« J’ai failli mou­rir deux fois ! »

Près d’un an après avoir été vic­time d’une em­bo­lie pul­mo­naire, Her­bert Léo­nard sort une com­pi­la­tion de ses suc­cès. Pre­mière étape avant le re­tour sur scène.

La Montagne (Vichy) - - Lemag’ - Oli­vier Bo­hin oli­vier.bo­hin@cen­tre­france.com Pra­tique. L’Es­sen­tiel d’Her­bert léo­nard. (EGT/Wa­gram Mu­sic). Prix : 14,99 €.

Il a bien l’in­ten­tion de re­chan­ter Pour le plai

sir, ce titre qui est sa carte d’iden­ti­té, la marque de fa­brique d’un chan­teur de va­rié­té re­ve­nu de 32 jours de co­ma à la suite d’une em­bo­lie pul­mo­naire. Pro­fi­tant de la sor­tie d’une com­pi­la­tion (L’Es­sen­tiel EGT­Wa­gram Mu­sic), l’ar­tiste ré­vèle son nou­veau re­gard sur les choses, sur la vie, ses en­vies.

Que re­te­nez-vous de ce long co­ma ?

Deux choses. La pre­mière, c’est que ce gros pro­blème de san­té est le fruit de 50 ans de ta­ba­gisme. La deuxième chose, c’est que ce­la n’ar­rive pas qu’aux autres. Main­te­nant, je ré­flé­chis un peu plus à la mort. J’ai failli mou­rir 2 fois pen­dant les 32 jours de mon co­ma. Cette épreuve m’a fait, peut­être, un peu plus ap­pré­cier la vie.

Avez-vous le sou­ve­nir d’avoir vé­cu quelque chose de surnaturel lorsque vous étiez entre la vie et la mort ?

Je n’ai pas vu de lu­mière blanche au bout d’un cou­loir ni le Ch­rist qui m’ac­cueille au pa­ra­dis… J’ai eu l’im­pres­sion de m’en­dor­mir et de me ré­veiller dans la même se­conde. J’ai juste fait quelques rêves : je croyais être à l’hô­pi­tal suite à un ac­ci­dent de la route. C’est ma femme qui m’a dit les rai­sons de mon hos­pi­ta­li­sa­tion. Je n’ar­ri­vais plus à res­pi­rer et je suis tom­bé dans les pommes.

Qui y a-t-il de chan­gé dans votre re­gard sur la vie ?

J’ai quand même 73 ans, je suis plus près de la fin que du dé­but. Je suis en cours de ré­ta­blis­se­ment. Le soir en m’en­dor­mant, il m’ar­rive de me de­man­der si je vais me ré­veiller le len­de­main. Mais je reste très op­ti­miste. Je fais pas mal de ki­né res­pi­ra­toire. Après le re­pos de cet été, j’es­père bien re­mon­ter sur scène à la ren­trée.

Chan­ter, c’est votre meilleur « mé­di­ca­ment ».

C’est es­sen­tiel pour moi. Je ne sais faire que ça, et je suis as­sez op­ti­miste. Ma voix est tou­jours là.

Pas marre de chan­ter « Pour le plai­sir » ?

Fran­che­ment non. On ne peut pas en avoir marre d’une chan­son qui a été à l’ori­gine de ma car­rière. J’ai tou­jours le même plai­sir. Cette chan­son est un peu mon to­tem. Il y a 3 ou 4 autres chan­sons, comme

Quand tu m’aimes ou Amou­reux fou.

Être un chan­teur de va­rié­té a tou­jours un sens pour vous ?

Je suis un chan­teur po­pu­laire. Je ne me vois pas chan­ter autre chose que les chan­sons qui m’ont mis en haut de l’af­fiche. Si Dieu me prête vie, j’es­père bien en­re­gis­trer un nou­veau disque.

Mais les temps ont chan­gé sur le front de la va­rié­té.

Il y a une forme d’éli­tisme pa­ri­sien que l’on re­marque un peu par­tout. Dans les ra­dios, on ne passe plus de chan­sons po­pu­laires. À la té­lé­vi­sion, on vire tous les « vieux » et toutes les émis­sions po­pu­laires. Par exemple, on a ré­duit le nombre d’émis­sions de va­rié­tés du sa­me­di soir. Tout ce qui fait « trop ba­loche », on n’en veut plus ! Je re­ven­dique mon sta­tut de chan­teur po­pu­laire. Je n’en ai rien à foutre que l’on me traite de rin­gard !

Mais vous avez tou­jours du suc­cès. Com­ment l’ex­pli­quez-vous.

Je n’ai pas d’ex­pli­ca­tions. Je dé­fends bien les chan­sons que Ju­lien Le­pers m’a com­po­sées. Je crois que les gens s’iden­ti­fient bien à ces re­frains.

Vous in­car­nez la chan­son des an­nées 80. De belles an­nées ?

C’était une dé­cen­nie jouis­sive. Mé­lo­di­que­ment par­lant, c’était su­per. Les pa­roles étaient com­pré­hen­sibles de tout le monde. Il y avait de très bons rythmes, la dance nais­sait. Les jeunes d’au­jourd’hui re­viennent à écou­ter ce son des an­nées 80 car il se pas­sait des choses qu’ils ne connaissent pas.

S’il fal­lait re­te­nir une seule chan­son d’Her­bert Léo­nard, ce se­rait la­quelle ?

C’est Com­men­cez sans

moi. Elle est un peu blues, bien com­po­sée, bien ar­ran­gée. Et elle est très agréable à chan­ter. Mais je n’en re­nie au­cune, y com­pris celles qui au­raient pu être mieux com­po­sées ou que j’au­rais pu mieux chan­ter.

Les jeunes écoutent le son des an­nées 80

PHO­TO FRANCK TEMPESTI

PRO­JETS. « Si elle est confir­mée, j’ai­me­rais bien par­ti­ci­per à la nou­velle tour­née Age tendre ».

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