­tion épingle aus­si la pré­sence « in­ter­mit­tente » du chef de file Richard Fer­rand.

Pour le com­mu­niste An­dré Chas­saigne, la « mo­saïque » REM « né­ces­si­te­rait un ti­mo­nier fixant le cap ». L’In­sou­mis Éric Co­que­rel pro­nos­tique une te­nue du groupe « à terme mis­sion im­pos­sible », car « la di­ver­si­té va fi­nir par per­cer », des failles étant dé­jà ap­pa­rues à l’oc­ca­sion des textes sur la mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique. Mais, pour Da­mien Adam (REM), il n’y a « pas de dif­fi­cul­tés » Fer­rand, « sim­ple­ment une courbe d’ap­pren­tis­sage du groupe ». « Il y en a des bons, ils vont mon­ter en puis­sance », pro­nos­tique un té­nor de gauche.

« Bi­zu­tage ». Ten­sions sur des prises de pa­role et entre ma­jo­ri­té et op­po­si­tions sont al­lées cres­cen­do, contrai­gnant par­fois Fran­çois de Ru­gy à re­ve­nir au « per­choir », où des vice­pré­si­dents no­vices étaient un peu dé­bor­dés. « Bi­zu­tage », se­lon le pré­sident. Sur les lois de mo­ra­li­ sa­tion, les in­ci­dents se sont mul­ti­pliés, en­traî­nant d’in­ces­sants rap­pels au rè­gle­ment.

Après une séance noc­turne par­ti­cu­liè­re­ment hou­leuse fin juillet, le pa­tron des dé­pu­tés so­cia­listes­Nou­velle Gauche Oli­vier Faure a même dé­non­cé une As­sem­blée « ri­di­cule », les REM ren­voyant la res­pon­sa­bi­li­té aux op­po­si­tions.

Deux textes phares, deux scé­na­rios. Scé­na­rio clair sur la loi tra­vail : In­sou­mis et com­mu­nistes ont oc­cu­pé le ter­rain, dans un face­à­face sou­vent ten­du avec REM. À tel point qu’un Construc­tif s’est ému dans l’hé­mi­cycle d’être quelque peu « igno­ré ». Sur les lois de mo­ra­li­sa­tion, autre pro­jet phare, les op­po­si­tions ont été croi­sées, bas­cu­lant par mo­ments dans une que­relle entre « an­ciens » et « mo­dernes ».

Op­po­si­tion dis­per­sée. Les Ré­pu­bli­cains, sé­pa­rés des Cons­truc­tifs, et qui voient sié­ger au gou­ver­ne­ment plu­sieurs ex­col­lègues, dont Édouard Phi­lippe, ont par­fois cher­ché leur ligne. « Frus­tra­tion » pour Nou­velle Gauche, même si Oli­vier Faure vante « une am­biance très nou­velle » entre des gens s’étant « par­fois em­paillés » au­pa­ra­vant, mais ayant com­pris après leur « échec cui­sant » de­voir « agir dif­fé­rem­ment ».

Les In­sou­mis – qui ont boy­cot­té le Con­grès convo­qué par Em­ma­nuel Ma­cron – se sont illus­trés dans la rue, sur les ré­seaux so­ciaux et par des hap­pe­nings dans l’hé­mi­cycle : Code du tra­vail bran­di pour dé­non­cer la ré­forme, ou 5 eu­ros de conserves et autres pa­quets de pâtes contre la baisse des APL…

Les com­mu­nistes, au style plus dis­cret mais forts de nou­velles voix, s’af­fichent aus­si dé­ter­mi­nés. Les FN, dé­pour­vus de groupe, ont été peu au­dibles. Leur chef de file, Ma­rine Le Pen, traîne « sa mi­sère », se­lon un té­nor de la ma­jo­ri­té.

PHO­TO AFP

MAU­VAIS ÉLÈVE ? Se­cré­taire d’Etat aux Re­la­tions avec le Par­le­ment, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner a été « épin­glé » pour son ab­sence lors des dé­bats.

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