To­ny Gat­lif filme l’exil en s’abs­te­nant de toute émo­tion fa­cile

La Montagne (Vichy) - - Cinéma - Djam. Drame de To­ny Gat­lif (Fran­ceTur­quie-Grèce, 1 h 37).

À la vul­ga­ri­té d’un ci­né­ma voyeur, le réa­li­sa­teur fran­çais To­ny Gat­lif pré­fère la pu­deur et la re­te­nue pour évo­quer, dans son nou­veau film, « Djam », la crise mi­gra­toire et la dé­tresse éco­no­mique en Grèce.

Djam est une jeune Grecque spon­ta­née et im­per­ti­nente, en­voyée par son oncle en Tur­quie pour trou­ver une pièce de bateau. À Is­tan­bul, elle tombe sur Avril, une Fran­çaise ve­nue faire du bé­né­vo­lat et qui s’est fait dé­pouiller. Elles vont ren­trer sur l’île de Les­bos en­semble, em­prun­tant le che­min sui­vi par des mil­liers de mi­grants. Sous son ap­pa­rence de road­movie ini­tia­tique, c’est l’oc­ca­sion, pour To­ny Gat­lif, d’évo­quer en poin­tillé la crise mi­gra­toire.

Dans une es­thé­tique de la sug­ges­tion, sans ja­mais mon­trer un mi­grant à l’écran. « Je ne vou­lais pas d’émo­tion fa­cile. Et re­cons­ti­tuer, c’est de la vul­ga­ri­té », ex­plique le ci­néaste de 68 ans. L’évo­ca­tion de la crise mi­gra­toire se fait ain­si par pe­tites touches : ici, un vé­ri­table graf­fi­ti sai­si par la ca­mé­ra, là, les épaves de ba­teaux et les mon­tagnes de gi­lets de sau­ve­tage aban­don­nés.

Le réa­li­sa­teur joue entre le réel et la fic­tion, fai­sant par exemple in­ter­ve­nir « des gens ren­con­trés sur le mo­ment ». Et le ré­sul­tat est « à mi­che­min entre la fic­tion et le do­cu­men­taire », se­lon Daph­né Pa­ta­kia, sa jeune ac­trice prin­ci­pale. À 25 ans, l’ac­trice grecque est l’un des grands atouts de Djam.

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