Cé­cile Bour­geon fixée le 16 août

Une cin­quième de­mande de mise en li­ber­té dé­po­sée hier

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Ch­ris­tian Le­fèvre

« Une jus­ti­ciable comme les autres »

Cé­cile Bour­geon, la mère de la pe­tite Fio­na, a dé­po­sé une cin­quième de­mande de mise en li­ber­té de­vant la chambre de l’ins­truc­tion de la cour d’ap­pel de Riom, hier. La dé­ci­sion se­ra ren­due le mer­cre­di 16 août.

La cin­quième de­mande de mise en li­ber­té for­mu­lée hier après­mi­di, par Cé­cile Bour­geon, de­vant la chambre de l’ins­truc­tion de la cour d’ap­pel de Riom, in­ter­vient alors que la mère de la pe­tite Fio­na est tou­jours hos­pi­ta­li­sée, une di­zaine de jours après sa ten­ta­tive de sui­cide (*).

« Co­lère, las­si­tude et exas­pé­ra­tion »

C’est l’avo­cat du père – et de la grand­mère pa­ter­nelle – de la pe­tite Fio­na, Me Charles Fri­bourg, qui a, le pre­mier, pris la pa­role, au titre de la par­tie ci­vile. Avant tout pour re­layer « la co­lère, l’exas­pé­ra­tion et la las­si­tude » de Ni­co­las Cha­fou­lais (qui était pré­sent à l’au­dience, NDLR), « face à l’in­ces­sante gué­guerre pro­cé­du­rale qui ac­com­pagne cette af­faire ». « Nous n’ar­rê­tons pas de com­battre les men­songes et les ma­ni­pu­la­tions de Cé­cile Bour­geon, a­t­il ajou­té. Au­jourd’hui, c’est un sen­ti­ment de ras­le­bol qui pré­do­mine ! ».

L’avo­cat gé­né­ral, Jean­Luc Mer­cier, a en­suite re­pla­cé le dé­bat sur un ter­rain plus pro­cé­du­ral, rap­pe­lant que, « si le pro­ces­sus ju­di­ciaire qui amène Mme Bour­geon à être tou­jours en dé­ten­tion est re­tar­dé, ce n’est cer­tai­ne­ment pas le fait de l’ins­ti­tu­tion ju­di­ciaire ! ». Il a re­quis son main­tien en dé­ten­tion, se fon­dant no­tam­ment sur la né­ces­si­té « de pro­té­ger des in­dices ma­té­riels, d’évi­ter d’éven­tuelles pres­sions sur des té­moins et de se pré­mu­nir contre des troubles à l’ordre pu­blic ».

« Ce­la va bien­tôt faire quatre ans que Cé­cile Bour­geon est dé­te­nue, alors qu’elle n’a été condam­née qu’à une peine dé­lic­tuelle de cinq ans par la cour d’as­sises du Puyde­Dôme. C’est un dé­lai in­croya­ble­ment long ! », a in­sis­té Me Jean­Hu­bert Por­te­joie. Non sans in­di­quer que sa cliente « est une jus­ti­ciable comme les autres, qui doit bé­né­fi­cier d’un trai­te­ment équi­table ».

Dans la fou­lée, Me GillesJean Por­te­joie, tout en plai­dant « l’apai­se­ment », a ana­ly­sé les re­jets suc­ces­sifs des de­mandes de mise en li­ber­té de sa cliente comme « le re­fus, par le par­quet gé­né­ral, de prendre en consi­dé­ra­tion la dé­ci­sion du peuple juge, qui l’a ac­quit­tée des faits cri­mi­nels qui lui étaient re­pro­chés ». Dans l’at­tente de son pro­cès en ap­pel, il a sug­gé­ré qu’elle « soit as­si­gnée à ré­si­dence dans le sud de la France, avec un bra­ce­let élec­tro­nique ».

La chambre de l’ins­truc­tion ren­dra sa dé­ci­sion le mer­cre­di 16 août.

(*) Cette de­mande avait été pré­pa­rée avant que la jeune femme ne tente de mettre fin à ses jours, le 29 juillet, dans sa cel­lule de la mai­son d’ar­rêt de LyonCor­bas.

PHO­TO D’AR­CHIVES FRANCK BOI­LEAU

MISE EN LI­BER­TÉ ? Cé­cile Bour­geon (ici en mai 2016, à la cour d’as­sises de Riom, où elle com­pa­rais­sait comme vic­time d’un viol) de­vra at­tendre le 16 août pour sa­voir si sa cin­quième de­mande a abou­ti.

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