Sous les masques une farce tout pu­blic

La com­pa­gnie les Fous Mas­qués joue « Ham­let Cir­cus » en­core dans quatre vil­lages de l’Al­lier

La Montagne (Vichy) - - Estivités - Fa­bienne Fau­rie

Ham­let, prince du Da­ne­mark, fou de ven­geance de­vient « Ham­let Cir­cus » avec la com­pa­gnie des Fous mas­qués. Un spec­tacle iti­né­rant à sa­vou­rer jus­qu’à fin août.

Cour de ferme ou de châ­teau, place pu­blique, ter­rasse ou es­pla­nade… au­tant de lieux dont s’em­pare avec al­lé­gresse la com­pa­gnie des Fous mas­qués pour don­ner chair au ré­per­toire clas­sique. La com­pa­gnie de théâtre, ins­tal­lée à Chan­telle de­puis 2013, s’em­pare des textes pour les faire siens avec « l’ex­tra­va­gance et l’es­piè­gle­rie » qui signe sa marque de fa­brique.

Quatre ac­teurs vingt per­son­nages

De­puis le dé­but de l’été, Les Fous mas­qués sillonnent le dé­par­te­ment de l’Al­lier où ils dé­masquent leur der­nier cru : « Ham­let Cir­cus », une adap­ta­tion d’« Ham­let » de Sha­kes­peare.

Que tous ceux qui se­raient ten­ter de bailler face à du Sha­kes­peare se ras­surent : l’adap­ta­tion est fan­tasque, tru­cu­lente, le jeu ba­roque proche de ce­lui de la ba­raque de foire. Les quatre ac­teurs, sous leurs masques sculp­tés, per­ruques et ma­quillages ont le don de mul­ti­plier les per­son­nages, une ving­taine au to­tal, dans une suc­ces­sion de ta­bleaux où la tra­gé­die dé­verse ses rimes et re­bon­dit sur la farce. « Ham­let Cir­cus » mêle in­trigues amou­reuses ou po­li­tiques, ques­tions exis­ten­tielles et com­bats épiques. Les Fous mas­qués bous­culent les sens, l’ima­gi­na­tion des spec­ta­teurs avec force pan­to­mime, chan­sons, im­pro­vi­sa­tions, tout en étant fi­dèles à la trame de la pièce de Sha­kes­peare.

Du­rant plus d’une heure le pu­blic est im­mer­gé dans cette fo­lie lé­gen­daire cô­toyant Ham­let, Ophé­lie, le cham­bel­lan Po­lo­nius… rai­son et fo­lie, ordre et désordre, tra­gé­die et co­mé­die. « La ges­tuelle, les pos­tures, le co­mique de si­tua­tion, un dé­cor simple au maxi­mum, des tré­teaux, des caisses de bois, des guir­landes de lu­mière, les masques gro­tesques réa­li­sés sur me­sure par Étienne Cham­pion, nous per­mettent de bas­cu­ler dans la farce, sou­ligne Hen­ri Alexandre, co­mé­dien. Et, grâce à ce­la de rendre Sha­kes­peare ac­ces­sible à tous. Les textes clas­siques de Mo­lière ou Sha­kes­peare ré­sonnent dans l’ima­gi­naire col­lec­tif et entrent en ré­so­nance avec la pé­riode ac­tuelle. On conçoit nos spec­tacles en lais­sant place à l’im­pré­vu, lié au jeu en plein air. »

PHO­TO CÉ­CILE CHAM­PA­GNAT

JEU TRUCULENT. L’amour, le pou­voir, l’ar­gent sont in­tem­po­rels. Tra­gé­die et farce. Comme avec « Ham­let Cir­cus » adap­té de Sha­kes­peare par la com­pa­gnie Les Fous Mas­qués.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.