Mer­kel, l’in­dé­trô­nable ?

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

An­ge­la Mer­kel s’est en­ga­gée dans la cam­pagne, hier, à six se­maines des lé­gis­la­tives, mais celle-ci s’an­nonce bien sobre tant la chan­ce­lière semble in­tou­chable.

ADort­mund, dans l’ouest du pays, la di­ri­geante conser­va­trice a pro­fi­té de l’in­vi­ta­tion de l’aile so­ciale de son par­ti, la CDU, pour axer son in­ter­ven­tion sur le thème de l’em­ploi, alors que la san­té du mar­ché al­le­mand du tra­vail lui per­met d’es­pé­rer rem­por­ter un qua­trième man­dat d’af­fi­lée. Tout en dé­fen­dant son bi­lan, mar­qué par une di­vi­sion par deux du nombre de chô­meurs de­puis 2005, la di­ri­geante a mar­te­lé l’ob­jec­tif du « plein­em­ploi pour 2025 », c’est­à­dire un taux de chô­mage sous les 3 %.

La confiance règne

Dé­ten­due, An­ge­la Mer­kel est res­tée fi­dèle à elle­même, ne dé­taillant guère les me­sures pour par­ve­nir au plein­em­ploi, ob­jec­tif qui fi­gure au pro­gramme éco­no­mique de l’Union conser­va­trice CDU­CSU énon­cé dé­but juillet. Un moyen a bien été évo­qué, avec les ef­forts à ren­for­cer dans l’ac­com­pa­gne­ment des chô­meurs de longue du­rée (au­de­là d’un an) dont le nombre dé­passe le mil­lion en Al­le­magne. Elle a par ailleurs jus­ti­fié l’in­ter­ven­tion de la po­li­tique pour ré­gu­ler le mar­ché du tra­vail et évi­ter ain­si des abus.

Le dé­but d’an­née semble loin, lorsque son chal­len­ger so­cial­démocrate, Mar­tin Schulz, sem­blait en me­sure de da­mer le pion à la chan­ce­lière. Au­jourd’hui, la CDU d’An­ge­la Mer­kel est cré­di­tée de 37 à 40 % des suf­frages, quand le SPD est entre 23 et 25 %, un écart me­su­ré alors que la cam­pagne n’avait pas en­core com­men­cé. Pour­tant, le chef du SPD n’a pas mé­na­gé ses ef­forts pour se dé­mar­quer de la chan­ce­lière bien que son par­ti soit dans la coa­li­tion au pou­voir, mul­ti­pliant les pro­po­si­tions contre les in­éga­li­tés so­ciales, sillon­nant le pays à la ren­contre des élec­teurs, en­chaî­nant les in­ter­views. Mar­tin Schulz a bien es­sayé de don­ner un élec­tro­choc en ac­cu­sant la di­ri­geante de por­ter at­teinte aux prin­cipes dé­mo­cra­tiques en re­fu­sant le com­bat. « Une chan­ce­lière qui ne dit pas aux élec­teurs ce qu’elle compte faire né­glige son de­voir, et met en dan­ger l’ave­nir de notre pays », a­t­il lâ­ché dans un en­tre­tien au Spie­gel.

Si loin de­vant les autres ?

Pour beau­coup d’ob­ser­va­teurs, l’en­jeu du scru­tin du 24 sep­tembre est de sa­voir si Mer­kel for­me­ra en­core une coa­li­tion avec le SPD, si ce se­ra de nou­veau le tour des li­bé­raux du FDP, ou si cette fois ce sont les Verts qui en­tre­ront au gou­ver­ne­ment.

Néan­moins, cer­tains comme Bé­la An­da, an­cien porte­pa­role du chan­ce­lier Ge­rhard Schrö­der, veulent croire que le SPD a en­core une carte à jouer, rap­pe­lant qu’en 2005 la CDU de Mer­kel n’était ar­ri­vée en tête que de 0,7 point après avoir comp­té 18 points d’avance dans les son­dages à six se­maines du scru­tin.

PHO­TO AFP

GO­LIATH. La chan­ce­lière a de quoi se ré­jouir, au­cun ad­ver­saire po­li­tique ne semble la dé­sta­bi­li­ser.

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