À L’IS­SUE DE SON 5E PÈ­LE­RI­NAGE (AVRIL-JUILLET 2017), ÉRIC RA­CONTE SES 100 JOURS DE MARCHE

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité -

LE PUY-SAN­TIA­GO (49 JOURS).

«En France, je pri­vi­lé­gie les hé­ber­ge­ments connus lors de mes pré­cé­dents che­mins, avec des hos­pi­ta­liers d’ex­cep­tion, comme Serge au re­lais des Ja­co­bins, à Ca­hors ; Gé­rard, cha­pelle des Ur­su­lines, à Aire-sur-l’Adour ; Anne Char­lotte à Con­dom ; Ele­na à Eauze… » « Ces dif­fé­rents points de chute sé­lec­tion­nés me per­mettent de ren­con­trer des pè­le­rins qui vou­dront pro­fi­ter de mes ex­pé­riences du che­min. Je de­viens vite la per­sonne “à cô­toyer” : ain­si je me suis lié avec cinq pè­le­rins, pour mar­cher en­semble d’Aire-surl’Adour à Ron­ce­vaux ». « Nouer des re­la­tions ami­cales et du­rables en­suite de­vient plus com­pli­qué, car les marl’ir­ré­sis­tible cheurs sont consti­tués sur­tout d’Es­pa­gnols, d’Al­le­mands et de Co­réens… Heu­reu­se­ment, quatre ran­don­neurs de Gan­nat Ran­do m’ont re­joint à Pam­plo­na, pour neuf jours de marche jus­qu’à Bur­gos ». « Après la tra­ver­sée de la me­se­ta, pla­teau dé­ser­tique es­pa­gnol de 220 km, à 900 m d’al­ti­tude jus­qu’à Leon, c’est l’ar­ri­vée en Ga­lice sous la pluie jus­qu’à San­tia­go avec une der­nière étape de 54 km : je me suis fait ce pe­tit plai­sir pour re­trou­ver Luis, un Por­tu­gais par­ti le même jour que moi du Puy et com­pa­gnon de route du Pays Basque jus­qu’à Puente-la-Rei­na ».

SAN­TIA­GO-FIS­TER­RA-MUXIA (4 JOURS).

« Ce­rise sur le gâ­teau, J’ai eu en­vie d’al­ler à Fis­ter­ra, lieu où les pè­le­rins avaient cou­tume de faire brû­ler leurs effets usa­gés au bout de la terre, puis à Muxia, pour re­voir la cha­pelle de la « Vir­gen de la bar­ca », ma­gni­fique ou­vrage à fleur de ro­cher. »

SAN­TIA­GO-LE PUY (47 JOURS).

«Se pro­je­ter seul sur le re­tour, c’est très dur psy­cho­lo­gi­que­ment : avec la fa­tigue et l’usure qui s’ac­cu­mulent, avec l’ap­pré­hen­sion de cer­tains pas­sages dif­fi­ciles en­core en mé­moire et un che­min en Es­pagne, ba­li­sé pour l’al­ler seule­ment. Les pè­le­rins qui vont à Com­pos­telle, les dé­tri­tus (type mou­choir en pa­pier) pol­luant le par­cours, les em­preintes de pas… ba­lisent un peu le che­min à suivre. Avec plus de 1.500 km en­core à par­cou­rir, je res­sens aus­si de grands mo­ments de dé­cou­ra­ge­ments et de so­li­tude… tous les autres marchent vers l’Ouest et je suis seul à me di­ri­ger à l’Est ». « Bien sûr il est agréable de sa­luer les pè­le­rins et de leur sou­hai­ter un « buen ca­mi­no », mais ce­la de­vient vite las­sant, sur­tout le pre­mier jour où j’ai croi­sé 500 per­sonnes, in­tri­guées par ma marche à contre sens ! Je leur ex­plique que je suis sur le che­min du re­tour… Dès lors beau­coup de pè­le­rins, me congra­tulent, me fé­li­citent, me prennent en pho­to et quel­que­fois de­mandent à me tou­cher !!! In­croyable, je ne m’étais pas en­core ren­du compte de cette fer­veur qui émane du che­min. »

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