Dé­cou­vrir les via­ducs en train puis vélo

Le long de la ligne fer­ri­viaire Com­men­try­Gan­nat, au dé­part de la gare de Lou­roux­de­Bouble

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité - Gé­rard Guillaume

La so­cié­té Un vélo à la cam­pagne pro­pose de dé­cou­vrir le val de Sioule et ses via­ducs, dans une ran­don­née de 36 km en vélo à as­sis­tance élec­trique, après un al­ler en train.

Ar­naud De­brade, le créa­teur d’Un vélo à la cam­pagne, à Beaune­d’Al­lier, vient de lan­cer une nou­velle ran­don­née en vélo à as­sis­tance élec­trique.

Il pro­pose de prendre le TER à la gare de Lou­rouxde­Bouble, avec les vé­los de lo­ca­tion, pour ral­lier Gan­nat en 26 mi­nutes et, de là, par­tir à la dé­cou­verte des via­ducs de la ligne Com­men­try­Gan­nat en re­ve­nant à Lou­roux. « Mon but est de faire dé­cou­vrir les belles choses du ter­ri­toire, pay­sages, mo­nu­ments, via­ducs, ha­bi­tat, fo­rêt, etc, en toute quié­tude grâce au vélo », ex­plique Ar­naud.

Au pro­gramme, 36 km et 675 m de dé­ni­ve­lé. Hau­teur de selle ré­glée, ma­nie­ment du comp­teur di­gi­tal et des dif­fé­rents modes d’as­sis­tance ex­pli­qués, com­pris et tes­tés, il est temps de mon­ter dans le train où les vé­los sont at­ta­chés et les ran­don­neurs ins­tal­lés. Quelques ins­tants après le dé­part, on passe sur le via­duc du Bel­lon, puis sur ce­lui de La Per­rière, ce qui per­met de se rendre compte de la hau­teur des ou­vrages. Le tra­jet en train offre le loi­sir bien agréable de dé­cou­vrir les pay­sages vus d’en haut, comme un pre­mier contact en ac­cé­lé­ré avec le par­cours du re­tour.

Au pro­gramme, 36 km et 675 mètres de dé­ni­ve­lé in­diquent la carte ex­pli­ca­tive très com­plète re­mise au dé­part ! Ar­naud ras­sure « Ce­la se fait sans pro­blème, en deux heures si on veut ! ». On ne de­mande qu’à le croire. Au sor­tir de la gare de Gan­nat, le groupe prend la di­rec­tion de Bègues. On rentre tout de suite dans le vif du su­jet avec une pre­mière belle mon­tée. Cha­cun cherche le bon ré­glage par­mi les dix vi­tesses et les quatre modes d’as­sis­tance de son VAE. Toutes les op­tions permettent de gra­vir la pente à 20 à l’heure sans for­cer et en dis­cu­tant! L’en­ne­mi du cy­cliste moyen, la côte, est éli­mi­né ; plu­tôt ras­su­rant pour la suite de la ran­don­née. Sept ou­vrages d’art pour

54 km de voie. Pre­mière halte de­vant l’en­trée de Pa­léo­po­lis. Jean­Fran­çois Mon­couyoux, pré­sident des Amis des via­ducs de la Bouble, en pro­fite pour ex­pli­quer le contexte his­to­rique de la construction de cette ligne de che­min de fer de 54 km qui a de­man­dé la construction de sept ou­vrages d’art. En 1850, la France ac­cuse un re­tard consi­dé­rable dans le dé­ve­lop­pe­ment du rail. Sous Na­po­léon III, grâce à des par­te­na­riats entre l’État et des com­pa­gnies pri­vées, le pays construit 700 km de voies fer­rées

