Cent jours après, la dé­cep­tion

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

Le 15 août, Em­ma­nuel Ma­cron au­ra été élu de­puis 100 jours. Mais se­lon un son­dage Ifop, seule­ment 36 % des Fran­çais se disent « sa­tis­faits » de son ac­tion.

«Em­ma­nuel Ma­cron sort de l’état de grâce pour ren­trer dans l’at­mo­sphère et as­su­mer le coût po­li­tique de ses ar­bi­trages », com­mente le politologue Jé­rôme Four­quet (Ifop).

En cause, une sé­rie de me­sures im­po­pu­laires qui ont aga­cé nombre de Fran­çais, à com­men­cer par les fonc­tion­naires ul­cé­rés par le gel du point d’in­dice ou le ré­ta­blis­se­ment du jour de ca­rence, et les re­trai­tés, fu­rieux de la hausse de la CSG.

Une ren­trée mou­ve­men­tée

Quelques couacs ont éga­le­ment contri­bué à écor­ner l’image de l’exé­cu­tif, comme la val­se­hé­si­ta­tion sur la sup­pres­sion de la taxe d’ha­bi­ta­tion pour 80 % des mé­nages ou le coup de ra­bot sur les aides au lo­ge­ment.

« Le risque qui guette au­jourd’hui le pré­sident, c’est que les Fran­çais passent pro­gres­si­ve­ment du “il est brillant et réus­sit tout ce qu’il en­tre­prend” à “en fait, tout ça, c’est de la com” », sou­ligne ain­si Jé­rôme Four­quet. Sur le front so­cial, la ren­trée s’an­nonce mou­ve­men­tée alors que le conte­nu des or­don­nances sur le droit du tra­vail se­ra dé­voi­lé le 22 sep­tembre. SUD et la CGT ont ap­pe­lé à une jour­née d’ac­tion le 12 sep­tembre et les In­sou­mis de Jean­Luc Mé­len­chon à un « ras­sem­ble­ment po­pu­laire », le 23.

Le bou­clage du bud­get 2018 pro­met lui aus­si d’être dé­li­cat avec la pro­messe d’une baisse de 11 mil­liards des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires qu’il fau­dra conju­guer avec de nou­velles éco­no­mies. Sur la forme, Em­ma­nuel Ma­cron a im­po­sé d’em­blée son style fait de « pa­role rare », de dis­tance avec la presse et de pos­tures hié­ra­tiques.

Le ton en a été don­né au soir même de son élec­tion avec une marche so­li­taire, très mit­ter­ran­dienne, jus­qu’à la Py­ra­mide du Louvre. Mais la for­te­resse d’une com­mu­ni­ca­tion qui se veut hy­per maî­tri­sée com­mence à se fis­su­rer. Une « évo­lu­tion » de la com­mu­ni­ca­tion pré­si­den­tielle in­ter­vien­dra à la ren­trée, a an­non­cé le porte­pa­role du gou­ver­ne­ment Ch­ris­tophe Cas­ta­ner.

Les dé­pla­ce­ments du pré­sident qui font la part belle aux images ont eu des ré­sul­tats contras­tés. Son ap­pa­ri­tion fa­çon « Top gun », mou­lé dans une com­bi­nai­son de pi­lote sur la base aé­rienne d’Istres, a ain­si dé­chaî­né un flot de com­men­taires railleurs sur les ré­seaux so­ciaux.

Re­mue-mé­nage

Les pre­mières se­maines du quin­quen­nat ont été plom­bées aus­si par une sé­rie d’af­faires qui ont en­traî­né la dé­mis­sion de quatre fi­gures du gou­ver­ne­ment, dont celles de Richard Fer­rand, un proche de la pre­mière heure, et Fran­çois Bay­rou, pré­cieux al­lié cen­triste. Autre af­faire sen­sible : l’Ély­sée s’ap­prête à pré­ci­ser « le rôle pu­blic » de Bri­gitte Ma­cron, Em­ma­nuel Ma­cron ayant re­non­cé à do­ter la Pre­mière dame d’un « sta­tut » alors que plus de 300.000 in­ter­nautes ont si­gné une pé­ti­tion pour s’y op­po­ser.

Fin août, le chef de l’État ef­fec­tue­ra une mi­ni­tour­née eu­ro­péenne, avant un som­met à l’Ély­sée le 28 avec An­ge­la Mer­kel et les chefs de gou­ver­ne­ment ita­lien et es­pa­gnol, Pao­lo Gen­ti­lo­ni et An­to­nio Ra­joy.

PHO­TO AFP

DÉCRIÉ. Une jour­née d’ac­tion au­ra lieu de 12 sep­tembre pour dé­non­cer le conte­nu des or­don­nances sur le droit du tra­vail.

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