Par­ti ran­don­neur, il est re­ve­nu pè­le­rin

3.188 km en 100 jours pour le sexa­gé­naire gan­na­tois Éric Bel­let

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité -

Cinq pè­le­ri­nages à Saint­Jacques en sept ans

Le Puy/Saint-Jacques-deCom­pos­telle, al­ler-re­tour, tel est le pé­riple im­pres­sion­nant réa­li­sé par Éric Bel­let, un alerte sexa­gé­naire gan­na­tois.

Pour son 5e pè­le­ri­nage, Éric a op­té pour le che­min fran­çais, di­rec­tion San­tia­go, via SaintJean­Pied­de­Port, dis­tant de 1.500 ki­lo­mètres.

À peine ar­ri­vé, après un dé­tour par Fis­ter­ra et Mur­cia, il est re­ve­nu sur ses pas pour ral­lier la ci­té po­note, après avoir par­cou­ru 3.188 km en 100 jours de marche.

Eric Bel­let a été un foot­bal­leur et rug­by­man de ni­veau ré­gio­nal. Ses qua­li­tés tech­niques étaient bo­ni­fiées sur le ter­rain par une condi­tion phy­sique hors norme… Éric a choi­si, en­suite, de pri­vi­lé­gier la ran­don­née, pour confor­ter au fil des ki­lo­mètres sa plé­ni­tude phy­sique et mo­rale.

Il a aus­si pris le temps, avec son sac­à­dos de 14 kg et son rythme sou­te­nu, d’ai­gui­ser son re­gard sur la ri­chesse du pa­tri­moine cultu­rel des villes, val­lées et vil­lages, d’ad­mi­rer la beau­té des pay­sages en­vi­ron­nants. Il a aus­si été émer­veillé de ren­con­trer d’autres ac­cros de San­tia­go, pour faire un bout de che­min avec eux, pour par­ta­ger leurs mo­ti­va­tions et leur di­men­sion hu­maine et spi­ri­tuelle.

Éric se rap­pelle son pre­mier pè­le­ri­nage réa­li­sé en quatre étapes pen­dant ses va­cances : 2011, Le Puy­ Conques ; 2012, Con­quesCon­dom ; 2013 : Con­domPam­pe­lune ; mars 2014, Pam­pe­lune­San­tia­go.

« Des la fin de mon ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle, je suis re­par­ti en sep­tembre 2014 et sep­tembre 2015 pour faire d’un seul trait, le Puy­Com­pos­telle (ca­mi­no frances). Entre­temps, en mars 2015, j’ai em­prun­té le che­min d’Arles jus­qu’à Puente­la­Rei­na (via le col du Som­port) puis “le ca­mi­no del norte” de San Se­bas­tian jus­qu’à San­tia­go. »

« À l’al­ler, on se ren­contre, au re­tour, on se croise »

Et de ré­su­mer ain­si cette ex­pé­rience ô com­bien en­ri­chis­sante : « À l’al­ler, on se ren­contre, on s’entraide, on prend le temps de se par­ler et de se conseiller. Au re­tour, on se croise : j’ai vu, face à moi des per­sonnes pliées en deux, ivres de fa­tigue sur­tout à proxi­mi­té de SaintJacques ; j’ai croi­sé leurs re­gards et la souf­france de per­sonnes épui­sées et bles­sées qui veulent al­ler au bout du che­min, coûte que coûte, pour mé­ri­ter leur Com­pos­tel­la [do­cu­ment dé­li­vré par la ca­thé

drale de San­tia­go] .» Au fil des ki­lo­mètres, Éric s’est sur­tout in­ter­ro­gé sur cer­taines ren­contres ex­cep­tion­nelles, sur sa vie per­son­nelle, sur le dé­pas­se­ment de soi, sur les li­mites de son corps aus­si fra­gile qu’en­du­rant, concluant ain­si son par­cours : « On part ran­don­neur et on re­vient pè­le­rin ».

PÈ­LE­RI­NAGE. Éric Bel­let au bout du voyage, à Fis­ter­ra. Là, les pè­le­rins avaient cou­tume de faire brû­ler leurs effets usa­gés.

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