J.-M. Brouet a été en­traî­neur de foot en Ara­bie Saou­dite

Au­jourd’hui ins­tal­lé à Vi­chy, Jean­Mi­chel Brouet a vé­cu une ex­pé­rience rare en Ara­bie Saou­dite

La Montagne (Vichy) - - La Une - Pierre Gé­rau­die pierre.ge­rau­die@cen­tre­france.com

S’il a au­jourd’hui po­sé ses va­lises dans la ci­té ther­male, Jean-Mi­chel Brouet a long­temps vé­cu d’un pays à un autre pour vivre sa pas­sion du football. Un pé­riple qui l’a me­né jus­qu’en Ara­bie Saou­dite, où il est l’un des rares en­traî­neurs fran­çais à avoir tra­vaillé.

Un jour de mai 2002, le jour­nal France Football l’avait pré­sen­té comme étant « l’otage des Saou­diens ». En­traî­neur du club de Mé­dine, Jean­Mi­chel Brouet n’était alors plus payé, n’avait plus de permis de tra­vail, il était « comme un clan­des­tin ». Quinze ans après, dé­sor­mais ins­tal­lé à Vi­chy, il pré­fère sou­rire en re­pen­sant à cette pé­riode. Sur­tout, il ne veut re­te­nir que le meilleur d’une ex­pé­rience qu’il est l’un des rares fran­çais à avoir vé­cu : en­traî­ner une équipe de football pro­fes­sion­nel en Ara­bie­Saou­dite.

Pous­sé à l’aven­ture

Rien ne sem­blait pour­tant pré­des­ti­ner ce na­tif de la Somme à fran­chir un jour la fron­tière du royaume saou­dien. Ni même à s’as­seoir sur un banc en bord de ter­rain. Car dans une pre­mière vie, Jean­Mi­chel était as­su­reur. Une pro­fes­sion qu’il a exer­cée jus­qu’à 40 ans, avant que la pas­sion du football ne le rat­trape. D’abord res­pon­sable de l’équipe de sa ville na­tale, Pé­ronne, le néo­en­traî­neur re­joint en­suite le centre de for­ma­tion d’Amiens, puis en­traîne du cô­té de Chartres et du Creu­sot. Au mi­lieu des an­nées 1990, il de­vient conseiller tech­nique en Haute­Loire. C’est alors que, dé­but 2000, des pro­blèmes de san­té vont, presque pa­ra­doxa­le­ment, le pous­ser vers l’aven­ture.

Des bar­rières sur­mon­tées

Suite à des sou­cis mé­di­caux ré­pé­tés, les mé­de­cins conseillent à Jean­Mi­chel d’al­ler tra­vailler dans des pays plus chauds que la mé­tro­pole. L’en­traî­neur fran­çais entre alors en contact avec le club saou­dien d’Al­An­sar, ba­sé à Mé­dine. Il en de­vient l’en­traî­neur prin­ci­pal. Le dé­but d’une ex­pé­rience unique, qui du­re­ra près d’un an. « Ce fut un voyage spor­tif et cultu­rel ex­tra­or­di­naire, confie Jean­Mi­chel. Au ni­veau des condi­tions de tra­vail et des équi­pe­ments, c’était le top ». Seul fran­çais du club, l’en­traî­neur se rap­pelle d’une for­mi­dable qua­li­té de vie. « Même si c’était un peu plus com­pli­qué pour mon épouse : elle de­vait por­ter le voile, ne pou­vait pas as­sis­ter aux matches ». Pas de quoi contra­rier outre­me­sure le couple. Pas plus que la bar­rière de la langue (« on par­lait an­glais ») ou celle de la re­li­gion. « On ne pou­vait pas se rendre à Mé­dine, n’étant pas mu­sul­mans. Mais il y avait un grand bou­le­vard où l’on pou­vait al­ler, avec des su­per­mar­chés, des ma­ga­sins, des res­tau­rants », se sou­vient Jean­Mi­chel qui, tout au long de cette sai­son 2002­2003, au­ra aus­si beau­coup voya­gé.

« Avec l’équipe on se dé­pla­çait beau­coup, et on a dé­cou­vert un pays ma­gni­fique, des stades ma­gni­fiques. C’était vrai­ment for­ mi­dable à vivre ». Hé­las, des pro­blèmes ad­mi­nis­tra­tifs et des désac­cords contrac­tuels met­tront fin, au prin­temps 2003, à cette ex­pé­rience.

« Tout le monde ne l’a pas vé­cu »

Par la suite, Jean­Mi­chel Brouet ira en­traî­ner en Tu­ni­sie et au Ma­roc, pays qu’il a aus­si « beau­coup ap­pré­cié ». Il se­ra même à deux doigts de prendre en charge une équipe na­tio­nale afri­caine. Sans concré­ti­ser. Puis il ren­tre­ra en France. Et plus de dix ans plus tard, au­jourd’hui ins­tal­lé à Vi­chy où il exerce aus­si la fonc­tion de conci­lia­teur de jus­tice, Jean­Mi­chel Brouet se plaît à se rap­pe­ler de cette pé­riode. « Si je de­vais re­par­tir, je le fe­rai. C’était une aven­ture hu­maine ma­gique et une su­perbe ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle. Tout le monde n’a pas vé­cu ce­la (sou­rire) ».

Outre l’Ara­bie Saou­dite, JeanMi­chel a aus­si en­traî­né dans les pays du Magh­reb

PHO­TO VIC­TO­RIA PULIDO

SOU­VE­NIRS. Au­jourd’hui ins­tal­lé à Vi­chy, Jean-Mi­chel Brouet aime à se rap­pe­ler de l’époque où il en­traî­nait dans la pé­nin­sule saou­dienne, ex­pé­rience rare et in­édite.

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