QUES­TIONS À

La Montagne (Vichy) - - Allier - Par Clé­ment Ar­goud

JEAN-PIERRE BOUYSSOU

Pé­do­psy­chiatre re­trai­té, an­cien chef du ser­vice psy­chia­trie et pé­do­psy­chia­trie du centre hos­pi­ta­lier de Mont­lu­çon.

Quelle est la re­la­tion entre les jeunes et leur por­table ?

Par mon ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle j’ai vu l’ex­plo­sion du té­lé­phone chez les ados dans les an­nées 2000, puis un glis­se­ment vers les en­fants. Cer­tains de mes confrères évoquent que c’est l’équi­valent d’un dou­dou : mais sur­tout pas ! Ce­la pour­rait plus être l’équi­valent d’un jour­nal in­time.

Quels en sont les im­pacts ?

Il y a une face en­so­leillée et une face sombre. D’un cô­té, ce­la aide le jeune à construire son iden­ti­té, ça donne l’im­pres­sion d’être maître du temps et de la re­la­tion quelle que soit l’heure. C’est aus­si un ou­til d’ex­pres­sion et de li­ber­té qui per­met de dé­ve­lop­per chez l’en­fant l’au­to­no­mie, la res­pon­sa­bi­li­té et les connais­sances. Mais de l’autre cô­té, la con­cen­tra­tion sur cet ob­jet se fait au dé­tri­ment de la con­cen­tra­tion sur les études. Ce­la peut en­traî­ner des troubles vi­suels, au­di­tifs, du lan­gage, de la lec­ture et du som­meil, ain­si que des mo­di­fi­ca­tions du com­por­te­ment chez cer­tains. Et dans le cas ex­trême ce­la peut rendre l’ado ac­cro à cet ou­til.

Quel est le bon âge pour avoir un té­lé­phone ?

Je re­joins mes confrères comme Serge Tis­se­ron entre autres : vers 12 ans, au mo­ment des trans­for­ma­tions du corps et du re­la­tion­nel. Il faut le faire lors d’une sorte de ri­tuel ini­tia­tique, à un mo­ment clé comme pour un an­ni­ver­saire ou l’en­trée au col­lège (ou au ly­cée). Et comme le té­lé­phone par­ti­cipe à la construc­tion per­son­nelle de l’en­fant, il doit se le payer.

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