L’ex-concu­bin violent en pri­son

Cou­pable de vio­lence conju­gale, port d’arme et har­cè­le­ment

La Montagne (Vichy) - - Vichy Vivre - Char­lotte Les­prit mou­lins@cen­tre­france.com

S’il ad­met les me­naces pro­fé­rées contre son ex-com­pagne, il nie en re­vanche lui avoir don­né un coup de tête, à Varennes-sur-Al­lier. Cet homme de 36 ans, ju­gé mar­di en com­pa­ru­tion im­mé­diate à Mou­lins, a été condam­né à 18 mois de pri­son, dont douze ferme.

«Fais gaffe si tu ne rentres pas, ça va mal se pas­ser. » Si ces mots ré­sonnent comme des me­naces aux oreilles du pré­sident Phi­lippe Vi­gnon, et de la vic­time, ils res­tent sans grande im­por­tance pour le pré­ve­nu qui com­pa­rais­sait mar­di pour vio­lences conju­gales : « J’étais éner­vé, j’ai par­lé avec ma bouche sans [com­mettre] les faits. » L’homme de 36 ans re­grette ses pa­roles mais il dit ne rien sa­voir des vio­lences su­bies par son ex­com­pagne qui a por­té plainte le 27 août 2017. Elle a re­çu un coup de tête chez elle, à Varennes­surAl­lier, en­traî­nant une in­ca­pa­ci­té tem­po­raire de tra­vail (ITT) su­pé­rieure à huit jours.

« Coups de nerfs »

Sli­mane Mor­si (*), ori­gi­naire de Ville­franche­surSaône (Rhône), Mou­li­nois de­puis quelques an­nées, se dé­fend : « Quand je suis sor­ti de chez elle, elle n’avait pas l’ar­cade ou­verte. » Le soir de la dis­pute, le pré­ve­nu avait cou­pé l’eau de l’ap­par­te­ment pour que son an­cienne com­pagne ouvre la porte. Il re­con­naît ses « coups de nerfs », la vic­time, elle, ex­plique lui avoir ou­vert par peur. « Si je lui dis que je ne l’aime plus, il me tape. J’ai pas le choix, je dois le sup­por­ter. » C’est ain­si que la jeune femme jus­ti­fie le com­por­te­ment am­bi­gu qu’elle peut lais­ser pa­raître. Cet été, ils sont par­tis quinze jours en va­cances à Nar­bonne. « J’ai ac­cep­té de par­tir avec lui car je sais que notre fille de 5 ans se­ra avec moi, même si je dois le sup­por­ter. »

Le pré­ve­nu de­vait aus­si ré­pondre d’ap­pels té­lé­pho­niques mal­veillants com­mis entre le 14 juillet et le 27 août 2017 : 297 ap­ pels et 30 SMS rien que pour la jour­née du 25, 136 mes­sages et huit ap­pels le len­de­main et 63 mes­sages vo­caux lais­sés entre ces deux dates. Le pré­ve­nu évoque alors un sen­ti­ment de « ja­lou­sie ». « Je n’avais pas l’im­pres­sion qu’on ne vi­vait plus en­semble. Je me di­sais “pour­quoi elle ne ré­pond pas ?” »

La pro­cu­reure Jean­neC­han­tal Ca­piez fus­tige le pré­ve­nu : « Il ne com­prend rien, tous les faits lui sont re­pro­chés en ré­ci­dive. Il faut co­gner fort et l’ai­der à par­tir, lui, car elle ne peut pas le faire. Cette jeune femme té­ta­ni­sée lui ap­par­tient et il peut la gar­der au­tant qu’il veut même si elle tente d’échap­per à son gou­rou. » Le mi­nis­tère pu­blic a re­quis un an de pri­son et la ré­vo­ca­tion d’un sur­sis de six mois.

Si la vic­time ex­plique jouer le jeu de l’apai­se­ment au sein du couple, l’avo­cat du pré­ve­nu Me Serge Goyon par­tage les res­pon­sa­bi­li­tés. « On tombe dans une vic­ti­mi­sa­tion clas­sique. Il n’y a ni té­moin, ni élé­ments à la charge du pré­ve­nu. Juste les pa­roles de l’un contre l’autre » plaide­t­il pour la dé­fense de son client. Il ajoute : « Un jour et de­mi de garde à vue et une com­pa­ru­tion im­mé­diate pour un couple qui s’est dis­pu­té une fois de plus, c’est trop. Du cô­té du par­quet, on fait de la pré­ven­tion. »

Huit mois de pré­cé­dentes condam­na­tions

Sli­mane Mor­si a été condam­né à 10 mois de pri­son dont six mois avec sur­sis. Une peine à la­quelle s’ajoutent huit mois de pri­son de pré­cé­dentes condam­na­tions ré­vo­quées par le tri­bu­nal. Il de­vra ver­ser 1.200 eu­ros à son ex­com­pagne au titre du pré­ju­dice mo­ral. À l’is­sue de l’au­dience, il a été in­car­cé­ré.

(*) Nous pu­blions les iden­ti­tés des per­sonnes condamnées à au moins un an de pri­son ferme.

ILLUSTRATION FLO­RIAN SA­LESSE

VER­DICT. ferme. Le pré­ve­nu condam­né à un an de pri­son

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