Une nou­velle étape pour Marc Ba­tard

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité - Ju­lia Cas­taing ju­lia.cas­taing@cen­tre­france.com

Marc Ba­tard s’est fixé pour ob­jec­tif de mon­ter l’Eve­rest en 2022 pour ses 70 ans. Après avoir grim­pé le Ki­li­mand­ja­ro en mars der­nier, le Bour­bon­nais d’adop­tion s’at­ta­que­ra au Mont-Blanc cet été avec ses co­équi­piers.

Sur­nom­mé le sprin­ter de l’Eve­rest, Marc Ba­tard dé­tient le re­cord mon­dial. En 1988, il a gra­vi le plus haut som­met du monde en so­li­taire, sans oxy­gène en moins de 24 heures. Sans li­mite, le ré­cent ar­rière­grand­père et aven­tu­rier s’est lan­cé un nou­veau dé­fi : grim­per de nou­veau à 8.848 mètres… à 70 ans. Il nous a re­çus près de La Celle, où il vient se res­sour­cer de­puis plu­sieurs an­nées.

Bien que ce pro­jet puisse pa­raître pé­rilleux, Marc Ba­tard est sui­vi de près par un car­dio­logue. Et il est en pleine forme ! « L’être hu­main n’est pas fait pour mon­ter aus­si haut nor­ma­le­ment. Moins d’une cen­taine de per­sonnes ont réus­si à grim­per à plus de 8.000 mètres sans bou­teilles. On ar­rive à cap­ter le peu d’oxy­gène sans sa­voir pour­quoi. C’est une ques­tion de phy­sio­lo­gie, scien­ti­fi­que­ment ça ne s’ex­plique pas », confie­t­il.

Seule­ment 2 % des as­cen­sion­nistes ont gra­vi l’Eve­rest dans ces condi­tions.

Comment se pré­pa­rer phy­si­que­ment ?

« Je ne suis pas un en­fant de la mon­tagne, je suis ori­gi­naire du sud­ouest », ra­conte ce­lui qui a dé­cou­vert l’es­ca­lade et ap­pris à skier à 18 ans à l’UCPA des Deux Alpes.

Pour le « fils de l’Eve­rest » – sur­nom­mé ain­si par Fré­dé­ric Thi­riez, an­cien pré­sident de la Ligue de foot­ball pro­fes­sion­nel –, l’im­por­tant c’est d’avoir une hy­giène de vie ir­ré­pro­chable. « Je ne m’en­traîne pas comme un fou comme pour ga­gner un 100 mètres, j’en­tre­tiens mon corps de ma­nière rai­son­nable. Je ne tra­vaille pas les bras car c’est in­utile de s’alour­dir en muscles. Je marche, je fais de la gym pour m’as­sou­plir. Mais le vrai se­cret, c’est une ac­cli­ma­ta­tion à l’al­ti­tude par­faite, du­rant un mois, par étapes. »

Elle per­met de créer suf­fi­sam­ment de glo­bules rouges pour évi­ter les oe­dèmes cé­ré­braux et pul­ mo­naires. Il réa­lise cette tech­nique en plu­sieurs pa­liers de 400 mètres sur un mois en com­men­çant par un som­met de 2.500 mètres pour fi­nir à 7.000.

Avec Pa­sang Nu­ru Sher­pa et Mu­ham­mad Ali Sad­pa­ra, la cor­dée d’ex­cep­tion a en­core quatre ans pour s’en­traî­ner. Le pre­mier, Pa­sang, a dé­jà grim­pé plu­sieurs fois avec Marc. Il a huit as­cen­sions de l’Eve­rest et une du Ma­nas­lu (8.163 mètres) à son ac­tif. Mu­ham­mad a réa­li­sé pour la pre­mière fois, l’as­cen­sion hi­ver­nale du tris­te­ment cé­lèbre, Nan­ga Par­bat (8.126 mètres) en 2016. Il a em­prun­té la voie Kin­sho­fer, celle où Eli­sa­beth Re­vol avait été se­cou­rue en jan­vier der­nier.

Si cette cor­dée ne se connaît pas en­core, Marc Ba­tard a en­tiè­re­ment confiance en ses fu­turs par­te­naires et le trio bé­né­fi­cie de quatre ans pour s’en­traî­ner. Il se re­trou­ve­ra en France cet été pour gra­vir le Mont Blanc, leur pre­mière ex­pé­di­tion en­semble. Ils fe­ront une halte à Mont­lu­çon au mois d’août pen­dant leur pé­riple.

Au pro­gramme d’ici 2022 : l’Acon­ca­gua (6.970 mètres), le Nan­ga Par­bat (8.125 mètres), l’An­na­pur­na (8.091 mètres) et pour fi­nir avant l’as­cen­sion fi­nale : le K (8.611 mètres).

« L’ac­cli­ma­ta­tion à l’al­ti­tude doit être par­faite, sur un mois »

« Ce n’est pas juste un ex­ploit spor­tif pour battre un énième re­cord, af­firme Marc, c’est aus­si la vo­lon­té de créer une école de gui­ des de très haute mon­tagne au Né­pal, dans la chaîne de l’Hi­ma­laya. » Une pre­mière mon­diale.

À plus long terme, il vou­drait que l’Hi­ma­layan In­ter­na­tio­nal Moun­tai­nee­ring School (HIMS) voit le jour dans quinze pays dont les som­mets culminent à plus de 6.000 mètres. « Ce pro­jet so­li­daire et éco­lo­gique per­met­trait de for­mer aux spé­ci­fi­ci­tés et aux risques de la très haute mon­tagne. »

L’al­pi­niste fe­ra l’ob­jet d’un re­por­tage au JT de 20 heures de TF1, ce soir. ■

PHO­TO PAS­CAL TOURNAIRE

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