Trois pho­to­gra­phies de Liu Bo­lin ont été dé­ro­bées

L’oeuvre de l’ar­tiste chi­nois am­pu­tée sur l’es­pla­nade du lac d’Al­lier

La Montagne (Vichy) - - La Une - Fa­bienne Fau­rie

Ex­po­sée de­puis le 16 juin et jus­qu’au 10 sep­tembre, sur l’es­pla­nade du lac d’Al­lier, à Vi­chy, dans le cadre du fes­ti­val Portrait(s) la sé­rie de soixante pho­to­gra­phies de Liu Bo­lin, a été am­pu­tée de trois por­traits.

Lui Bo­lin, pho­to­graphe chi­nois, qui uti­lise la tech­nique du ca­mou­flage pour ex­pri­mer son mes­sage de ré­sis­tance était heu­reux lors du ver­nis­sage, le 16 juin der­nier, à Vi­chy, de dé­cou­vrir la ré­tros­pec­tive qui lui était consa­crée pour la pre­mière fois en France, grâce au fes­ti­val Portrait(s).

Trois pho­tos grand for­mat

Si de­puis quatre édi­tions de ce ren­dez­vous pho­to­gra­phique de la ville de Vi­chy, le res­pect des oeuvres avait pré­va­lu, pour cette cin­quième édi­tion, ce n’est plus le cas. Trois pho­to­gra­phies grand for­mat (100 x 130) ont été dé­ro­bées sur l’es­pla­nade du lac d’Al­lier entre mer­cre­di et di­manche. Il s’agit des oeuvres sui­vantes : « Red door », Ground zé­ro » et « Temple of even ».

La ville de Vi­chy qui a por­té plainte dé­plore « que de tels actes re­mettent en cause cette ini­tia­tive ar­tis­tique et em­pêchent les Vi­chys­sois et les tou­ristes de dé­cou­vrir l’en­semble de la ré­tros­pec­tive de l’ar­tiste chi­nois mon­dia­le­ment connu. »

« Ces pho­tos ont été spé­ci­fi­que­ment ti­rées pour l’ex­po­si­tion, elles n’ont pas de va­leur mar­chande, sou­ligne Ka­rim Bou­laya, co­com­mis­saire de l’ex­po­si­tion Portrait(s). C’est un pré­ju­dice double : ar­tis­tique et fi­nan­cier. En ef­fet, l’oeuvre de Liu Bo­lin se re­trouve am­pu­tée et le ti­rage et le sys­tème sé­cu­ri­sé des pho­tos col­lées a un coût. De plus, il est qua­si­ment sûr que l’in­té­gri­té des pho­tos dé­ro­bées n’a pas pu être pré­ser­vée lors de leur ar­ra­chage. Nous avons fait le choix du qua­li­ta­tif avec des ti­rages grand for­mat au lieu d’une im­pres­sion sur bâche. Or, de tels actes pour­raient nous obli­ger à l’ave­nir, à plus de sé­cu­ri­té au dé­tri­ment de la mise en va­leur es­thé­tique de l’oeuvre. »

PHOTO EME­RIC ENAUD

VIDE. Hier, des pas­sants s’éton­naient de trou­ver des cadres vides sur l’es­pla­nade du lac d’Al­lier à la place des trois pho­tos qui ont été dé­ro­bées : « Red door », « Ground zé­ro » et « Temple of even »

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