LE FEUILLE­TON

La Montagne (Vichy) - - Annonces Classées -

Sa­rah avait alors en­tre­pris de dé­crire le com­por­te­ment de son pe­tit frère, à la mai­son, à l’école, face aux autres en­fants et aux adultes.

« Tu exa­gères peut-être un peu, avait dit Vé­ro­nique, as­sez in­cré­dule quant à la conduite plu­tôt stu­pé­fiante du gar­çon.

– Non, hé­las, je n’exa­gère pas et en­core je ne peux pas te ra­con­ter toutes ses sot­tises, il y en a beau­coup trop, cer­taines très graves d’ailleurs. »

Sa­rah n’avait pas osé par­ler du dé­but d’in­cen­die dans la salle de bains, de crainte que Vé­ro­nique ne pense que Luc était un ma­lade men­tal.

« Ses ins­ti­tu­teurs, re­prit-elle, ont tous as­su­ré à mes pa­rents qu’il était in­tel­li­gent, même au-des­sus de la moyenne, mais il ne se sert de ses ca­pa­ci­tés que pour in­ven­ter les pires bê­tises. »

À l’ap­proche des va­cances de Pâques, Sa­rah de­man­da à sa mère si l’on ne pour­rait pas in­vi­ter Vé­ro­nique et sa fa­mille à pas­ser une jour­née aux Bruyères.

« C’est sur­tout à ta grand-mère que tu dois t’adres­ser, quatre in­vi­tés leur don­ne­ront un peu plus de tra­vail, à elle et à Ma­dy.

– Ma­man ! Tu ne m’as pas vrai­ment écou­tée quand je t’ai par­lé de Vé­ro. Ses pa­rents ont di­vor­cé il y a long­temps, peu après la nais­sance de son frère. Elle ne voit ja­mais son père qui vit en Corse main­te­nant. Donc nous au­rons trois in­vi­tés et pas quatre !

– Oh ! Par­don, ma ché­rie, c’est vrai j’avais ou­blié. Tu m’as bien dit que la mère de ton amie est em­ployée chez un géo­mètre à M…?

– Oui, elle est se­cré­taire, mais elle ne tra­vaille ni le sa­me­di ni le di­manche.

– Tu peux lan­cer l’in­vi­ta­tion, ta grand-mère, tu le sais, ne te re­fuse ja­mais rien. Mais pré­viens Vé­ro­nique que j’au­rai peu de temps à leur consa­crer, les po­neys ont be­soin de moi tous les jours, même le sa­me­di et le di­manche ! Là, je ne t’ap­prends rien, n’est-ce pas ?

– Mer­ci, ma­man, mer­ci ! s’ex­cla­ma l’ado­les­cente en se je­tant au cou de sa mère. Je sa­vais bien que tu di­rais oui ! »

Lorsque Sa­rah ar­ri­va, ce ven­dre­di soir, pour deux se­maines de va­cances, elle fut éton­née de voir sa mère en per­sonne ve­nue l’at­tendre à la des­cente du car. D’or­di­naire, à cette heure-là, Éli­na était en­core aux écu­ries, oc­cu­pée à prendre soin des po­neys. Gé­né­ra­le­ment, c’était donc Ma­dy ou Rachel qui ga­gnait le bourg pour ve­nir cher­cher l’ado­les­cente.

« Tu as pu te li­bé­rer pour moi, ma­man ? Je suis contente, tu sais, af­fir­ma Sa­rah après les em­bras­sades.

– C’est que j’ai une sur­prise à t’an­non­cer, ma ché­rie, une très belle sur­prise !

– Oh, dis-moi vite, ne me fais pas lan­guir. Vous avez re­çu de nou­veaux po­neys, c’est ça ?

(à suivre)

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