Ca­vi­lam : l’em­bel­lie de juillet non confir­mée en août

Op­ti­miste en dé­but de sai­son, le centre lin­guis­tique re­voit ses at­tentes à la baisse en août La hausse des ef­fec­tifs de sta­giaires en juillet avait sus­ci­té un es­poir im­por­tant au Ca­vi­lam. Mais, à la mi-sai­son, cette dy­na­mique s’est es­sou­flée.

La Montagne (Vichy) - - La Une - Ed­die Ra­bey­rin

« Une im­pres­sion sub­jec­tive que les choses s’amé­liorent »

L’em­bel­lie a été de courte du­rée. Après un bon mois de juillet, qui au­gu­rait d’une re­prise des ré­ser­va­tions, le Centre d’ap­proches vi­vantes des langues et des mé­dias (Ca­vi­lam) de Vi­chy ne comp­ta­bi­lise fi­na­le­ment que 1.482 sta­giaires pour la pé­riode es­ti­vale (26 juin­25 sep­tembre), contre 1.476 en 2016.

Un ef­fec­tif stable

« La tendance à la hausse des ef­fec­tifs de sta­giaires ne s’est pas confir­mée. Nous avons des mois d’août et de sep­tembre qui sont pour le mo­ment un peu plus faibles en termes de ré­ser­va­tions. Ce qui, au to­tal, donne une sai­son es­ti­vale au même ni­veau que celle de l’an­née pré­cé­dente », ex­plique Mi­chel Boi­ron, di­rec­teur du Ca­vi­lam. Si des ré­ser­va­tions de der­nière mi­nute sont en­core pos­sibles, il est peu pro­bable qu’elles permettent une aug­men­ta­tion si­gni­fi­ca­tive des ef­fec­tifs.

Ce­la fait deux ans que le Ca­vi­lam fait face à des vents contraires, soit de­puis les at­ten­tats. « Sur le plan de l’image, nous sommes pas­sés d’une France pays du sa­voir­vivre à un pays où règne l’in­sé­cu­ri­té. Au­jourd’hui, le ter­ro­risme s’est ba­na­li­ sé, cette peur s’est amoin­drie, Mais nous ne sommes pas pour au­tant dans une phase de re­prise ab­so­lue comme on a pu en avoir l’im­pres­sion à un mo­ment », re­grette Mi­chel Boi­ron.

En quête de nou­veaux contrats

D’autres rai­sons fac­tuelles freinent le dé­ve­lop­pe­ment du Ca­vi­lam. Comme la dis­pa­ri­tion, faute du re­nou­vel­le­ment de ses fi­nan­ce­ments, du pro­gramme bré­si­lien Sciences sans fron­tières, qui drai­nait ha­bi­tuel­le­ment une cen­taine de sta­giaires au Ca­vi­lam. Ce genre de gros pro­gramme consti­tue un im­por­tant vi­vier de sta­giaires pour le centre de langues. Mis à part ceux qui sont dé­jà fi­dé­li­sés, le Ca­vi­lam n’a pas conclu de nou­veaux par­te­na­riats avec des pro­grammes sus­cep­tibles d’at­ti­rer de grands groupes ces der­niers temps. « Ceux qui s’en sortent le mieux sont les quelques rares éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment du fran­çais qui ont eu la chance de conclure des contrats avec des écoles de com­merce étran­gères », ana­lyse le di­rec­teur du Ca­vi­lam.

« C’est une ac­ti­vi­té fra­gile, qui dé­pend de nom­breux fac­teurs comme la géo­po­li­tique, le dy­na­misme du pays et son in­té­rêt pour la fran­co­pho­nie. »

Pour com­pen­ser, le Ca­vi­lam cherche à sé­duire de nou­veaux pu­blics. « Chez les jeunes, les très jeunes, dans le sec­teur ma­na­gé­rial ou même se­nior, il y a un pu­blic à cap­ter. Il faut être pré­sent sur dif­fé­rents ca­naux, comme In­ter­net et les ré­seaux so­ciaux, pour les at­teindre. »

À cet ef­fet, une plateforme de for­ma­tion en ligne, bap­ti­sée Mooc (Mas­sive open on­line course) vient d’être lan­cée par la struc­ture. Elle comp­ta­bi­lise dé­jà 5.200 ins­crits et doit com­men­cer à fonc­tion­ner le 1er sep­tembre. Seules l’at­tes­ta­tion et la cer­ti­fi­ca­tion sont payantes, au prix de 35 € et 55 € res­pec­ti­ve­ment.

Mais, outre les consi­dé­ra­tions fi­nan­cières, cette plateforme est cen­sée per­mettre à l’éta­blis­se­ment de ga­gner en notoriété, de ma­nière à élar­gir son cercle de contacts. La ca­pa­ci­té à in­no­ver et la ré­pu­ta­tion sont en ef­fet es­sen­tielles pour par­ve­nir à dé­cro­cher de nou­veaux contrats.

« Nous tra­vaillons d’ar­ra­che­pied pour ce­la. Une quin­zaine de mis­sions à l’étran­ger sont d’ailleurs pré­vues à l’au­tomne. »

S’il est pour le mo­ment dif­fi­cile de faire des pro­jec­tions à cet ho­ri­zon­là, Mi­chel Boi­ron reste tout de même confiant : « Nous avons une im­pres­sion sub­jec­tive que les choses s’amé­liorent et que le pu­blic re­vient. »

PHO­TO EMERIC ENAUD

STA­GIAIRES. Outre les nom­breux étu­diants et sco­laires, le Ca­vi­lam ac­cueille aus­si des pro­fes­seurs.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.