Un col­lec­tif es­père re­prendre l’épi­ce­rie

Onze ha­bi­tants de Bézenet et ses alen­tours ont créé l’As­so luce dans le but de re­prendre l’épi­ce­rie du vil­lage et ne pas voir le com­merce fer­mer dé­fi­ni­ti­ve­ment.

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité - Gaëlle Cha­zal ➔ Réunion. Une nou­velle réunion pu­blique « pour gar­der une épi­ce­rie à Bézenet » au­ra lieu sa­me­di 23 juin, à 19 heures, à la salle des fêtes. Pour plus d’in­for­ma­tions ou faire un don à l’As­so luce, en­voyer un mail à epi­ce­rie.be­ze­net@la­poste.n

Trois ans. Trois ans que l’épi­ce­rie de Bézenet est en vente, sans que l’ac­tuelle gé­rante ne voit ar­ri­ver de re­pre­neur sé­rieux. Il y a peu de temps en­core, un can­di­dat a vu sa de­mande re­to­quée par les banques. Alors plu­tôt que d’at­tendre sans rien faire, onze ha­bi­tants de Bézenet et de ses alen­tours se sont réunis en col­lec­tif (*), afin de re­prendre eux­mêmes l’af­faire, sous une forme as­so­cia­tive.

« Tout est par­ti du constat qu’elle ris­quait de fer­mer cet été ! La gé­rante est à la re­traite de­puis jan­vier et elle a fi­ni de payer son prêt en mars. Plu­sieurs ha­bi­tants du vil­lage étaient in­quiets et se di­saient “ce n’est pas pos­sible, ça va fer­mer” », dé­taillent An­nie, Na­tha­lie, Jo­ce­lyne, ou en­core Cin­dy, Jean­Ma­rie, Co­lin, Marc et Do­mi­nique. Ils ont or­ga­ni­sé une pre­mière réunion pu­blique en jan­vier der­nier, à la­quelle une qua­ran­taine de per­sonnes et les membres de la mu­ni­ci­pa­li­té ont as­sis­té. Dès fé­vrier, ils ont créé l’as­so­cia­tion L’As­so luce, puis dis­tri­bué un ques­tion­naire dans toutes les boîtes aux lettres alen­tours, pour en sa­voir plus sur les at­tentes et les be­soins des ha­bi­tants. Trois sou­haits sont re­mon­tés : avoir ac­cès à des pro­duits lo­caux, à du vrac et à du bio.

Des pro­duits lo­caux, du vrac et du bio plé­bis­ci­tés

« L’épi­ce­rie pro­pose ac­tuel­le­ment des pro­duits de la marque Ca­si­no, des pro­duits tra­di­tion­nels d’épi­ce­rie, des fruits et des lé­gumes, et dis­pose d’un gros acha­lan­dage de pro­duits surge­ lés. Comme il y a un bou­cher à cô­té et deux bou­lan­gers dans le vil­lage, on n’en­vi­sage pas d’en­trer en concur­rence avec eux. Le but, en re­pre­nant cette épi­ce­rie, c’est vrai­ment de gar­der ou même de rendre le vil­lage plus vi­vant. En fai­sant une épi­ce­rie as­so­cia­tive, les gens se sentent plus concer­nés. Le bé­né­vo­lat crée du lien et ce sont les per­sonnes qui font les choses en­semble. Notre ob­jec­tif est de conser­ver un com­merce d’ali­men­ta­tion et de rendre cette épi­ce­rie convi­viale, que ce soit une épi­ce­rie qui ap­par­tienne à tout le monde », dé­taillent­ils

Le col­lec­tif en­vi­sage de par­tir du stock et de ra­jou­ter des pro­duits lo­caux, avant d’évo­luer au fur et à me­sure, tou­jours en concer­ta­tion avec les clients. « On ne dé­ci­de­ra pas seuls de ce qu’il y au­ra dans l’épi­ce­rie ! », ras­sure l’équipe.

Pour conso­li­der le pro­jet, ses membres sont al­lés à la ren­contre d’autres épi­ce­ries as­so­cia­tives afin de voir comment ce­la se pas­sait, no­tam­ment dans la Drôme. Ils ont pas­sé des coups de té­lé­phone à des com­merces du Puy­de­Dôme et de Sa­voie. « Dans un pre­mier temps, il s’agi­rait de ne tour­ner qu’avec des bé­né­voles pour ou­vrir cinq jours et de­mi par se­maine, tout en s’adap­tant à la de­mande, puis de voir en­suite s’il est pos­sible de créer un ou deux em­plois. Dans le Puy­de­Dôme par exemple, dans une com­mune de 1.100 ha­bi­tants comme nous, ils sont 70 bé­né­voles et cha­cun tra­vaille deux ou trois heures par mois. »

Dons et prêts per­son­nels

Reste à voir si les banques suivent le pro­jet du col­lec­tif, qui a be­soin de 40.000 à 50.000 € pour re­prendre le com­merce (fonds, stock et tré­so­re­rie com­pris). « On a com­men­cé par des dons et on a contrac­té des prêts per­son­nels à long terme. On dis­pose d’une somme qui nous per­met d’être cré­dibles par rap­port aux banques. On pré­voit aus­si d’or­ga­ni­ser une grosse fête à Bézenet les 15 et 16 sep­tembre pour in­for­mer les per­sonnes et les mo­ti­ver à par­ti­ci­per au pro­jet. »

Une cam­pagne de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif (crow­foun­dig) va être lan­cée dès que pos­sible sur Hel­loAs­so. Si le pro­jet marche, « il fau­dra qu’on rentre dans nos frais. Mais comme nous se­rons as­so­cia­tion à but non lu­cra­tif, nos marges se­ront les plus basses pos­sibles. Nous pré­voyons une di­ver­si­fi­ca­tion des pro­duits. Donc des per­sonnes vont peut­être se mettre à ache­ter des choses qu’elles ne trou­vaient pas avant. » Et pour­quoi pas pro­po­ser par la suite d’autres ser­vices aux ha­bi­tants comme un coin pres­sing, un coin in­for­ma­tique/in­ter­net afin d’ai­der cer­tains dans leurs dé­marches ad­mi­nis­tra­tives no­tam­ment… ■

(*) Le col­lec­tif re­groupe une ving­taine de per­sonnes au to­tal.

Le but, en re­pre­nant cette épi­ce­rie, c’est vrai­ment de gar­der ou même de rendre le vil­lage plus vi­vant

MOBILISÉS. An­nie, Na­tha­lie, Jo­ce­lyne, Jean-Ma­rie, Co­lin, Marc, Do­mi­nique et d’autres ha­bi­tants de Bézenet et des com­munes alen­tours es­pèrent re­prendre l’épi­ce­rie du bourg en vente de­puis trois ans.

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