Tra­di­val re­voit ses mé­thodes d’em­bauche

La Montagne (Vichy) - - Allier Actualité - De­nis Lo­rut de­nis.lo­rut@cen­tre­france.com

L’abat­toir de porcs Tra­di­val a du mal à re­cru­ter et à fi­dé­li­ser ses sa­la­riés. Il a to­ta­le­ment re­vu ses mé­thodes d’em­bauche et d’in­té­gra­tion. C’est ce que Do­mi­nique Ba­roux, di­rec­teur du site, a ex­pli­qué lors de l’Agro-tour, qui fai­sait étape à La­pa­lisse, hier.

Après avoir vi­si­té l’usine Pas­quier d’An­dré­zieux­Bou­théon, l’As­so­cia­tion ré­gio­nale d’amé­lio­ra­tion des condi­tions du tra­vail était, hier, à La­pa­lisse, dans le cadre de l’Agro­tour, un dis­po­si­tif char­gé de fa­vo­ri­ser l’échange des pra­tiques en fa­veur de la qua­li­té de vie au tra­vail.

Au sein de l’abat­toir Tra­di­val, les condi­tions de tra­vail sont bien en­ten­du pri­mor­diales. Sur­tout lors­qu’on connaît les ca­dences de cet abat­toir qui ap­par­tient au groupe Si­ca­rev. 325 porcs sont abat­tus, dé­cou­pés et condi­tion­nés chaque heure. Des tâches ré­pé­ti­tives ef­fec­tuées dans un ate­lier où il fait 7 °C.

Pas de quoi sus­ci­ter des vo­ca­tions dans l’abat­tage de porcs. Et c’est bien le pro­blème de Tra­di­val qui peine à re­cru­ter et sur­tout à fi­dé­li­ser ses sa­la­riés.

340 sa­la­riés

C’est donc le thème évo­qué par Do­mi­nique Ba­roux, di­rec­teur de Tra­di­val, de­vant les in­vi­tés de l’Agro­tour. « Nous n’avons pas un mé­tier at­ trac­tif, a ex­pli­qué le di­rec­teur de cette usine qui em­ploie au­jourd’hui 340 per­sonnes. Sou­vent par mé­con­nais­sance de la fi­lière. De plus, il n’y a pas de per­sonnes qua­li­fiées pour l’agroa­li­men­taire en mi­lieu in­dus­triel sur le mar­ché de l’em­ploi. 90 % des per­sonnes que nous in­té­grons ne viennent pas du mi­lieu agro. » Do­mi­nique Ba­roux a re­con­nu que le mode de re­cru­te­ment uti­li­sé avant 2015 n’était pas adap­té.

« C’était du re­cru­te­ment d’in­té­ri­maires sou­vent de­man­dé par les res­pon­sables de ser­vices pour le len­de­main. Les nou­veaux dé­cou­vraient leur ac­ti­vi­té le ma­tin et cer­tains res­taient la pre­mière jour­née sans ac­com­pa­gne­ment », a in­di­qué le di­rec­teur.

De­puis, Tra­di­val a to­ta­le­ment chan­gé ses mé­thodes en in­ves­tis­sant du temps pour les can­di­dats. Il y a d’abord des vi­sites d’en­tre­prise pour faire connaître les mé­tiers de l’abat­tage et de la dé­coupe. Un entretien per­met en­suite de choi­sir les plus mo­ti­vés, qui sont en­suite di­ri­gés vers des tests de ca­pa­ci­té.

Une jour­née d’in­té­gra­tion

« Si au­tre­fois l’in­té­gra­tion d’un sa­la­rié avait lieu le ma­tin même de 6 à 7 heures, au­jourd’hui, elle se fait le ven­dre­di, du­rant toute une jour­née, a ex­pli­qué Do­mi­nique Ba­roux. Puis le lun­di sui­vant, il est ac­com­pa­gné toute la jour­née sur son poste par un tu­teur. Et un bi­lan a lieu le soir même. »

Ay­me­ric Che­vro­lat, res­pon­sable de la dé­coupe, a sou­li­gné que l’in­té­gra­tion était dé­sor­mais « plus abou­tie. Nous avons tra­vaillé sur l’ac­com­pa­gne­ment de la per­sonne mais aus­si sur la prise en compte de ses dé­si­rs de poste de tra­vail. Les nou­veaux ont un casque de cou­leur dif­fé­rente afin que cha­cun puisse leur de­man­der si tout va bien. »

Pour Ay­me­ric Che­vro­lat, la mé­thode porte ses fruits : « Avant, il y avait 7 à 8 ab­sents chaque jour. Au­jourd’hui, c’est 2 à 3. » ■

RES­PON­SABLES. Do­mi­nique Ba­roux (à droite), di­rec­teur de Tra­di­val La­pa­lisse, a ex­pli­qué les nou­velles mé­thodes d’em­bauche. Ay­me­ric Che­vro­lat, res­pon­sable dé­coupe, a en­suite té­moi­gné sur ces ou­tils in­dis­pen­sables pour ren­for­cer le re­cru­te­ment.

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