Du punk aux to­na­li­tés très cel­tiques

In­vi­tés du fes­ti­val Rock’n’ru­ral, les Ra­mo­neurs de men­hirs dé­fen­dront leur culture bre­tonne

La Montagne (Vichy) - - Estivités - Char­lotte Les­prit mou­lins@cen­tre­france.com

En Au­vergne, les Ra­mo­neurs de men­hirs se sentent chez eux, prêts à ren­ver­ser les codes. In­vi­tés le 12 août par les or­ga­ni­sa­teurs du nou­veau fes­ti­val Rock’n’ru­ral, au stade de Cha­vroches, c’est avec pas­sion qu’ils sou­haitent par­ta­ger leur mu­sique punk… bre­tonne. An­ti­con­for­misme ga­ran­ti.

Qu’ils soient quatre ou qua­rante sur scène, les Ra­mo­neurs de men­hirs offrent une éner­gie folle. Celle du punk, mais at­ten­tion pas n’im­porte le­quel puisque ces mes­sieurs bran­sissent fiè­re­ment l’em­preinte mu­si­cale bre­tonne. D’ailleurs, c’est avec amu­se­ment que leur lea­der Lo­ran, un ex des Ber­ru­riers noirs, ex­plique leur en­ra­ci­ne­ment : « On rem­plit la Bre­tagne à nous tous ! »

Mais le punk bre­ton, c’est quoi au juste ? Ce qui fait le lien entre le punk et la tra­di­tion bre­tonne, c’est l’es­prit de li­ber­té. D’ailleurs, j’aime bien re­prendre cette citation de Glen­more : « Quand l’homme se veut tel, il n’a qu’un de­voir… l’in­sou­mis­sion. » La Bre­ta­ gne est in­sou­mise, pas comme la France de Mé­len­chon (rires), mais on peut dire qu’elle est bien une terre d’ac­cueil pun­krock mais aus­si de la mu­sique en gé­né­ral.

Et que res­sent un es­prit in­sou­mis lors­qu’il par­ti­cipe à la grande messe mé­tal­leuse qu’est le Hell­fest (*) ? C’était la se­conde fois qu’on y par­ti­ci­pait en juin. La convi­via­li­té est ex­cel­lente. Hal­lu­ci­nante même. À l’intérieur, il y a une pro­gram­ma­tion de groupes in­ter­na­tio­naux, un aménagement ar­tis­tique avec des ins­tal­la­tions ma­giques et sur­tout une os­mose entre les ar­tistes. Pour nous, la par­ti­cu­la­ri­té est que nous étions qua­rante sur scène. Un mo­ment très fort qui nous a permis de don­ner une autre vision du rock et de faire dé­cou­vrir le ba­gad de Quim­per­lé, la fan­fare tra­di­tion­nelle qui a par­ti­ci­pé à notre der­nier al­bum Breizh anok sor­ti au Hell­fest.

Jus­te­ment, quelle est cette autre vision du rock ? Une vision ou­verte dans la­quelle on casse les murs. Mal­heu­reu­se­ment, tout le monde est dans une case mu­si­cale avec une éti­quette : pop, rock, mu­sique mé­tal. Nous, on voit le concert comme une belle cé­ré­mo­nie of­frant un échange avec le pu­blic. Au Hell­fest, il y avait 3.500 bé­né­voles. Des gens qui donnent de leur temps pour la culture. Si la po­li­tique pou­vait don­ner des bé­né­voles, je pense que les choses se­raient autre­ ment. Les his­toires de pas­sion sont tou­jours plus fortes que les plans de car­rière. En étant un groupe as­so­cia­tif, on peut dire que nos pas­sions passent avant les fi­nances.

Vous évo­quez l’im­por­tance des bé­né­voles. Un pe­tit mot pour ceux de rock’n’ru­ral ? C’est grâce à eux qu’il se passe des choses. Mer­ci à eux, mer­ci aux or­ga­ni­sa­teurs mais aus­si mer­ci à ceux qui vont ve­nir. Un concert se com­pose des mu­si­ciens, des or­ga­ni­sa­teurs, des bé­né­voles et du pu­blic. On ne peut rien faire les uns sans les autres. Du vivre en­semble.

L’Au­vergne, une terre d’ac­cueil ? De­puis onze ans on tourne partout dans l’Hexa­gone, et no­tam­ment en Au­vergne avec la­quelle j’ai une re­la­tion par­ti­cu­lière puisque ma fille et mon pe­tit­fils vivent dans le Puy de Dôme. D’ailleurs, on aime bien dire qu’entre l’Au­vergne et la Bre­tagne il n’y a que la France…

Quelles sont les in­fluences du groupe ? On en a plein mais on aime pen­ser que l’on ne res­semble à rien d’autre à part nous. On est ou­vert, tant qu’il y a de l’émo­tion et de l’éner­gie. Les in­fluences mul­tiples sont di­gé­rées, après il ne reste que nous.

Pe­tite ré­flexion fi­nale. En France, peut-on dire : « punk is not dead » ? Tout le monde à sa dé­fi­ni­tion du punk. Pour moi, c’est l’an­ti­con­for­misme. Par exemple, Louise Ebrelle, 85 ans, qui vient po­ser ses ga­vottes et sa voix sur nos mor­ceaux, ça c’est punk. Le punk n’est pas violent. Il reste de l’éner­gie brute sans ar­ti­fice. (*) Fes­ti­val de mu­siques ex­trêmes aux en­vi­rons de Nantes.

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PHO­TO DE L’AGENCE LA MON­TAGNE À THIERS

ÉVÉ­NE­MENT. Ce nou­veau fes­ti­val, lan­cé par So­phie Ma­tho et Lio­nel De­wez, mêle mu­sique punk et dub. Les Ra­mo­neurs de men­hirs en sont la tête d’af­fiche.

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