L’Écosse veut jouer sa par­ti­tion

Brexit et in­dé­pen­dance écos­saise au son des cor­ne­muses

La Montagne (Vichy) - - Jeux -

Tar­tan, cor­ne­muse et au­to­dé­ter­mi­na­tion : le contexte po­li­tique de l’Écosse, dont les di­ri­geants na­tio­na­listes, un an après le Brexit, es­pèrent un nou­veau ré­fé­ren­dum sur l’in­dé­pen­dance, ali­mente les dis­cus­sions au Fes­ti­val in­ter­cel­tique de Lo­rient (FIL).

Écosse, in­vi­tée d’hon­neur de la 47e édi­tion du Fes­ti­val in­ter­cel­tique de Lo­rient (FIL) qui se pour­suit jus­qu’au 13 août, s’est ma­jo­ri­tai­re­ment pro­non­cée (62 %) l’an der­nier en fa­veur du main­tien du Royaume­Uni au sein de l’Union eu­ro­péenne. Ce ré­sul­tat donne au ren­dez­vous cultu­rel bre­ton une di­men­sion po­li­tique as­su­mée. « Ce fes­ti­val tra­vaille en toute flui­di­té avec les ins­ti­tu­tions de la Ré­pu­blique, mais ce­la ne nous em­pêche pas d’avoir des po­si­tions », confie le di­rec­teur es­pa­gnol du fes­ti­val, Li­sar­do Lom­bar­dia.

« Me­nace » ar­tis­tique

« Nous dé­fen­dons la di­ver­si­té, l’iden­ti­té et le droit à la dif­fé­rence », plaide le di­rec­teur. Il s’est pu­bli­que­ment in­quié­té de la « me­nace » que fe­rait pla­ner se­lon lui le Brexit sur la « libre cir­cu­la­tion » des ar­tistes et des oeuvres d’art à tra­vers l’Eu­rope. La mi­nistre de la culture écos­saise Fio­na Hys­lop, membre du Scot­tish Na­tio­nal Par­ty (SNP, in­dé­pen­dan­tiste) avait fait le voyage de Lo­rient et a te­nu un dis­cours si­mi­laire : « Nous ne lais­se­rons pas le Brexit ar­rê­ter notre col­la­bo­ra­tion cultu­relle. Nos jeunes en par­ti­cu­lier ap­pré­ cient de pou­voir tra­vailler, vivre et étu­dier à l’étran­ger, mais aus­si de jouer de la mu­sique, qui construit des ponts entre les peuples. »

Un autre re­pré­sen­tant du SNP, Alex Sal­mond, Pre­mier mi­nistre de l’Écosse entre 2007 et 2014, était éga­le­ment au FIL lun­di der­nier pour pré­sen­ter l’édi­tion fran­çaise de son ou­vrage, Notre rêve ne mour­ra ja­mais, et ani­ mer une confé­rence. Il a sou­li­gné l’in­fluence de l’Écosse dans la « pen­sée eu­ro­péenne » et le rôle de la culture dans le « com­bat pour l’au­to­dé­ter­mi­na­tion ».

Res­pect des ré­gions

« Il est évident que la Bre­tagne re­garde avec beau­coup d’in­té­rêt ce qu’il se passe ailleurs », af­firme Pa­trick Mal­rieu, pré­sident de l’Ins­ti­tut cultu­rel de Bre­tagne. « Ce­la a été vrai pen­dant long­temps sur le plan cultu­rel, mais c’est éga­le­ment le cas sur le plan po­li­tique, no­tam­ment en ce qui concerne la dé­vo­lu­tion ». « C’est quelque chose que nous ai­me­rions bien avoir en France. Que chaque ré­gion soit res­pec­tée pour ce qu’elle est et non cou­pée en mor­ceaux. Ima­gi­ne­rait­on au­jourd’hui l’Écosse sans Glas­gow ? C’est im­pen­sable. Alors pour­quoi ac­cep­ter que Nantes soit écar­té de la Bre­tagne ? »

L’in­dé­pen­dance écos­saise et les consé­quences du Brexit étaient évo­quées mar­di au FIL à l’oc­ca­sion de l’une des confé­rences co­or­ga­ni­sées tout au long de la se­maine par la fé­dé­ra­tion d’as­so­cia­tions cultu­relles bre­tonnes du pays de Lo­rient.

PHO­TO AFP

AR­TISTES. Li­sar­do Lom­bar­dia, le di­rec­teur du fes­ti­val de Lo­rient, veut dé­fendre « la di­ver­si­té, l’iden­ti­té et le droit à la dif­fé­rence ».

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