Athènes et Skopje prêtes à s’en­tendre

La Montagne (Vichy) - - France & Monde - Actualités - Ig@cen­tre­france.com

Pau­line Ma­reix (avec AFP)

La Grèce s’est tou­jours op­po­sée àla dé­ci­sion de sa voi­sine. Au point de l’em­pê­cher d’en­trer dans l’Union eu­ro­péenne et dans l’Otan. En at­ten­dant, la Ma­cé­doine n’est dé­si­gnée, par la Grèce et dans la plu­part des pays de l’Ouest de l’Eu­rope, que par son nom pro­vi­soire, re­con­nu par l’ONU, d’ARYM (An­cienne Ré­pu­blique you­go­slave de Ma­cé­doine). De­puis, au­cun des noms pro­po­sés n’a trou­vé de consen­sus. Ce n’est pas faute d’avoir es­sayé. Ré­pu­blique de Haute Ma­cé­doine, Ré­pu­blique de Ma­cé­doine du Nord, Ré­pu­blique de Nou­velle Ma­cé­doine… Plu­sieurs noms ont été mis sur la table. Même la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale s’est at­te­lée au pro­blème. En 2013, Fran­çois Hol­lande avait pro­po­sé l’aide de la France pour ré­gler le conflit.

À l’époque, sous la di­rec­tion de l’an­cien Pre­mier mi­nistre de droite Ni­ko­la Gruevs­ki, im­pos­sible de tran­si­ger sur la ques­tion. En 2006, ain­si, l’aé­ro­port de Skopje est bap­ti­sé « Alexandre le Grand ». En 2011, Gruevs­ki en ra­joute avec l’érec­tion à Skopje d’une sta­tue équestre du roi – elle est re­bap­ti­sée « Guer­rier à che­val », sous la pres­sion in­ter­na­tio­nale. Un an plus tard, les au­to­ri­tés ré­ci­divent avec une sta­tue géante de Phi­lippe II de Ma­cé­doine.

En Grèce, le su­jet est plus que sen­sible. En 2016, le mi­nistre aux Mi­gra­tions Yan­nis Mou­za­las a été tout proche de la dé­mis­sion après avoir lais­sé échap­per, lors d’une in­ter­view à la té­lé­vi­sion, le mot « Ma­cé­doine » pour dé­si­gner le pays voi­sin. Il a dû s’ex­cu­ser so­len­nel­le­ment « pour cette er­reur qui ne re­flète pas ma po­si­tion et mes convic­tions sur l’ARYM ». La se­maine der­nière, l’équipe grecque de hand­ball fé­mi­nin a été sanc­tion­née après avoir re­fu­sé de jouer à Skopje, dans le cadre du cham­pion­nat d’Eu­rope, contre l’équipe de Ma­cé­doine dé­si­gnée sous ce nom. Et, dans la vie cou­rante, les Grecs évoquent gé­né­ra­le­ment la voi­sine du nord sous le nom de « Skopje ».

Avec Zo­ran Zaev, le ton a chan­gé. Dès son élec­tion, il avait ain­si es­ti­mé que son pays pour­rait pro­vi­soi­re­ment « de­ve­nir membre de l’Otan sous l’ap­pel­la­tion ARYM » et s’est en­tre­te­nu à ce su­jet avec son ho­mo­logue grec Alexis Tsi­pras. Le mi­nistre des Af­faires étran­gères ma­cé­do­nien était à Athènes mi­juin tan­dis que son ho­mo­logue grec ira à Skopje fin août. Des signes de bonne vo­lon­té. Reste à at­tendre les actes, et à trou­ver un nom qui convien­dra aux deux pays. Une mince af­faire…

AFP

ZO­RAN ZAEV. Le Pre­mier mi­nistre ma­cé­do­nien peut-il clore 25 ans de dé­bat ?

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