Les deux ponts du lac d’Al­lier se ra­content

Construits à 100 ans d’in­ter­valles, les deux ponts de Vi­chy tra­ver­sant l’Al­lier ra­content en par­tie l’his­toire du lac.

La Montagne (Vichy) - - La Une - Yann Ter­rat vi­chy@cen­tre­france.com

Trait d’union entre les rives, ils sym­bo­lisent les portes d’en­trée de la ville ther­male du cô­té ouest. Les deux édi­fices s’alignent au­des­sus de l’eau de ma­nière presque pa­ral­lèle et dé­li­mitent au nord et sud le lac d’Al­lier dans sa lon­gueur. Près de deux ki­lo­mètres les sé­parent mais, dans l’ima­gi­naire des Vi­chy­sois, ils sont in­dé­nia­ble­ment liés. Deux frères ju­meaux que tout sé­pare à bien y re­gar­der. Car, à Vi­chy, les ponts de Bel­le­rive et de l’Eu­rope ont cha­cun leur vi­sage propre, leur propre ca­rac­té­ris­tique.

Les faux ju­meaux

Au fil du temps, au fil de l’eau, il a fal­lu s’en­dur­cir. La ri­vière Al­lier n’est pas celle à se lais­ser domp­ter. Sa­bleuse et sau­vage, elle avait dé­jà ava­lé un pre­mier édi­fice en 1838 puis 1865 avant que, au même em­pla­ce­ment, l’ac­tuel pont de Bel­le­rive ne voit le jour. Une struc­ture suf­fi­sam­ment longue pour dé­jouer les pièges des berges ren­dues in­stables et re­ma­niées par les crues.

Ou­vert dès sa construc­tion à la cir­cu­la­tion, le pont de Bel­le­rive a gar­dé sa fonc­tion pre­mière jus­qu’à main­te­nant. De­puis 2011, les cy­clistes peuvent même le tra­ver­ser en toute sé­cu­ri­té.

De l’autre cô­té du lac, son pe­ tit frère, le pont de l’Eu­rope, af­fiche une double iden­ti­té. Lais­sant pas­ser lui aus­si son lot de vé­hi­cules quo­ti­diens (voir chiffres), il re­tient, comme dans un mou­ve­ment in­ver­sé, l’énorme éten­due d’eau du lac.

Mis en ser­vice par Pierre Cou­lon, maire de Vi­chy, le 10 juin 1963, l’aus­tère construc­tion, ra­vi­vée sur ces flancs des drapeaux de l’Eu­rope en­tière, couve de­puis cinq dé­cen­nies un bar­rage com­po­sé de sept cla­pets per­met­tant de ré­gu­ler le ni­veau du plan d’eau. Un bar­rage* qui, à sa construc­tion, mar­quait dé­fi­ni­ti­ve­ment la fin de la na­vi­ga­tion flu­viale sur cette zone de la ri­vière et le dé­but des ac­ti­vi­tés de loi­sirs et d’agré­ment sur l’eau à Vi­chy.

Mais on ne joue pas im­pu­né­ment avec la ri­vière. Le bar­rage pose pro­blème. En re­te­nant les élé­ments, il en­digue les sé­di­ ments qui s’amassent peu à peu au fond de l’eau ren­dant la na­vi­ga­tion com­pli­quée. Ré­gu­liè­re­ment, le lac d’Al­lier est donc en par­tie vi­dé pour une re­mise à ni­veau.

Pour pro­té­ger l’éco­sys­tème, une passe à pois­sons, ré­no­vée en 1995, per­met no­tam­ment aux sau­mons de re­mon­ter le cours de la ri­vière. Une passe amé­na­gée en centre d’ob­ser­va­tion et qui se vi­site.

Pas­sage obli­gé de l’in­con­tour­nable cir­cuit de 6 km à pied ou à vélo au­tour du lac d’Al­lier, le pont de Bel­le­rive et ce­lui de l’Eu­rope mé­ritent ain­si qu’on s’y at­tarde. Pour mieux com­prendre l’his­toire d’une ri­vière que les hommes es­saient en­core de maî­tri­ser, pour y ad­mi­rer aus­si, la pers­pec­tive unique en Al­lier, d’une ville au bord d’un lac.

(*) Un chan­tier de cen­trale élec­trique ins­tal­lée au ni­veau du bar­rage pour­rait dé­mar­rer en 2018 avec un pré­vi­sion­nel de deux vannes chan­gées par an.

PHO­TO E. ENAUD

BEL­LE­RIVE. Sous l’arche du pont tra­ver­sée par le che­min des berges, l’echo fait le bon­heur des en­fants.

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