Une Pre­mière dame qui fait dé­bat

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - @ca­ro­li­ne­cou­pat

Ca­ro­line Cou­pat de la Pre­mière dame, mise en ligne sur Change.org, a dé­jà re­çu plus de 300.000 si­gna­tures.

Cette pé­ti­tion a trou­vé un écho à l’oc­ca­sion des dé­bats à l’As­sem­blée na­tio­nale sur la mo­ra­li­sa­tion de la vie po­li­tique française, im­pli­quant en par­ti­cu­lier l’in­ter­dic­tion pour les élus d’em­ployer leur fa­mille. Les dé­pu­tés La France in­sou­mise sont par­ti­cu­liè­re­ment mon­tés au cré­neau, à l’image d’Éric Co­que­rel (Seine­Saint­De­nis) : se­lon lui, « si le sta­tut de Pre­mière dame était créé, Bri­gitte Ma­cron se­rait donc une collaboratrice. Pour­tant on va in­ter­dire aux dé­pu­tés d’em­ployer leur fa­mille, non ? ».

Sauf que cet ar­gu­ment est faux, pour ne pas dire de mau­vaise foi. Car Em­ma­nuel Ma­cron a bien pré­ci­sé, du­rant sa cam­pagne, qu’il n’était pas ques­tion qu’il ré­mu­nère son épouse. Rien à voir donc avec un em­ploi fa­mi­lial. Mais de­vant les cri­tiques, le chef de l’État a lâ­ché du lest : plus de sta­tut de Pre­mière dame pour Bri­gitte Ma­cron, rem­pla­cé par une simple « charte de la trans­pa­rence » sur son rôle.

Une telle charte ne peut s’avé­rer que bé­né­fique. Car dans les faits, l’épouse du pré­sident coûte de l’ar­gent au contri­buable, sta­tut de Pre­mière dame ou non, et ce de­puis Anne­Ay­mone Gis­card d’Es­taing. Bri­gitte Ma­cron dis­pose ain­si d’un ca­bi­net à l’Ély­sée, avec deux as­sis­tants, un at­ta­ché de presse, un di­rec­teur de ca­bi­net et des gardes du corps. Un sta­tut, charte ou autre, quel que soit le nom qu’on lui donne, per­met­trait de pré­ci­ser la na­ture de ses at­tri­bu­tions pu­bliques et de com­mu­ni­quer sur la ma­nière dont elle uti­lise son bud­get. Avec « trans­pa­rence », donc.

Il ne s’agit pas de confier un man­dat à Bri­gitte Ma­cron, ni aux fu­turs autres conjoints de pré­si­dents : elle n’a pas été élue et n’est donc bien en­ten­du pas lé­gi­time pour in­ter­fé­rer dans la po­li­tique du gou­ver­ne­ment. Il s’agit plu­tôt de lui don­ner la pos­si­bi­li­té de s’en­ga­ger, si elle le sou­haite évi­dem­ment, dans des causes im­por­tantes, à l’ins­tar des pré­cé­dentes Pre­mières dames, mais d’une ma­nière plus en­ca­drée que ces der­nières. Sauf à consi­dé­rer que la conjointe, ou le conjoint du chef de l’État n’est là que pour faire bonne fi­gure lors des dé­pla­ce­ments of­fi­ciels et s’ef­fa­cer en­suite, ce qui semble tout de même par­ti­cu­liè­re­ment ré­tro­grade !

PHO­TO AFP

« POWER COUPLE ». Bri­gitte et Em­ma­nuel Ma­cron, en avril der­nier.

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