Des au­top­sies très at­ten­dues

Mort mys­té­rieuse de deux amis lors d’un dî­ner en Eure­et­Loir

La Montagne (Vichy) - - Jeux - Sté­phane Mar­chand ste­phane.mar­chand@cen­tre­france.com

Au­cune trace d’agres­sion, au­cun té­moin, et la boîte de conserve de leur dî­ner était saine. Rien n’ex­plique en­core, cinq jours après la dé­cou­verte de leurs corps dans le jar­din, la mort de deux amis âgés de 38 et 69 ans, à Au­thon-du-Perche (Eure-et-Loir).

Ra­re­ment une au­top­sie n’a été at­ten­due avec au­tant d’im­pa­tience par les en­quê­teurs qui s’in­ter­rogent de­puis jeu­di sur la ou les causes de la mort de Lu­cien Pe­rot, 69 ans, et d’Oli­vier Bou­din, 38 ans. Les corps des deux hommes ont été dé­cou­verts en mi­lieu de jour­née dans le jar­din de Lu­cien Pe­rot, par des voi­sines in­tri­guées d’aper­ce­voir les sil­houettes in­ani­mées de­puis le ma­tin.

Les gen­darmes n’ont consta­té ni trace de coup, ni signe de ba­garre, avec ou sans une tierce per­sonne. Au­tour de la table du sa­lon de jar­din sur la­quelle se trou­vaient tou­jours les cou­verts et les restes de leur re­pas com­mun de la veille au soir, le corps de Lu­cien Pe­rot était tou­jours as­sis sur une chaise, et la dé­pouille d’Oli­vier Bou­din gi­sait au sol, tout près de là.

La voi­sine de Lu­cien Pe­rot s’est juste dit, en ou­vrant ses vo­lets, que les deux amis « de­vaient avoir pris une bonne cuite ».

Se­lon le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Chartres, Rémi Cou­ tin, « les deux dé­cès semblent avoir eu lieu de fa­çon si­mul­ta­née. Il y a aus­si une forte pro­ba­bi­li­té pour que ce soit ce qu’ils ont in­gé­ré ou bu qui soit à l’ori­gine de leur dé­cès ».

Pour­tant, dans le cadre d’une pro­cé­dure ex­cep­tion­nelle, les au­to­ri­tés ju­di­ciaires et sa­ni­taires ont écar­té du­rant ce week­end la pos­si­bi­li­té d’une in­toxi­ca­tion en­gen­drée par des ali­ments conta­mi­nés par la toxine bo­tu­lique.

Pas de toxine dans les fla­geo­lets

Des ana­lyses ont ain­si été me­nées par l’Ins­ti­tut Pas­teur, à Pa­ris, sur une boîte de fla­geo­lets en conserve que les deux hommes au­raient par­ta­gée du­rant leur der­nier re­pas : elles n’ont pas dé­ce­lé de bac­té­rie à l’ori­gine de cette ma­la­die neu­ro­lo­gique grave qui se dé­ve­loppe no­tam­ment dans les ali­ments mal conser­vés.

Les au­top­sies qui se­ront me­nées ce mar­di à l’Ins­ti­tut mé­di­co­lé­gal de Garches (Hauts­de­Seine) de­vraient en tout cas in­di­quer aux en­quê­teurs si les deux hommes avaient, préa­la­ble­ment à leur dî­ner, in­gur­gi­té tous les deux d’autres ali­ments ou bois­sons sus­cep­tibles de les in­toxi­quer.

Au­quel cas une in­for­ma­tion ju­di­ciaire pour­rait être ou­verte pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire s’il est ac­té qu’il s’agit d’un ac­ci­dent. Voire pour as­sas­si­nat si un poi­son a été dé­li­vré vo­lon­tai­re­ment par un tiers.

RE­PAS. C’est sur cette table, dans le jar­din de Lu­cien Pe­rot, que les deux amis ont par­ta­gé leur der­nier dî­ner mer­cre­di soir.

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