La Loire, chef­d’oeuvre du gé­nie hu­main

Le Val de Loire est un pay­sage cultu­rel fa­çon­né par des siècles d’in­ter­ac­tion entre le fleuve royal, les terres qu’il ir­rigue et qu’il fa­çonne et les po­pu­la­tions qui s’y sont éta­blies tout au long de l’his­toire.

La Montagne (Vichy) - - Magdimanche - Ka­tia Beau­pe­tit ka­tia.beau­pe­tit@cen­tre­france.com

C’est l’un des pre­miers grands ter­ri­toires à avoir été ins­crit au Pa­tri­moine mon­dial de l’Unesco. Le 30 no­vembre 2000, l’Or­ga­ni­sa­tion des Na­tions Unies pour l’édu­ca­tion, la science et la culture re­con­nais­sait, en ef­fet, la va­leur uni­ver­selle et ex­cep­tion­nelle des 280 km du fleuve entre Sul­ly­surLoire (Loi­ret) et Cha­lonnes­sur­Loire (Maine­etLoire). Mais bien plus que le fleuve seul, c’est l’al­chi­mie de trois cri­tères qui a per­mis l’ins­crip­tion du site comme « chefd’oeuvre du gé­nie créa­teur hu­main ». « Cette por­tion a en ef­fet été clas­sée pour trois rai­sons », ex­plique Isa­belle Lon­guet, di­rec­trice de la Mis­sion Val de Loire. La pre­mière, qui est aus­si la prin­ci­pale, est le pay­sage cultu­rel. À sa­voir que sont aus­si ins­crites les plaines qui le bordent, soit une bande de 3 à 5 km de large, où les hommes vivent de­puis 2.000 ans.

Une ar­chi­tec­ture ver­na­cu­laire

« La deuxième rai­son est la qua­li­té ar­chi­tec­tu­rale des villes telles Or­léans, Blois, Tours (pho­to de gauche, en haut) et Sau­mur, sans ou­blier le châ­teau de Chambord, clas­sé dès 1983 et qui a de­puis été in­té­gré à cette ins­crip­tion plus glo­bale. » La troi­sième et der­nière rai­son est en­fin un cri­tère his­to­rique. « L’ins­tal­la­tion de la cour royale à la Re­nais­sance a gé­né­ré la construc­tion de châ­teaux, ma­noirs et vil­lages à l’ar­chi­tec­ture ver­na­cu­laire. Le siècle des Lu­mières est l’autre pé­riode re­te­nue car le 18e siècle a per­mis l’apo­gée de la Loire comme axe de com­mu­ni­ca­tion et de tran­sport. Les pre­miers ponts et ports en pierre tels

qu’on les connaît au­jourd’hui ap­pa­raissent à la place des cales en herbe », pré­cise en­core Isa­belle Lon­guet.

Des joyaux

Et la liste de ces centres d’in­té­rêt est longue. Outre les in­con­tour­nables châ­teaux de Villan­dry, Blois… et les centres his­to­riques des villes tra­ver­sées par le fleuve royal, la Mis­sion Val de Loire re­lève des pay­sages moins connus mais à consi­dé­rer tout au­tant comme des joyaux. « Il y a par exemple ce co­teau entre Azay­le­Ri­deau et Li­gnières­de­Tou­raine qui sur­plombe la basse val­lée de l’Indre et celle du vieux Cher. On peut éga­le­ment in­di­quer la pres­qu’île de Ber­the­nay, où les vil­lages ont gar­dé un ca­rac­tère li­gé­rien par­ti­cu­lier. Il y a en­core le vil­lage de Candes­Saint­Mar­tin, le port de Mont­so­reau, Sau­mur et son front ur­bain… Plus à l’est, entre Sul­ly et Châ­teau­neuf, proche de l’ab­baye de Saint­Be­noît qui est l’une des plus an­ciennes de France, la Loire n’est pas tout à fait pa­reille qu’ailleurs. Ici le fleuve est beau­coup plus na­tu­rel… »

PHO­TO P. PROUST

SAINT-BE­NOÎT-S/LOIRE. La Loire n’est pas un fleuve sau­vage, l’homme l’ayant mo­de­lé de­puis 2.000 ans.

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