par an. Al­liance de la fonte et du

fer. Après cet in­té­res­sant ex­po­sé, le groupe se di­rige vers le via­duc de Neu­vial, qu’on dé­cou­vri­ra au bout d’une sa­crée des­cente riche en trous qui per­met de tes­ter la ré­sis­tance des freins à disque. Quelques ki­lo­mètres de des­cente plus loin, nous dé­cou­vrons la ma­jes­té du via­duc de Rou­zat qui en­jambe la Sioule sur 181 m. Ins­crit au titre de mo­nu­ment his­to­rique en 1965, il a été construit entre 1867 et 1869. Jean Mar­tin, le vice­pré­si­ dent des Amis des via­ducs du val de Bouble, an­cien in­gé­nieur BTP, ex­plique : « Il est l’un des tout pre­miers via­ducs mé­tal­liques construits en France à al­lier la fonte et le fer. Il de­vait ré­pondre à plu­sieurs im­pé­ra­tifs : ré­sis­tance au vent, à la charge et sur­tout être construit le plus vite pos­sible au moindre coût ». À cause de sa grande hau­teur (59 m), les piles en fonte rem­plies de mor­tier ont dû être conso­li­dées par quatre jambes de force en arc qui lui confèrent son élé­gance. Le vélo n’est pas une mo­by­lette.

La mon­tée vers Saint­Bon­net­de­Ro­che­fort se fait à bonne al­lure, cha­cun pou­vant do­ser son ef­fort grâce à l’as­sis­tance élec­trique. Puis le par­cours tra­verse la grande plaine pour ral­lier Vicq. C’est vrai­ment très agréable de pou­voir se consa­crer en­tiè­re­ment à la contem­pla­tion de cette très jo­lie vue à 180° sans avoir à cher­cher son souffle mais en pé­da­lant néan­moins, car le vélo n’est pas une mo­by­lette.

Au mo­ment de prendre la D118 vers Veauce, on aper­çoit au loin le châ­teau

du même nom dont on va s’ap­pro­cher en em­prun­tant une agréable pe­tite route qui ser­pente au mi­lieu des blés, des maïs et des prai­ries. On s’ar­rête de­vant la pe­tite église ro­mane de Veauce pour ad­mi­rer sa pu­re­té et son élé­gance et se désal­té­rer un peu. « Un rac­cour­ci qui ral­longe ». On quitte le vil­lage et ses mai­sons fleu­ries pour ral­lier Cou­tan­souze en em­prun­tant « un rac­cour­ci qui ral­longe », une pe­tite route qui des­cend en di­rec­tion de Bel­le­naves sous les fron­dai­sons de la fo­rêt, puis on re­monte lon­gue­ment, mais tou­jours sans peine, en di­rec­tion de la fo­rêt des Co­lettes dans les sen­teurs de foin fraî­che­ment cou­pé.

À un car­re­four, une croix ar­gen­tée at­tire le regard : elle est char­gée de feuilles de vigne et de grappes de rai­sins en fon­de­rie, lais­sant sup­po­ser que des vi­gnobles ont été ici ex­ploi­tés. Le paysage ap­pa­raît main­te­nant dans toute sa di­ver­si­té, à gauche la fo­rêt, à droite les champs de cé­réales, les prai­ries avec les cha­ro­laises et quelques chênes ça et là.

Après avoir lais­sé le vil­lage de Villard­les­Bois, pa­trie des sa­bo­tiers, sur la gauche, une longue des­cente abou­tit au via­duc de La Per­rière. Im­po­sant ou­vrage de 124,80 m construit en courbe sur huit arches, il est ma­çon­né en pierre de gra­nit de La Bosse. Les der­niers ki­lo­mètres avant l’ar­ri­vée à Lou­roux permettent de dé­cou­vrir le via­duc du Bel­lon, au loin, re­con­nais­sable à ses arches ma­çon­nées sur les­quelles re­pose un ta­blier en treillis mé­tal­lique de 123 m, lui­même sou­te­nu par deux piles mé­tal­liques es­pa­cées de 48 m.

De plus en plus près du châ­teau de Veauce

DÉ­COU­VERTE. Le via­duc de Rou­zat, qui en­jambe la Sioule sur 181 m, est ins­crit au titre de mo­nu­ment his­to­rique en 1965. Il a été construit entre 1867 et 1869. D’après Jean Mar­tin, le vice-pré­sident des Amis des via­ducs du val de Bouble, an­cien in­gé­nieur BTP, « il est l’un des tout pre­miers via­ducs mé­tal­liques construits en France à al­lier la fonte et le fer. »

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